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Eylau: Precis Des Travaux de la Grande Armée

Lettre de Pleniportentiary britannique vers Paris 7 Août 1806

No.XIII.- Le soussigné plénipotentiatire de S.M. britannique, avant d'entrer sur la négociation présentement pendante entre son souverain et la cour de France, juge nécessaire de retracer brièvement les circonstances qui l'ont amenée.  En même tems, il croit qu'il convient au caractère de franchise et de sincérité, lequel, comme plénipotentiaire de S.M. britannique, il s'est résolu de soutenir constamment, de déclaré, comme la seule base sur laquelle il peut consentir de négocier, le principe que la France elle-même a énoncé origínairement, aussi bien que de définír la nature de la discussion dans laquelle il est prêt à entrer.

La langage fort et énergique dans lequel le gouvernement de la France exprimait, il y a quelques mois, son desir de la paix, pendant qu'il inspirait à S.M. une confiance dans la véritable sincérite du desir de la cour de France, ne lui lassait que le regret, que la proposition de traiter avec elle, ou séparément de ses alliés paraisait empêcher et la France et l'Angleterre de profiter de cette heureuse disposition de leurs gouvernement respectifs, comme alors il était impossible à S.M. britannique, conformément à la bonne-foi qu'elle a toujours manifestée, de traiter autrêment que conjointement avec son allié l'empereur de Russie.

Depuis ce tems-là, quand S.M. a trouvé que des circonstances, qu'il n'est pas nécessaire de détailler ici, lui permettaient de traiter séparément, c'était avec bien du plaisir qu'elle recevait la proposition de traiter généralement sur la base de uti possidetis, qu'on devait observé scrupuleusement, excepté dans le cas d'Hanovre, qu'on se proposait de céder à S.M. en entier.

Il est vrai que cette proposition n'était faite ni directement, ni par le canal d'un ministre accrédité; de son authenticité pourtant on ne pouvait avoir le moindre doute.

Indépendamment de l'autorité qu'elle recevait du caractère de la personne employée pour la communiquer, il semblait qu'elle s'accordait parfaitement avec ce qui avait été annoncé précédemment. "L'Empereur n'a rien à desirer de ce que possède l'Angleterre".(Un aveu fait au commencement de la correspondance entre les deux cours était un prélude naturel d'une telle proposition,)

S.M. regardait le cession d'Hanovre comme un témoignage de l'esprit de justice dans lequel la proposition avait été conçue, parce que cet électorat, quoique occupé sur une identité supposée d'intérêts et de mesures, n'entrait, en effet, pour rien dans les différends qui occasionnaient la guerre presente; et elle a vu, dans le principes jusqu'alors reconnu comme la base générale de négociation (une base particulièrement adoptée aux situations relatives des deux parties) ce qu'elle jugeait être preuve que la France était tout aussi sincèrement disposée que la Grand-Bretagne, de mettre fin à un ordre de choses également préjudiciable aux intérêts des deux pays.

En effet, il paraissait à S.M. être le seul principe sur lequel une négociation pouvait probablement être menée à une heureuse conclusion.  De la nature des intérêts des parties qui y participaient, il y avait peu d'espérance qu'aucun arrangement satisfaisant pourrait être fait en manière de restitution réciproque, en rendant leurs acquisitions respectives; tandis que, de l'autre côté, le principe de uti possidetis se présentait naturellement comme le mode de mettre fin aux hostilités malheureuses entre les deux nations, dont toutes les deux sont en possession de conquêtes étendues et importantes, en territoire et en influence; la France sur le continent de l'Europe, et la Grande-Bretagne, dans d'autres parties du monde.

A S.M. cette vérité paraissait encore plus frappante en se représentant : que toutes les deux nations jonissaient, dans leurs acquisitions respectives, d'un état de possession, lequel ne pourra guère souffrir de changement important par la continuation de la guerre; la supériorité des forces navales de la Grande-Bretagne n'étant, selon toutes les apparences, pas moins fermement établie sur mer, que celle des armées, de France sur le continent de l'Europe.

C'est sous l'impression que ces idées produisaient naturellement, que S.M., sans hésiter, accepta la proposition de traiter sur le principe de uti possidetis, avec la réservation due à la connection et au concert, qui subsistaient avec l'empereur de Russie; et comme une preuve de sa sincérité, elle choisit la personne par laquelle cette communication a été faite, pour annoncer l'alacrité avec laquelle elle accedé à la base proposée pour conclure un traité.

Le soussigné n'a nulle disposition de cacher sa satisfaction que S.M. avait sentie dans ces perspectives heureuses, de rendre promptement les bénédictions de la paix à ses sujets des principes justes et équitables, et qui sont conformes à l'honneur de sa couronne, ni le regret qu'elle a éprouvé quand, presqu'au moment même où l'accession de S.M. au principe offert à son acceptation, fut annoncée, ce principe était abandonne subitement, par la demande de l'évacuation et de la reddition de la Sicile; une demande, laquelle, jusqu'ici, n'a été modifiée que par des projets d'indemnité pour S.M. sicilienne, qui paraissent tout à fait insuffisans et inadmissibles.

Cette demande, si incompatible avec les principes avoués, sur lesquels les deux parties traitaient, était de soi-même suffiante pour mettre fin à la négociation; mais l'anxiété de S.M. le roi de la Grande-Bretagne et d'Irlande de concourir avec allié l'empereur de Russie, d'assurer à ses sujets les bénédictions de la paix, la persuadé de recevoir toute autre proposition nouvelle qu'on pourrait faire, pour procurer à Sa M. sicilienne, en echange de la Sicile, un équivalent réel et satifaisant lequel devrait obtenir le consentement de ce souverain.

Aucune proposition satisfaisante de celle nature n'ayant encore été faite, le soussigné doit déclarer, qu'il ne peut pas consentir à traiter autrement que sur  le principe de uti possidetis, comme originairement proposé à son souverain par la cour de France.  En même tems ils souhaile qu'il soit bien entendu, que l'adoption de ce principe ne l'empêchera pas ni d'écouter à une indemnisation juste et satisfaisante à S.M. sicilienne, pour la cession de la Sicile, ni d'accepter quelque proposition pour l'échange de territoire entre les deux parties, contractantes, sur des principes justes et égaux, et tels qu'ils puissent tendre à l'avantage réciproque des deux pays.

La soussigné conçoit bien que depuis que l'ulti-possidetis a été proposé par la cour de France, la paix a été conclue entre la France et l'Empereur de Russie, et par conséquent que la situation relative entre les deux pays n'est plus la même; mais, au contraire, il doit aussi observer que depuis ce tems-là la France à acquis de nouveaux avantages par des changemens étendus qu'elle a faits dans la constitution de l'Empire germanique, un arrangement dont la prévention a été soumise par elle à cour de la Grande-Bretagne comme un motif puissant pour la conclusion immédiate de la paix, sur la base d'uti-possidetis.  Si donc ce principe paraissait juste et raisonnable auparavant il ne peut pas manquer à présent, selon ses propres vues de l'objet, d'être encore plus favorable à ses intérêts, qu'à ceux de l'Empire britannique.

Le soussigné juge nécessaire d'observer que, quoique la France puisse avoir d'autres vues d'acquisitions importantes sur le continent de l'Europe, S.M. le roi de la Grande-Bretagne et d'Ireland, peut bien justement avoir la prespective dans d'autres parties du monde d'une importance infinie au commerce et à la puissance de son Empire, et conséquemment qu'il ne peut pas, conformément ni aux intérêts de son peuple, ni à l'honneur de sa couronne, négocier sur aucun principe d'infériorité, ni déclaré ni supposé.  Il ne peut traiter sur aucun autre pied que sur l'hypothèse que la continuation des hostilités est également désavantageuse à toutes les deux parties.  Il ne peut y avoir aucune raison de supposer que les conquêtes que S.M. se propose de garder par la paix, pourraient lui être remportées par la guerre, et la soussigné doit supposer que la meilleure preuve de l'équité des bases sur lesquelles ont été proposées par la France à la première ouverture de ces communications entre les deux gouvernemens, qui ont amené la mission dont son souverain l'a chargé, conjointement avec le comte d'Yarmouth.

LAUDERDALE

Paris, le 7 août 1806.

 

 

 

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