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La Rehabilitation du Marechal Brune
Cette lettre, vous l'avez compris, était de Angélique Nicole Pierre,
veuve du Maréchal Guillaume Marie-Anne Brune, qui demandait au Roi le
droit de déposer une plainte contre les assassins de son mari.
Il ne s'agit pas de faire ici une biographie du Maréchal Brune, mais
de nous limiter à quelques faits importants de sa vie et qui conduiront
au tragique drame. Né à Brive, en Corrèze, le 13 mars 1763, Guillaume
Brume se destine à des études de droit. A vingt ans il s'inscrit à l'école
de droit et au Collège de France, à Paris. En 1789 il fait la connaissance
de Marat, Fréron, Fabre d'Eglantine. Il devient l'ami de Danton et de
Camille Desmoulins. Il saura échapper à la tourmente révolutionnaire.
On l'accusera de manque de courage lorsque Danton et ses amis furent
guillotinés. Mais pouvait-il faire quelque chose pour sauver ses amis
girondins ? La princesse de Lamballe C'est maintenant qu'il convient de rappeler l'un des épisodes les plus tristes de la Révolution Française. En 1792 l'armée Autrichienne s'approche de Verdun. Le peuple de Paris s'agite et quelques uns seront
Cette histoire n'aurait rien à voir avec celui qui nous intéresse.
Mais, curieusement, l'auteur Anglais Goldsmith allait écrire plus tard:
" Quelques personnes (sans donner de noms ) ont cru reconnaître dans
l'homme qui portait la tête, le général Brune déguisé ! " Nous savons que ceci est faux : la Duchesse d'Abrantes, dans ses mémoires,
se souvient d'avoir vu l'homme qui portait la tête. Elle donne même
des noms : Charlat portait la tête, Grison le cœur de l'infortunée.
Pour éviter les poursuites judiciaires Charlat s'engagea dans l'armée
et fut massacré pas ses compagnons et Grison fut condamné à mort et
exécuté à Troyes. Ce qui est important est que, pour les Royalistes, Brune est l'assassin
de la princesse de Lamballe et a participé aux massacres de septembre.
Nous savons aujourd'hui que Brune se trouvait alors à Rodenac près de
Thionville, au nord de la France. Après s'être distingué lors de la 1° campagne d'Italie, Brune, maintenant Général de Division se voit confier par le Directoire l'intervention en Suisse en 1798. La Suisse est rapidement dominée ; le 17 mars 1798, Brune adresse au Directoire une lettre l'informant de la soumission de la Suisse. Il tente de maintenir la discipline et d'empêcher les pillages comme le prouve sa déclaration à l'armée de 9 mars 1798. Mais pour préparer sa campagne d'Italie, le Directoire impose à la Suisse de lourdes contributions. Brune s'irrite contre les commissaires français qui pillent la Suisse. L'un d'eux, Rapinat, beau frère du Directeur Suisse Rewbell, se montre terriblement efficace. Le mot français Rapine voulant dire ' Rapine ' on disait à Paris.
Avec soulagement Brune reçoit le commandement de l'armée d'Italie.
Le 28 Mars 1798 il quitte Berne, remplacé par le Général Schawenbourg.
Peu de temps après son départ l'armée française commet des exactions
à Einsiedeln le 4 mai 1798 - plus d'un mois après le départ de Brune
- et à Sion vers le 15 mai. Schawenbourg commit également des exactions
et des pillages le 9 septembre 1798 à Stanz. Napoléon lui même dira à Saint Hélène : " Brune fut injustement accusé
d'avoir abusé de ses pouvoirs en Suisse ; mais l'histoire lui rendra
justice " Rapidement ce mot d'humour fut connu dans toute l'armée et on disait
que ses soldats ' honnêtes le jour, volaient à la Brune ' Ainsi se propage la calomnie sur Brune alors que Soult vole de magnifiques
collections de tableaux en Espagne, Masséna, selon Napoléon lui-même
' a beaucoup volé dans le pays Vénitien'. L'acte de capitulation suédoise, maladroitement rédigé par Brune le
7 septembre 1807 sera l'occasion de la longue disgrâce de Brune. Nous
parlerons peut être un jour de cet épisode. A partir de cette date,
le nom du Maréchal Brune ne sera plus prononcé. Il se retirera à Saint
Just. Profitons justement pour vérifier que en 1808 la fortune de Brune
s'élevait à 600 000 Francs Or ( Environ 1 900 000 Euro ) Si on vérifie
que Brune avait son payement de Maréchal d'Empire et de Conseillé d'Etat
et avait reçu de nombreuses donation de Napoléon, sa fortune n'avait
rien d'extraordinaire. Mais le 24 juin il reçoit la nouvelle de Waterloo, le 4 juillet il
écrit encore ' Vive l'Empereur Napoléon II, vive à jamais la liberté
française ! ' 20 jours plus tard il doit reconnaître, avec douleur, le nouveau gouvernement
et accepter la soumission. Son dernier message sera aux soldats de la
8° division : " La patrie a droit à tous nos sacrifices ; elle ordonne
que nous renoncions à ces drapeaux qui nous rappellent tant de victoires
; qu'ils reçoivent mes douloureux adieux… " Sur la route de Paris, à Aix, il est déjà menacé et insulté par un
groupe royaliste. A la ville de Cavaillon, étrangement, son escorte
reçoit l'ordre de revenir vers Toulon. Il est aujourd'hui prouvé que
l'ordre venait de la ville d'Avignon. Seul et sans escorte le Maréchal
arrive à Avignon le 2 août 1815 à 8 heures du matin pour changer les
chevaux au relais de l'hôtel du Palais royal. Un groupe se forme autour de la voiture. Un nommé Soulier crie : '
C'est le Maréchal Brune qui a porté la tête de la princesse de Lamballe.'
La foule empêche la voiture de continuer son chemin. Brune retourne
à l'hôtel. On lui donne la chambre N° 3, au premier étage. Les autorités
de la ville d'Avignon sont étrangement passives. Maintenant 4000 personnes
menacent de dévaster l'hôtel. Dans sa chambre le Maréchal vient d'écrire
et de déchirer 3 lettres. Fargès entre dans la chambre avec un pistolet,
le Maréchal lui prend la main, et le coup de feu se perd dans la fenêtre.
Roquefort crie ' Stupide. Tu l'as manqué, je ne vais pas le manquer
". Par derrière il tire avec sa carabine, Brune meurt, la carotide sectionnée.
Il est 3 Heures de l'après midi. Le maire de la ville dit à la foule
' Retournez chez vous, le Maréchal s'est suicidé !' Une heure plus tard on donne des ordres pour enterrer le Maréchal.
Pourquoi tant de haine ? Peut être pour avoir défendu et empêché les
Anglais de prendre Toulon, malgré les ordres du Roi ' D'ouvrir toutes
les villes et d'accueillir les alliés ', peut être pour avoir dit '
Que les drapeaux de l'Empires reçoivent nos douloureux adieux '. A ce
sujet il y a dans les archives officielles ce rapport anonyme de juillet
1815 : ' Ordre de faire saisir le Maréchal Brune qui persiste à faire
maintenir la cocarde et le drapeau tricolore à Toulon ' |
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