Napoleon Series Discussion Forum

qu’ils sautent les fossés, qu’ils se chargent

Georges Cadoudal
G. Lenotre
p.158-161

“Ces pauvres gens se tenaient fort tranquilles, en dépit des tracasseries et des provocations de la police consulaire qui leur avait dépêché des espions. Bonaparte ne cessait de réclamer l’expulsion de ces « bandits de droit commun, justiciables de ses tribunaux », et cette insistance, en irritant le gouvernement de Londres, résolu à ne point céder, profitait aux chouans de Jersey qui obtinrent une solde individuelle et quelques secours en linge et vêtements ; on leur délivra même un uniforme, « veste rouge à revers jaunes, gilets blancs, pantalons bruns » ; les boutons portaient la devise la Foi et le Roi, ce qui plaisait à ces révoltés, et aussi la couronne d’Angleterre, ce qui leur souriait moins. Enfin, en août, on les embarquait à destination de l’Angleterre ; à Southampton, où ils atterrirent, on leur distribua des passeports sans autre désignation que celle de gentlemen unkwoon (messieurs inconnus) et la petite ville de Romsey leur fut assignée comme résidence. Ils y entrèrent, un soir de l’été de 1802, au nombre de 60 environ, et eurent l’honneur d’y être reçus par un représentant du Roi, du roi Louis XVIII…Georges savait ce que l’on pouvait attendre de ces lions muselés ; comptant faire bientôt appel à leur courage, et redoutant pour eux l’inaction, il leur conseillait de « s’entretenir » ; à Guillemot, qu’il leur avait assigné comme chef, il recommandait : « Faites monter constamment à cheval les hommes propres à notre entreprise, — le « coup essentiel » ; — qu’ils galopent vivement ; qu’ils sautent les fossés ; qu’ils se chargent… Je crois que le bois entre Romsey et Winchester est propre à vos cavalcades… » Il vint les inspecter et fêter avec eux le jour des Rois, au début de 1803 ; il était accompagné de son aide de camp, Joyaut, dit d’Assas ; il en invita quelques-uns à dîner et leur adressa une harangue que l’un d’eux a recueillie : il leur prédit que Bonaparte usurperait le trône : « Je crois, cependant, qu’avec une poignée de braves on pourrait encore rendre quelques services à nos malheureux Princes… Je vous jure, foi de Georges, que si tout ce que nous sommes seulement ici de royalistes était aussi bien à Paris, je n’hésiterais pas un instant à tenter l’entreprise… » Il but à la santé de Louis XVIII ; et comme l’un des convives lui observait que ce serait là risquer la guillotine « Eh bien ! reprit Georges, avec ce regard qui plonge sans peur dans l’avenir, si le destin le veut ainsi, je laisse à la Providence divine ses décrets et j’attendrai mon sort avec courage et sans murmure. »

https://fr.wikisource.org/wiki/Georges_Cadoudal/04

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Romsey & le périlleuse entreprise
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