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Eylau: Precis Des Travaux de la Grande Armée

Lettre de Lauderdale, Pleniportentiary britannique vers Paris à Henri Clarke, secrétaire du Cabinet français : 9 Août 1806

No. XV.  Les soussignés plénipotentiaires de S.M. britannique, ne croient devoir se permettre d'entrer dans une considération détaillée de la note officielle qui vient de leur être remise de la part de S.Exc. général Clarke, en date du 8 août.  D'après la manière dont les différens points qui font le sujet de cette note y sont traités, il leur serait impossible de les discuter avec le calme et avec cet égard dus aux convenances qu'exige le caractère dont ils sont revêtus de la part de leur souverain.  Mais le sujet de cette note est d'une nature si générale et si étrangère à l'objet immédiatement en question, qu'il serait parfaitement inutile de le prendre en considération dans le moment actuel.

Le soussigné comte de Lauderdale, loin de penser que la manière de discuter par écrit les points fondamentaux, d'une négociation puisse augmenter en aucune façon la difficulté de s'entendre, croit aux contraire apercevoir déjà des preuves manifestes de son utilité, en ce que la note officielle présentée par lui depuis son arrivée, a amené la négociations à une issue non équivoque, et a mis fin aux mal entendus sans doute réels qui ont eu lieu, et qui n'auraient jamais pu exister si la même méthode avait été adoptée dès le commencement de la négociation.

Le soussigné comte de Lauderdale se voit obligé de revenir sur la manière dont il a été donné à entendre qu'il ait débarqué à Calais revêtu d'un caractère public pour traiter de la paix.  Il n'est venu que pour rendre en personne et de vive-voix, la réponse à une communication qu'il avait été prié de faire au gouvernement anglais, fondée sur la base de l'uti possidetis d'après les paroles suivantes de S.Exc. M. de Talleyrand: "nous ne vous demandons rien"; accompagnée d'assurances positives que la restitution des possessions allemandes de S.M. n'éprouverait aucune résistance.  Le même sentiment se trouve également exprimé dans la lettre de M. de Talleyrand à M. Fox, en date du 1er avril.  "L'Empereur n'a à desirer de ce que possède l'Angleterre."

Le comte de Yarmouth se croit également obligé de ne pas passer sous silence les remarques faites par S. Exc. le générale Clarke, au sujet des délais dans la négociation et de la fréquente communication par courriers.  Les réponses de S.M. Britannique ont toujours été franches et prompte, et si le nombre des courriers a été considérable, ce ne peut être attribué qu'à des motifs étrangers à S.M.

Les soussignés comtes de Lauderdale et de Yarmouth ne peuvent aucunement souscrire à l'opinion énoucée par S.Exc. le générale Clarke dans ladite note, que la négociation "ait été entamée et presque amenée à sa conclusion" dans l'intervalle qui s'est écoulé entre l'époque de la connaissance officielle donnée par le comte de Yarmouth de ses pleins pouvoirs, et l'arrivée du comte de Lauderdale.  Au contraire, ils regardent cette négociation comme ayant à peine commencé.  Les conversations auxquelles on a fait allusion, ont consisté de la part du plénipotentiaire français, à faire des demandes que le soussigné comte de Yarmouth a uniformément déclaré être inadmissibles: et de la part de lord Yarmouth, a se retrancher dans les bornes de l'uti possidetis, comme n'ayant aucune instruction de la part de son gouvernement pour admettre d'autre base de la négociation; base suggérée par la France dans communication faite par le comte de Yarmouth, et précédemment énoncée dans la lettre de M. de Talleyrand, du 1er. avril.

Les soussignés comtes de Lauderdale et de Yarmouth croient inutile de répéter ici les motifs énoncés dans la note officielle présentée par le comte de Lauderdale, et qui ont fait regarder par S.M. la base de l'uti possidetis proposée par la France, comme susceptible d'une application particulière à l'état respectif des deux pays.  C'est pour eux un profond sujet de regret, que par l'abandon absolu, et d'une manière aussi prononcée de cette base de la part du Gouvernement français, l'attente et les espérances des deux peuples se voient entierement frustrées.

Il ne reste aux comtes de Lauderdale et de Yarmouth qu'à declarer que S.M., toujours prêtes à écouter des conditions de paix justes et honorables, se repose avec coufiance sur les moyens qui lui fournissent la loyauté et l'affection de ses sujets.  Elle ne se prêtera jamais à des propositions quelconques de négocier sur des bases incompatibles avec l'honneur de sa couronne et les véritables intérêts de ses sujets.

LAUDERDALE.YARMOUTH

Paris, le 9 août 1806.

 

 

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