Military Subjects: Battles & Campaigns


Description

Les Anglais

Fusilier du Royal Marine

Régiment de Watteville

Royal Corsican Rangers

Régiment de Malta

Matelot Britannique

Bibliographie

Bibliographie/Anglaises

CAPRI, OCTOBRE 1808: Opération amphibie et "commandos" de l'Empereur

Texte et illustrations: Marc et Paul Morillon

Le 6 septembre 1808, Murat succède à Joseph Bonaparte sur le trône de Naples. Son prédécesseur lui laisse un royaume continental pacifié; il reste cependant deux objets de préoccupations pour le nouveau souverain: la Sicile où se sont réfugiés , sous la protection de la marine et de l'armée anglaises, les Bourbons évincés, et l'île de Capri. Cette dernière est aux mains des britanniques depuis mai 1806. Murat considère l'occupation de cette île, que l'on peut voir depuis les côtes napolitaines, comme une véritable provocation. Sa reconquête sera donc sa première priorité; elle devrait aussi lui permettre de se valoriser aux yeux de l'Empereur qui vient de lui infliger une amère déception en ne lui donnant pas le trône espagnol qu'il convoitait.

L'île est petite, elle est proche, mais l'opération ne sera sans doute pas si facile. En effet, les anglais se sont solidement implantés à l'abri des falaises et des côtes rocheuses de l'île. Le relief est dominé par deux élévations : le plateau d'Anacapri à l'ouest, sur lequel culmine le Monte Solaro et Capri à l'est. Elles sont séparées par une dépression centrale qui abrite les Marina. La ville de Capri se situe au bord du second plateau. 4000 personnes, principalement des pêcheurs et leurs familles habitent cette île qui est aussi un lieu de villégiature pour les familles aisées de Naples. En 1808, cette population s'est augmentée de 1800 soldats anglais sous le commandement du colonel Hudson Lowe, officier qu'une autre île rendra célèbre plusieurs années plus tard...

La garnison anglaise se compose de:

750 hommes des Royal Corsican Rangers, le régiment d'Hudson Lowe.

680 hommes du Régiment Royal Malta.

150 hommes des Royal Marines

Un nombre plus réduit d'hommes de l'artillerie et du génie.

On trouve quelquefois mentionnés 200 hommes du régiment suisse de Watteville qui ne sont en fait arrivés en renfort sur place que dans les derniers jours .

Dans ces conditions, l'île ne pourra être prise que par un coup de main audacieux et suffisamment rapide pour prendre de vitesse la vigilance de la flotte anglaise. La préparation d'une telle opération nécessite des renseignements et ce sera le rôle du lieutenant du génie Colletta, futur général et futur ministre de la police, qui est envoyé par Salicetti , déguisé en pêcheur pour espionner les anglais et repérer les points de débarquement possibles.

Sur le continent l'expédition se prépare en secret. Les moyens maritimes sont modestes: une frégate - la Cérère, une corvette - la Renommée, 26 chaloupes canonnières et 10 felouques armées sont prêtes à faire la traversée. Puisque l'on envisage une attaque par les falaises, les échelles des allumeurs de lampes de la ville de Naples ont été réquisitionnées.

Le rassemblement des troupes aura lieu sous le prétexte d'une grande revue donnée en l'honneur de l'arrivée dans le royaume de la reine Caroline.

Le 4 octobre, la flottille quitte les ports de Naples et de Salerne. L'état-major de Murat a décidé que le débarquement des troupes aurait lieu dans la côte rocheuse à l'ouest du Cap Carena pendant que deux attaques de diversion seraient dirigées contre la Marine de Mulo et contre la Grande Marine. Il a confié le commandement de cette expédition à son aide de camp, le général Lamarque. L'attaque principale sera dirigée par la général Destrès et l'adjudant commandant Thomas; Lamarque les accompagne. Leur petite flottille contourne l'île par le sud et se met en quête d'un point de débarquement. Il faudra renoncer à l'anse de Limbo, évoquée par l'état-major; le site est en effet trop bien armé et défendu par des redoutes. C'est donc plus au nord, dans un site de falaises escarpées (30 mètres de hauteur environ) que les hommes de l'adjudant commandant Thomas vont débarquer. Cet honneur va échoir aux carabiniers de la légion corse et aux voltigeurs des 10ème et 52ème régiments d'infanterie de ligne. A l'aide de leurs échelles et avec les méthodes rudimentaires d'escalade de l'époque, ils gravissent la falaise par étapes. De temps en temps une grosse vague fauche une échelle et jette les hommes à la mer. Les éléments ne sont pas seuls à se déchaîner contre eux puisque 30 mètres plus haut, d'autres corses, ceux de l'armée britannique, les attendent et essaient d'ajuster leur tir sur les assaillants. Plusieurs hommes déjà sont tombés et Lamarque décide d'attendre la tombée de la nuit avant de continuer sa progression.

Ce débarquement périlleux a été rendu possible grâce aux deux attaques de diversion sur les Marina qui, toute la journée ont maintenu l'incertitude et immobilisé une partie des troupes anglaises. Les deux détachements qui les ont menées sont ensuite venus rejoindre le point de débarquement et sont à 8 heures du soir, prêts à épauler leurs camarades.

Il fait maintenant nuit et les franco-napolitains vont pouvoir commencer l'attaque d'Anacapri. Le plateau est défendu par 600 hommes du régiment de Malte, 300 Corsican Rangers et 200 hommes de troupes irrégulières. Les français vont devoir attaquer avec la moitié moins d'hommes.

Lamarque répartit ses troupes: à droite, les grenadiers de la garde de Murat et les voltigeurs du 52ème. A leur gauche, les compagnies d'élite du 10ème de ligne et les voltigeurs du régiment d'Isembourg; les corses doivent s'emparer de la batterie située à gauche.

Sous le clair de lune, les français s'avancent en silence et parviennent jusqu'à 20 mètres du mur de pierres sèches derrière lequel sont embusqués les anglais. Puis tout à coup, ils s'élançant en hurlant et culbutent avec leurs baïonnettes les hommes du régiment de Malte. C'est la panique chez ces derniers dont 200 sont capturés, les autres allant se réfugier dans le couvent du Mont Solaro. Ils se rendront à 5 heures du matin ce qui porte déjà à 500 le nombre des prisonniers.

Les français sont donc maîtres du plateau et commencent à se masser le long de la falaise qui domine la plaine centrale. Grâce à des efforts qu'il est difficile d'imaginer, ils sont parvenus à hisser deux canons et leurs munitions. Dès la matin, ils ouvrent le feu sur la ville de Capri. Ce n'est qu'une tentative d'intimidation qui n'entame pas le flegme britannique. Il faudra débarquer plus d'artillerie et pour celà, il faut être maître de la côte et s'emparer de la Marina Grande.

Cette opération est menée à bien dans la nuit du 5 au 6 octobre par les carabiniers corses et 250 voltigeurs qui sont descendus par l'escalier des phéniciens. En même temps, Lamarque a chargé l'émissaire qui va annoncer ces premiers succès au roi, de demander des renforts en artillerie, en vivres et en matériel de siège.

Le 6, le matériel est débarqué, et une fois de plus, on voit des hommes attelés, hisser des pièces d'artillerie sur la plateau d'Anacapri.

Le 7 octobre, le débarquement de matériel se poursuit en toute hâte puisque l'on vient d'annoncer l'approche d'une escadre de secours anglo-sicilienne. A terre, les fantassins ont repoussé les derniers postes avancés anglais derrière les murs de Capri.

Le 8 octobre, les bâtiments anglais se sont approchés suffisamment pour bombarder les nouvelles positions françaises de la Marina Grande. Le risque devient trop important pour les deux bâtiments de ligne napolitains qui vont se réfugier dans le port de Naples. Les canonnières embossées à la Marina vont donc se retrouver seules à soutenir le combat et seront même prises entre deux feux: celui des vaisseaux anglais d'un côté et celui des forts St Michel et de Castiglione de l'autre.

Malgré le danger, les travaux d'approche et la construction de la batterie de brèche (cf le siège de Ciudad Rodrigo dans "Le Bivouac" 98/2 ) continuent. Le travail est d'autant plus difficile que le terrain a été rendu boueux et glissant par les nombreux orages de la saison.

10 au 12 octobre: La garnison de Capri est maintenue sous pression par plusieurs fausses attaques et la belle confiance des anglais commence à être ébranlée. Les renforts qu'ils attendaient se réduisent pour l'instant à une soixantaine de "Marines". Ils ne peuvent empêcher les travaux de construction de la batterie de brèche que les français poursuivent courageusement malgré la pluie et la boue; des attelages humains allant jusqu'à 300 hommes sont quelquefois nécessaires pour haler les canons.

Le 13 octobre, le vent se lève et oblige la flotte anglaise à se réfugier au nord vers Ischia. Murat en profite pour faire partir de Massa un convoi de 88 barques encadrées par des canonnières. Cette flottille parvient à forcer le passage à la rame sous le feu des canonnières anglaises et de la frégate "Ambuscade"; La "Cérère" et la "Renommée" sont sorties de leur refuge pour faire diversion. Tout le chargement est débarqué en une demi-heure sans que les anglais aient le temps de réagir. Par dépit, ils bombardent la Marina Grande.

Le 14 octobre, les batteries maintenant bien installées sur le Monte Solaro ouvrent le feu sur Capri. Parmi les canons, il y a une pièce de 24 (qui ne pèse pas moins de 2760 kgs !) qui a été hissée, toujours à bras... Les artilleurs parviennent ainsi à détruire une canonnière de 32 que les anglais avaient installé pour neutraliser la batterie de brèche. L'emplacement de celle ci est prêt mais on n'a pu l'équiper que de pièces de 12, les pièces de 18 étant trop lourdes pour être halées dans la boue. Il faudra donc s'en passer et on ouvre le feu pour battre en brèche l'enceinte de la ville. Mais les charges sont trop fortes et les boulets traversent les murs sans parvenir à les effondrer. On décide de profiter de la nuit suivante pour faire descendre deux mortiers de 16 du Monte Solaro. Dans la même nuit, l'adjudant commandant Thomas se rend lui même à pied devant les murs pour reconnaître l'emplacement de la future brèche.

15 octobre: Dès le lever du jour toutes les batteries, y compris celles de la Marina Grande, tonnent en même temps. Cette fois le mur s'effondre et laisse une brèche étroite. Les défenseurs anglais, qui ne peuvent pas la combler se hâtent de dresser une palissade immédiatement en arrière. Les français approchent alors une pièce de campagne jusqu'à 30 pas du mur.

La situation de la garnison est déjà très critique lorsqu'à onze heures trente arrive un nouveau convoi maritime de ravitaillement. Il amène avec lui le général Reynier, qui a été chargé par Murat de venir enregistrer la capitulation de la garnison. Lamarque avait en effet fait demandé à Murat des instructions sur les propositions qu'il pouvait faire aux assiégés. La réponse avait été très -napoléonienne-, pas de négociations, toute la garnison doit être capturée.

Hudson Lowe est aux abois et demande avec insistance le soutien de la marine. Pressé par l'émissaire français, le commandant Peyris, il déploie toute son ingéniosité pour gagner du temps et il propose une entrevue avec Lamarque pour le lendemain.

16 octobre: Lowe arrive à faire traîner les discussions toute la journée et essaie d'obtenir le rapatriement de ses troupes vers la Sicile. Nous l'avons vu, Lamarque ne peut pas prendre cette initiative et il devra envoyer à plusieurs reprises ses officiers de liaison qui devront braver la tempête entre l'île et le continent. Murat ne voudra rien entendre jusqu'à ce que son patient et adroit ministre de la police, Salicetti ne parvienne à le faire céder. Il est grand temps puisque l'on signale 17 bâtiments anglais en vue de Capri et que ceux ci transportent pas moins de 2000 hommes! Mais Hudson Lowe vient de signer la capitulation...

Dans les heures et les jours qui suivent, pendant que les officiers de l'artillerie et du génie prennent possession des forts, 80 Corsican rangers et 10 suisses du régiment de Watteville désertent et passent du côté napolitain. Les premiers retrouvent dans la Légion corse des cousins ou des proches...

L'opération d'embarquement des troupes anglaises va durer 5 jours, Hudson Lowe espérant toujours une contre-attaque anglaise malgré sa capitulation...

La prise de l'île aura coûté 300 tués et blessés du côté franco-napolitain. Les pertes les plus importantes (120 h.) ont eu lieu le jour du débarquement. Pour leur part les anglais déplorent seulement 80 tués et blessés, mais aussi 750 prisonniers.

A Naples, Murat exulte et va pouvoir entrer en triomphateur dans sa capitale. Dans son euphorie, il prodigue les récompenses et les décorations, en s'attachant à mettre en valeur le rôle déterminant des troupes napolitaines. Cette interprétation lui vaudra un sec rappel à l'ordre de Napoléon qui souligne que le succès est du en grande partie aux troupes françaises et que lui seul doit décider de qui il convient de récompenser. Voilà donc la question de la souveraineté qui apparaît dès les premières semaines du règne de Murat; elle ne cessera plus de resurgir avec quelquefois des conséquences dramatiques comme lors de la tentative avortée de débarquement en Sicile en 1810. C'est dans ce climat de tension entre les clans français et napolitain (le premier s'appuyant sur la reine Caroline) qu'en 1811, Murat finira par renvoyer les dernières troupes françaises encore employées dans le royaume et qu'il tentera de marquer sa différence en changeant à la fois les modèles d'uniformes et de drapeaux.

Quoi qu'il en soit, Capri restera un glorieux fait d'armes, à tel point que son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile.

La garde de l'île sera confiée à l'un de ses conquérants, l'adjudant-commandant Thomas. Elle ne sera d'ailleurs plus reprise jusqu'à la chute de Murat. Une tentative anglaise en 1809, coïncidant avec la prise des îles d'Ischia et de Procida se traduira par un échec.

Nous l'avons vu, certains des protagonistes sont restés célèbres, quelquefois pour d'autres raisons. Nous ne ferons que citer les deux principaux adversaires de cet épisode:

Hudson Lowe: Il continue à servir en Méditerranée avec des fortunes diverses: en 1809 il doit évacuer le fort de Scilla en Calabre, assiégé par les troupes du général Partouneaux. Il parviendra par contre à s'emparer de l'île de Ste Maure (Iles Ioniennes). En 1815 il est à Gènes avec le corps anglais qui doit attaquer le midi de la France (cf "Le Bivouac" 97/2). Sa carrière s'achèvera sur l'île de Sainte Hélène qui le fera passer à la postérité sous l'aspect d'un personnage peu sympathique. Sa hargne contre Napoléon devait encore s'exacerber chaque fois que l'Empereur en exil insistait en l'appelant "le héros de Capri".

Lamarque: Sa carrière, à part une brillante participation à la bataille de Wagram, se sera déroulée bien loin des prestigieux combats de la Grande Armée. Employé à la pacification de la Calabre en 1810 (il avait déjà tenu ce rôle en 1806 et 1807), il doit aller combattre en Catalogne jusqu'en 1814. Même pendant les 100 jours, il n'est pas en Belgique mais en Vendée! Le nouveau pouvoir ne peut lui pardonner et il doit s'exiler en Hollande pendant trois ans. En 1828 il est député de Mont de Marsan dans les sièges de l'opposition où il prend la défense des ses anciens compagnons d'armes chaque fois qu'il le peut. Il continuera son action même dans les premières années du règne de Louis Philippe. Il meurt du choléra à Paris en 1832 et ses funérailles qui rassemblent républicains et anciens soldats de l'Empire tourne à l'émeute contre le gouvernement. Cet épisode est en bonne place dans "Les Misérables", roman écrit, rappelons le, par le fils d'un général d'Empire ayant lui aussi servi le royaume de Naples...

Description des Planches d'Uniformes

Les Franco-Napolitains: les planches rassemble des hommes ayant participé au premier débarquement et à l'assaut des falaises de Capri:

Carabinier de la Légion Corse

En fait, la Légion Impériale Corse, qui était passée au service napolitain en 1806 s'appelait Royal Corse ou Real Corso depuis 1806. (Il ne faut pas la confondre avec les tirailleurs corses au service de la France, ayant servi notamment à Austerlitz et à Landshut)

Il est difficile de savoir quel était l'uniforme de cette unité en 1808. L'habillement initial avait été fourni par le royaume d'Italie et était conforme au règlement français pour l'infanterie légère. Les carabiniers portaient le shako. En 1809, il semble que le nouvel uniforme napolitain était déjà en usage: bleu turquin et noir avec le bonnet à poils (ou le colback ,) pour les carabiniers.

Ayant choisi la première solution, notre homme est habillé comme un carabinier français: habit, parements et revers bleu foncé à passepoils blancs, collet et pattes de parements rouges à passepoil blanc. Epaulettes rouges, boutons blancs. Shako à plaque (modèle inconnu) de métal blanc; cordons et plumet rouges. Culotte bleu foncé, guètres noires à passepoil et gland rouges, cocarde française.

Adjudant-commandant

Habit entièrement bleu foncé. Epaulettes boutons et broderies or. Bicorne noir à ganse de cocarde or. Culotte blanche ou bleue, bottes noires.

Pêcheur napolitain

Blouse et culotte clairs: blanc ou écru. Bonnet et ceinture de couleur: rouge foncé par exemple. Gaffe en bois à ferrure acier.

Sergent de voltigeurs du 10ème de ligne

Habit de l'infanterie de ligne: bleu foncé à revers et retroussis blancs passepoilés de rouge; parements rouges à passepoil blanc, pattes de parements bleues à passepoil rouge; collet et cors des retroussis chamois; galons et chevron d'ancienneté or, boutons de cuivre. Epaulettes de couleurs variable suivant les régiments; on peut les imaginer ici vertes à tournante jaune (or?). Shako noir à bord supérieur jaune, pompon jaune. Cordons verts; la plaque de shako est en cuivre; elle est ici non réglementaire et conforme au modèle des collections du Musée de l'Armée; jugulaires en écailles de cuivre. Buffletteries blanchies, sac et manteau bruns. Gilet et culotte blancs, guètres grises ou noires. Fusil à garnitures de fer. Sabre briquet à garde de cuivre, dragonne verte, gland jaune.

Grenadier du 102ème de ligne

Il semble bien que ce régiment ait porté le bonnet à poils. Bonnet d'ourson noir à plumet rouge et plaque de cuivre. Les cordons sont soit blancs, soit rouges. Habit de l'infanterie de ligne comme le précédent avec collet rouge à passepoil blanc et épaulettes rouges. Grenades de laine rouge aux retroussis. Dragonne blanche ou rouge à gland rouge. Manteau gris ou brun.

Caporal de grenadiers du 2ème de ligne napolitain

Bonnet à poils comme le précédent, cordons rouges. Habit blanc à collet, revers et parements bleu céleste à passepoil blanc. Epaulettes rouges, boutons de cuivre. Galons de caporal en laine aurore à passepoil bleu céleste. Culotte blanche et guètres noires.

Officier de carabiniers du régiment d'Isembourg

Habit, revers, parements et retroussis bleu céleste foncé, collet et parements jonquille, passepoils blancs, boutons argent. Epaulettes argent. Hausse col or ou argent (?)

Il semble que les carabiniers du régiment aient porté le shako en 1808 (cf article de F.Berjaud dans "Le Bivouac" 97/2). Shako noir à garnitures et bordure supérieure argent. Plumet rouge. Gilet blanc et culotte bleu céleste. Ceinturon blanc à boucle de cuivre. Sabre à fourreau en cuir noir et garnitures or. Bottes noires.

Sergent de grenadiers du 1er régiment d'infanterie suisse

Bonnet à poils noir, cordon et plumet blancs, plaque de cuivre avec l'aigle impérial, cocarde française. Habit rouge à collet, revers, parements et retroussis jaunes à passepoil bleu céleste. Pattes de parement rouges à passepoil bleu céleste. Epaulettes blanches à tournante rouge, galons et chevron or à passepoil bleu céleste, buffleteries, gilet et culotte blancs. Guètres noires.

Voltigeur du 102ème de ligne

Comme le sergent de la planche précédente. La plaque de shako est elle aussi conforme à un modèle non réglementaire du Musée de l'Armée. Variantes possibles: bordure supérieure du shako jaune ou noire, plumet vert à sommet jaune ou entièrement jaune. Cordons de laine verte ou jaune. Epaulettes vertes ou jaunes. (pour certains régiments le jaune et rouge sont également possibles).

Grenadier du 3ème de ligne italien

Bonnet à poils comme le sergent suisse, cordon rouge. Nous sommes à une date charnière pour les uniformes de l'infanterie italienne et il sera difficile de dire si les hommes employés à Capri portaient l'ancien ou le nouvel uniforme, nous donnerons donc les deux solutions:

-Habit vert foncé à revers blancs passepoilés de rouge; collet, parements et pattes de parement rouges à passepoil blanc. Epaulettes rouges, boutons blancs. Le reste comme les grenadiers français.

- Habit blanc à revers et parements vert moyen à passepoil blanc. Collet et pattes de parements rouges à passepoil blanc; retroussis blancs à passepoil vert. Epaulettes rouges, boutons blancs.

Sapeur du génie

Bonnet de police bleu foncé à galons, passepoil, gland et haches croisées rouges. Habit bleu foncé à revers , collet, parements et pattes de parement noirs à passepoil rouges.

pattes d'épaule bleues, retroussis rouges. Boutons de cuivre. Gilet et pantalon bleu foncé. Guêtres et souliers noirs. Pic à roc à manche en bois et lame en acier.

Matelot de la marine napolitaine

Chapeau de cuir noir à carotte rouge. Habit bleu foncé à boutons de cuivre. Pantalon bleu foncé, gilet rouge. Souliers et guêtres noirs.

Grenadier de La Garde Royale napolitaine

Même uniforme que le grenadier du 102ème de ligne avec parements blancs à passepoil rouge et pattes de parements rouges à passepoil blanc. Cocarde française. Fusil garni de fer.

Canonnier de l'artillerie à pied

Shako noir à carotte rouge, ou avec bord supérieur et montants rouges. Plaque et jugulaires de cuivre. Habit, collet, revers, parements et pattes de parements bleu foncé à passepoil rouge. Retroussis rouges; épaulettes rouges, boutons de cuivre. Gilet et culotte bleu foncé. Guêtres noires.

Les Anglais

Planches de Paul Morillon

Fusilier du Royal Marines

Fusilier du Royal Marines

Chapeau noir a tirants noirs, plumet blanc sur rouge, bandeau blanc, cocarde noire a centre blanc. Habit rouge, distinctive bleu foncé (collet et parements), passepoils blancs, retroussis blancs. Pattes d'épaule bleu foncé à pompons blancs, boutons blancs, culotte blanche, banderole de fusil blanche, giberne noire à plaque de cuivre.

Régiment de Watteville ou Wattenwyl

Après l'invasion de la Suisse par la France, le baron de Watteville forme le régiment en 1798 avec de l'argent anglais. Il s'embarque pour Malte en 1801 avec un millier d'hommes. Depuis cette base, le régiment est employé en 1801 à l'île d'Elbe et en Egypte où il souffre particulièrement de la peste. De retour d'Egypte en 1803, le il repart avec 725 hommes, pour Naples en 1805 aux côtés d'une division russe. Il est engagé à Maida en 1806, embarque pour la Sicile en 1806 et y gagne une citation (Battle Honour). Il se retrouve à Gibraltar en 1807. Il retourne en Italie en 1808 mais arrive un jour trop tard pour participer utilement à la défense de Capri. Il participe, à partir de la Sicile, à l'expédition de la baie de Naples en 1809, avec 600 hommes. En 1810, la compagnie légère se bat contre Murat au détroit de Messine. En 1811, le régiment, qui partait pour l'Irlande, est arrêté à Cadix pour renforcer la garnison. 550 hommes sont détachés à Carthagène en 1812 et retournent en 1813 à Cadix. En 1813, il s'embarque pour le Canada, alors attaqué par les américains. Il est employé jusqu'en 1814 dans de rudes affaires, notamment comme troupe d'assaut du fort Erie, près des chutes du Niagara où il laissera beaucoup de monde. Il est finalement dissous sans autre forme de procès, au Canada, en 1816.

Officier supérieur du régiment de Watteville

Chapeau de type 1800 (il semble, d'après l'iconographie, que certains officiers suisses servant en Méditerranée aient continué à porter ce style de coiffure après 1800). Cependant, le bicorne réglementaire est porté. Galon et pompons or, plumet blanc sur rouge, cocarde noire, ganse et bouton argent. Jabot et gants blancs. Habit rouge à boutons et galons argent. Epaulettes argent, passepoils argent, retroussis blancs. Distinctive noire (collet, parements et revers), écharpe cramoisi, culotte blanche, bottes noires à galons et pompons argent. Epée à garnitures et dragonne or, fourreau noir.

Sous-officier du régiment de Watteville, compagnies du centre

Plumet blanc sur rouge, shako à plaque de cuivre. Cocarde noire à centre blanc, perruque poudrée. Habit rouge à distinctive noire, retroussis blancs. Galonnage blanc, passepoils blancs, écharpe cramoisi bande centrale noire. Epée à fourreau noir, dragonne blanche, garnitures cuivre. Buffleterie blanche, culotte blanche, pique à hampe en bois naturel et lame acier, talon cuivre.

Royal Corsican Rangers

Cette unité effectivement corse, créée en 1799 et placée sous le commandement du Major Hudson Lowe fut engagée en Egypte où elle se distingua particulièrement. Dissous une première fois en 1802, les Royal Corsican Rangers furent recréés en 1803 par le même Hudson Lowe, mais apparemment sans atteindre le même niveau de qualité. 2 compagnies sont engagées à Maida en 1806 et 3 (684 hommes) en 1808 à Capri, où il perd 16 tués, 39 blessés dont 3 officiers et 30 disparus. 86 Rangers désertent au moment de l'évacuation. Le Corps participe ensuite à l'expédition de Naples, des iles Ioniennes et à l'attaque de Sainte Maure (côte Albanaise) en 1809. Après un gonflement des effectifs, un bataillon (sur les 3 alors formés) participe au soulèvement du Montenegro en 1812. Le corps finit la guerre en garnison entre la Sicile et Malte. Il est dissous à Corfou en 1817.

L'uniforme du corps est dérivé de celui du 60th Foot/Rifles companies, et certaines pièces d'habillement sans doute prises dans ses dépôts.

Officier du Corsican Rangers, grande tenue

Shako noir , plumet vert, cocarde rouge, cordons argent, cor argent, visière amovible vernie. Dolman vert foncé, distinctive rouge, passepoils et galonnage argent, 3 rangées de 16 boutons argent, brandebourg mêlés rouge et vert foncé. Buffleterie noire, chaînette argent, écharpe cramoisi, culotte bleu clair. Guêtres noires à galon rouge. Sabre à fourreau noir, garnitures argent, dragonne noire. Wings rouge (?) brodées argent. 

Corsican Rangers, officier en tenue de campagne

Même uniforme que le précédent, surcullotte grise à bande argent et boutons de même. Plumet noir.

Corsican Rangers, troupe et sous-officier

Shako noir à plumet vert foncé, cor blanc, cordons vert, cocarde noire, centre blanc. Habit vert foncé, distinctive rouge, 3 rangées de boutons blancs. Wings vert foncé à galonnage rouge. Certaines compagnies semblent avoir porté des pattes d'épaules rouges à galonnage et pompon blancs. Retroussis vert foncé à passepoil rouge. Buffletterie noire, boucles laiton, cordons vert. Cordons porte corne à poudre vert foncé, corne à embouts cuivre. Culotte bleu clair à bande rouge. Sabre baïonnette à garnitures cuivre. Carabine Baker à garnitures cuivre, bandoulière noire. Sac à dos noir, manteau gris. La giberne de ceinturon du sous officier est d'un modèle plus petit. Galons de grade blancs.

Artillerie à pied britannique

Shako noir, plumet blanc, cocarde noire à centre blanc, plaque de cuivre. Habit bleu foncé, distinctive rouge, galonnage jaune, boutons blancs. Pattes d'épaules à pompons jaunes, retroussis blanc à passepoils jaune. Culotte blanche. Guêtres noires. Buffletterie blanche, cordon rouge. Il ya 10 artilleurs anglais `a Capri en 1808.

Régiment de Malta

Apparu sur les contrôles en 1806, le régiment compte 1100 hommes en 1807. A Capri, il perd 25 tués et blessés ainsi que…680 prisonniers, dont 22 officiers, soit la totalité de son effectif. Le drapeau est sauvé mais doit être brûlé pour éviter la capture. Un nouveau drapeau fut cependant donné au régiment en 1809. Les effectifs tombent à 400 en 1810 et le régiment disparaît des contrôles la même année.

Régiment de Malte, grenadier

Cet uniforme dont aucune description ne m'est connue est une extrapolation, somme toute probable, basée sur la politique très simple des britanniques en matière d'habillement de leurs unités étrangères et sur le fait que Malta est un régiment « Royal », c'est à dire plus que probablement à distinctive bleu foncé. Shako noir, plumet blanc, cocarde noire à centre blanc, cordon de shako blanc. Habit rouge à distinctive bleu foncé (« Royal regiment »), galonnage blanc, buffletterie blanche. Sac en bandoulière brun clair. Culotte blanche, guêtres noires. Fusil Brown Bess à garnitures cuivre, bandoulière blanche. Wings bleu foncé à galonnage et bordure blanc.

Officier du Régiment de Malte, Cie légère

Plaque de Shako dorée, cordons argent cocarde noire, buggle argent. Distinctive bleu foncé (régiment « Royal »), habit rouge boutons et galons or, écharpe cramoisi, retroussis blancs. Fourreau d'épée noir, garnitures dorées, dragonne dorée et rouge, buffleterie blanche, plaque dorée.

Matelot Britannique

Matelot britannique

Chapeau noir ou brun. Chemise blanche à rayures noires ou bleues. Ceinture bleu, écru ou rouge. Ceinturon noir. Sabre à garnitures cuivre. Pantalon blanc écru. Chaussures noires. (d'après l'abondante iconographie couvrant les engagements navals sous le premier empire et plus particulièrement Trafalgar).

Bibliographie

C. Blondieau: Aigles et shakos du Premier Empire. Argout editions. Paris 1980

Général Colletta: Histoire du Royaume de Naples. Ladvocat libraire. Paris. 1835

Lieutenant-Colonel R.Darbou et H. Boisselier: Les troupes alliées napolitaines sous la 1ère République et le 1er Empire.

A. Martinien: Tableau par corps et par bataille des officiers tués et blessés pendant les guerres napoléoniennes. Editions Militaires Européennes.

M. Perrot: Prise de Jersey en 1781 et prise de Capri en 1808. Berger Levrault. Paris 1929

G.Six: Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français (1792-1814) Librairie G. Saffroy Paris 1934

Digby Smith: The Greenhill Napoleonic Data Book. Greenhill. Londres 1998

J.Tranié et J.C. Carmignani: Napoléon et l'Angleterre. Pygmalion Paris 1994

Bibliographie sur les Troupes Anglaises

Article de Louis de Beaufort, Robert de Grouvel et Cecil P. Lawson: "Bulletin de La Sabretache", 1973.

R. Forthoffer: Les Anglo-Siciliens en Méditerranée 1805-1815.

de Grouvel: Corps de troupe de l'émigration.

Robert W. Gould: Mercenaries of the Napoleonic Wars. Tom Donovan publishing Ltd, 1995.

Philipp Haythornwaite & Bryan Stone: Wellington's Specialist Troops. Osprey, Men at Arms 204, 1988.

Cecil P. Lawson, Vol 5: A History of the Uniforms of the British Army.

Digby Smith: The Greenhill Napoleonic Wars Data Book.Greenhill 1998.

Remerciements à monsieur Yves Martin dont la gentillesse et l'érudition m'ont permis de débroussailler certains aspects épineux de cet épisode.

Editor's Note: This article is used with permission of "Le Bivouac." "Le Bivouac" is an association called "Amicale", of the collectors of historical models in and outside Provence Cote d'Azur. "Le Bivouac" publishes once every two months, a magazine, with articles written by members on topics ranging from historical studies to uniform descriptions. The scope is rather large, but its focus more on French history and units; however other nationalities are sometimes included. One recent issue covered the French Guides during the 1st Empire. "Le Bivouac" has a close association with similar organizations in Italy and Spain. Finally, once a year, "Le Bivouac" organises a model contest and show. The prizes are "gold, silver and bronze" versions of a model especially carved for this occasion by a gifted manufacturer.

 

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