Military Subjects: Battles & Campaigns

 

Eylau: Precis Des Travaux de la Grande Armée

La réponse de Fox à la lettre de Tallyrand de 2 juin 1806: 14 juin 1806

Dsonning-Street, ce 14 Juin 1806. (sic)

No. IX.-Monsieur, J'ai reçu, il y a quelques jours, la dépêche de V. Exc. eu date du 2 du mois courant.

Je ne conçois pas comment en traitant avec la Russie et nous conjointement, vous avez à reconnaître le principe de l'alliance entre elle et nous.  Tout au plus vous ne reconnaissez que le fait.

Encore moins puis je deviner comment cette manière de traiter vous suppose dans état d'abaissement quelconque.  Nous ne prétendons nullement imposer à la France ni les conditions de la paix, ni un mode de négociation contraire aux usages.  En 1782, époque que V. Exc. cite elle-même dans sa dépêche, nous ne nos croyons pas dans un état d'avilissement; cependant, lorsque M. de Vergennes nous dit qu'il fallait, pour l'honneur de sa cour, que nous traitassions conjointement avec elle, la Hollande et l'Espagne, nous adoptâmes, sans croire en aucun sens nous dégrader, le mode auquel ce ministre paraissait attacher tant de prix Votre Gouvernement veut sincèrement la paix, ici on la desire également, et je pourrais cependant dire de l'Angleterre ce que V. Exc. dit de la France, que la prolongation de la guerre n'a jamais été prejudiciable ni à sa gloire ni à sa grandeur; a ses vrais interêts permanens peut-être bien, mais également à ceux de la France.

Quand à ce qu'il y a eu de secret dans notre traité d'alliance avec la Russie, V. Exc. est trop éclairée pour ne pas connaitre que pour ce qui regardait la guerre et les propositions qu'on aurait à faire à la Prusse et à l'Austriche, le secret était nécessaire.  Tout cela est passé.  Agir de concert pour procurer en premier lieu le repos à l'Europe et pour le lui conserver après, c'est le principal, je pourrais même dire l'unique objet de nos liaisons.

Après la maniere franche dont vous désavouez l'intention qu'on vous a imputée à tort, par rapport à ce qui regarde nos liaisons continentales, il ne peut plus exister le moindre doute sur ce point essentiel, et il n'en serait que plus fàcheux que des difficultés, qui regardent la formed plutôt que la chose, fissent continuer une guerre que les deux Gouvernemens souhaitent également de terminer.

Venons à ce que V. E. propose.  La forme qui eut lieu dans le ministre du marquis de Rockingham m'est d'autant plus présente à la mémoire, que j'occupais alors le même poste dont S.M. a bien voulu récemment m'honorer.  Que la France et l'Angleterre changent de positions, et c'est précisément celle que j'ai proposée.  Nous traitions alors avec la France et ses alliés.  Que la France traite à cette heure avec nous et les nôtres.

Les bases offertes dans votre seconde proposition sont parfaitement conformes aux vues de notre Gouvernement; bien entendu que, lorsque nous reconnaissons mutuellement nos droits respectifs d'intervention et de garantie pour les affaires de l'Europe, nous convenons aussi mutuellement d'abstenir de tout empiétement de part et d'autres sur les Etats plus ou moins puissans qui la composent.

Je ne regretterrais pas moins que V. Exc. que cette discussion finit.  Pour peu que nous puissions agir de façon qu'on ne puisse pas nous reprocher d'avoir manqué à la bonne toi vis-à-vis d'un allié qui mérite à tous égards une confiance entière de notre part, nous serons contens; d'autant plus, que nous savons qu'une paix honorable ne serait pas moins conforme aux voeux de la Russie qu'à ceux de la France et de l'Angleterre.

J'ai l'honneur d'être avec la consideration la plus distinguée, de V. Exc. le très-humble et très-obéissant serviteur, Signé C. J. Fox.

 

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