Military Subjects: Battles & Campaigns

 

Eylau: Precis Des Travaux de la Grande Armée

La proclamation de Napoléon à l'armée : Octobre 6, 1806

Paris, ce 25 septembre 1806.

Leurs Majestés Impériales et Royales sont parties de Saint-Cloud, dans la nuit du mercredi au jeudi.  On croit que S. M. l'Empereur se dirige sur Mayence.

-Sa Majesté l'Empereur et Roi, arrivé à Mayence le 28 septembre, est parti le 3 octobre, à neuf heures du soir, pour Wurtzbourg.

-S. M. l'Empereur et Roi, après avoir passé deux jours à Wurtzbourg, est arrivé à Bamberg le 6 octobre; elle en est partie hier à trois heures du matin, pour se rendre à Cronack.

La proclamation ci-jointe a été envoyée à l'armée.

Proclamation de l'Empereur et Roi.

SOLDATS,

"L'ordre pour votre rentrée en France était parti; vous vous en étiez déjà rapprochés de plusieurs marches.  Des fêtes triomphales vous attendaient, et les préparatifs pour vous recevoir étaient commencés dans la capitale.

"Mais, lorsque nous nous abandonnions à cette trop confiante sécurité, de nouvelles trames s'ourdissaient sous le masque de l'amitié et de l'alliance.  Des cris de guerre se sont fait entendre à Berlin; depuis deux mois nous sommes provoqués tous les jours d'avantage.

"La même faction, le même esprit de vertige qui, à la faveur de nos dissentions intestines, conduisit, il y a quatorze ans, les Prussiens au milieu des plaines de la Champagne, domine dans leurs conseils.  Si ce n'est plus Paris qu'ils veulent brûler et renverser jusques dans ses fondemens, c'est, aujourd'hui, leurs drapeaux qu'ils se vantent de planter dans les capitales de nos alliés; c'est la Saxe qu'ils veulent obliger à renoncer, par une transaction honteuse, à son indépendance, en la rangeant au nombre de leurs provinces; c'est enfin vos lauriers qu'ils veulent arracher de votre front.  Ils veulent que nous évacuons l'Allemagne à l'aspect de leur armée! les insensés!!! Qu'ils sachent donc qu'il serait mille fois plus facile de détruire la grande Capitale que de flétrir l'honneur des enfans du Grand-Peuple et de ses alliés.  Leurs projets furent confondus alors; ils trouvèrent dans les plaines de la Champagne la défaite, la mort et la honte : mais les leçons de l'expérience s'effacent, et il est des hommes chez lesquels le sentiment de la haine et de la jalousie ne meurt jamais.

"Soldats, il n'est aucun de vous qui veuille retourner en France par un autre chemin que par celui de l'honneur.  Nous ne devons y rentrer que sons des arcs de triomphe.

"Eh quoi! aurions-nous donc bravé les saisons, les mers, les déserts; vaincu l'Europe plusieurs fois coalisée contre nous; porté notre gloire de l'orient à l'occident, pour retourner aujourd'hui dans notre patrie comme des transfuges, après avoir abandonné nos alliés, et pour entendre dire que l'Aigle française a fuit épouvantée à l'aspect des armées prussiennes..... Mais déjà ils sont arrivés sur nos avant-postes...

"Marchons donc, puisque la modération n'a pu les faire sortir de cette étonnante ivresse.  Que l'armée prussienne éprouve le même sort qu'elle êprouve il y a quatorze ans! qu'ils apprennent que s'il est facile d'acquérir un accroissement de domaines et de puissance avec l'amitîe du Grand-Peuple, son inimitié (qu'on ne peut provoquer que par l'abandon de tout esprit de sagesse et de raison) est plus terrible que les tempêtes de l'Océan.

"Donné en notre quartier-impérial à Bamberg, le 6 octobre 1806."

Signé, NAPOLÉON.

Pour ampliation,

Le major-général prince de Neufchatel et Valengin.

Signé, maréchal BERTHIER.

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