Military Subjects: Battles & Campaigns


 

La campagne de Sävar et Ratan (août 1809)

By Nicolas Denis Remy

Avant-propos

Je voudrais remercier ici Ludovic ISNARD, Lars ROSSLE, Magnus OLAFSSON ainsi que tous ceux qui m'ont apporté une aide non négligeable pour la rédaction de cette article.

Introduction

Cette campagne était le dernier espoir suédois, non de gagner la guerre, mais de reprendre l'initiative stratégique et de permettre aux négociateurs menés par le maréchal Stedingk d'obtenir des conditions plus favorables. L'année 1808 avait été catastrophique pour l'armée suédoise. La Finlande était perdue et l'armée suédoise n'avait guère les moyens d'en reprendre le contrôle. En mars, la capitulation de Kalix avait encore aggravé la situation militaire et fait perdre de nombreuses troupes au commandement suédois. Ce fut du côté de la Grande Bretagne que le soutien financier accourra pour soutenir l'effort de guerre suédois. Le nouveau roi, Charles XIII, issu du renversement de son neveu par les militaires, avait dirigé cet effort qui était le dernier de la guerre.

La préparation de l'opération

Avec la fin des combats sur la frontière occidentale, contre les Norvégiens, le gouvernement décidait de libérer les dernières troupes de Landtvärn, 2248 hommes sur les 30 000 hommes levés au début de la guerre[1]. Cette usure énorme n'était pas uniquement due aux combats mais surtout à des maladies et aux besoins de l'économie suédoise. Seuls 395 hommes continuèrent de servir dans la marine. Cela ramenait l'armée suédoise disponible à environ 13000 hommes issus des « armées de l'Ouest » et de « la côte ». Il faut rajouter à cela les forces de « l'armée du Nord » qui atteignaient péniblement les 2000 hommes. On avait donc une « armée » encore très faible par rapport à son opposante.

Cette opération était destinée à détruire les forces russes avancées en Västerbotten et à donner au nouveau gouvernement des avantages dans les négociations en cours avec les Russes. Elle était donc importante tant militairement que politiquement. Elle avait été donc confiée à deux personnes. Elles étaient responsables de l'organisation et avaient aussi le commandement de l'opération :

L'amiral baron Johann Puke, âgé de 58 ans, nommé grand amiral de la flotte le 17 juillet, commandait la partie maritime de l'opération. C'était un homme reconnu pour ses compétences de chef de flotte, mêlant l'énergie au calme. Il avait toujours été préoccupé par la prévention des dangers inutiles que pouvaient encourir ses navires. Cela d'ailleurs posera des problèmes lors de l'opération.

Le général comte Wachtmeister, intendant de l'armée lors de son limogeage par le roi Gustave IV et n'était revenu dans l'armée que grâce au coup d'état. Il avait été nommé chef de « l'armée de la Côte », qui devait mener la partie terrestre de l'opération.

L'armée que devait mener Wachtmeister mobilisait les dernières ressources disponibles de la Suède. Elle était organisée en trois brigades toutes commandées par des colonels. Elles disposaient chacune de 6 bataillons étoffés, sauf la deuxième brigade qui n'en avait que cinq. Cela faisait donc 17 bataillons de troupes de lignes. Chaque bataillon disposait de chasseurs qui étaient rassemblés en une entité propre. Le manque de jägare chez les Lifgrenadiers était compensé par 50 Lifgardet till Häst montés. C'était d'ailleurs la seule unité de cavalerie combattante dont disposera la force d'action. L'autre escadron de Lifgardet till Häst, fort de 54 hommes, avait la charge du service d'ordonnance du service d'état major. 12 canons de 6 livres et 4 obusiers completaient cette force. La présence de la flotte d'archipel faisait qu'en bord de mer, le soutien pouvait être beaucoup plus important. L'ensemble représentait 235 officiers, 7375 sous-officiers et hommes de troupes, 229 chevaux. On devait cependant rajouter le personnel civil des officiers, leurs chevaux et 989 hommes destinés au service d'infanterie de la flotte d'archipel. Toutes ces troupes avaient été équipées, voire dans certains cas rééquipées à neuf, avec grands soins depuis le mois de juin. L'état physique de ce corps expéditionnaire était donc excellent.

Tout avait été fait aussi pour que les troupes ne soient pas affectées par des esprits négatifs. Ainsi, on n'avait pas mélangé de troupes issue de la souvent battue « armée du Nord », d'où l'absence de toute troupe finlandaise.

 Navire King adolf_fredrik

Le transport de cette force d'invasion devait être assuré par 40 navires, 2 navires hôpitaux (avec 90 lits chacun) —un lit était souvent fait pour deux soldats, sauf cas très particuliers et officiers. On voit ici la faiblesse de la logistique de santé qui aidait à une usure très rapide des forces militaires— protégés par 2 navires de lignes, 1 frégate et 49 bateaux de la flotte d'archipel. Cela représentait 2500 marins. Ces navires emportaient aussi 2 mois de ravitaillement.

Le coût pour le Trésor suédois se montait à 200 000 Riksdaler par semaine— quand on sait que l'aide anglaise était de 1 000 000 de Riksdaler par an, on évalue la dépense que cela représentaient !!— Il était donc important que l'opération soit décisive.

Le 2 août, les troupes étaient embarquées à Gräddö, sur la rive sud de l'embouchure de la rivière Norrtelgevik, mais les vents contraires ne permettaient le départ que le 8 août 1809. La première halte était Hernösand, où la flotte de guerre arrivait le 11 et la flotte d'archipel le 13 août.

Le vaisseau amiral, le « Kung Adolf Frederik », sur lequel se tenait le grand amiral Puke, était le siège d'un conseil de guerre; dans la nuit du 13 au 14 août, à Hernösand avec le grand-amiral, le général Wachtmeister et le le général Wrède, qui venait de recevoir le grade de général plein et d'être nommé comte, le generalmajor Von Döbeln, le colonel de fortifications Cederger, qui était le chef d'état-major de Wachtmeister et son adjudant le colonel Lagerbring. Tous étaient d'accord pour débarquer dans le dos de l'ennemi et de couper la route des Russes, qui avaient retrouvé le général comte Kamenski comme chef. Il s'agissait d'établir un solide bouchon sur la route territoriale allant d’Umeå à Piteå. Le débat portait à la fois sur le lieu précis, mais aussi sur la manière de faire ce « bouchon ». Serait-il aggressif avec une attaque vers le sud pour rejoindre « l'armée du Nord » en écrasant les Russes, ou bien defensif, en se contentant d’installer une forte position défensive ? Wrède était pour la première solution avec donc un débarquement proche de la ville d'Umeå. Wachtmeister et Lagerbring étaient plutôt favorable à la deuxième solution avec un débarquement sur la rive nord de la rivière Skellefteå et la création de fortes positions qui attendraient la remontée de « l'armée du Nord ». Le grand amiral Puke était pour le débordement et qu'une armée surprise serait une « proie » plus facile, d'où la préférence pour la solution du général Wrède. Le grand-amiral insistait surtout sur la prise des points de passages de la rivière Ume, mais pour lui, il fallait que toutes les troupes de Kamenski soient entre les rivières Öreälven et Ume. Sur ce point, les informations étaient parcellaires. Le général Von Döbeln indiquait l'importance d'une démonstration de force de la marine particulièrement à Ratan. Ces démonstrations de forces obligeraient ainsi le général russe Kamenski à étaler ses troupes pour contrôler ses lignes de communications. Cependant, pour couvrir le secret de l'expédition, les navires suédois naviguaient dans le Qvarken et entre les îles Åland (Ahvenanmaa), c'est à dire loin des côtes.  Le conseil de guerre n'arrivait pas à se mettre d'accord et c'était, comme ses fonctions le lui permettait, le grand amiral qui prenait la décision finale. Hélas pour les Suédois et comme dans tous les cas identiques, il prenait une décision médiane en mettant en place un débarquement à Ratan, à 50 kilomètres au nord d'Umeå mais Wrède ne devait pas lancer d'offensive sans support de la flotte, soit au moins avant 3 jours après le départ de la flotte d'Hernösand[2].

 La situation des forces russes en Västerbotten

Le corps russe dit « de Uleåborg » après « l'affaire » de Hörnefors et la trêve locale de quelques jours signée entre Alexejev et son homologue suédois, Sandels, s'était installé de façon à gérer au mieux ses problèmes de ravitaillement, car il n'en avait de disponible que jusqu'au 1er septembre, du moins selon les sources russes. Le 4 août Kamenski retrouvait son commandement en arrivant à Uleåborg (Oulu). Il avait pour instruction de Barclay de Tolly, son supérieur, de maintenir le contrôle sur le Västerbotten en maîtrisant la frontière provinciale et de reprendre les hostilités avec son adversaire. Il lui était aussi impérativement prescrit de ne faire aucune négociation que ce soit avec l'ennemi. Mais très vite, le principal problème de Kamenski était de défendre les 500 kilomètres de côtes entre Umeå et Uleåborg (Oulu) car la route territoriale côtière était sa seule voie de communications et de ravitaillement. Il n'avait par contre pas la possibilité de s'opposer à un débarquement en force, d'où un choix d'établir des postes, autour des magasins-dépôts, et de n'établir qu'une surveillance sur le reste de la route. A Uleåborg (Oulu), le régiment de mousquetaires de Krementchoug se trouvait en garnison, avec ses deux bataillons ; à Torneå, un bataillon du régiment de mousquetaires de Moghilev qui avait aussi la charge de contrôler la route jusqu'à Kemi et Kalix ; ensuite, le régiment de mousquetaires de Tula prenait le relais jusqu'à Skellefteå alors qu'à Piteå un bataillon du régiment de mousquetaires de Perm était en garnison. Le colonel Frolov avec le 23e régiment de jägern était basé à Ratan et un bataillon du régiment de mousquetaires de Navaguinsk assurait la liaison finale entre le régiment de mousquetaires de Tula et les troupes de premières lignes du corps d'armée. Les régiments Tenguisk et Navaguinsk (un bataillon) étaient en réserve, à Umeå, près du quartier général de Kamenski sous le commandement du generalmajor Jerschov. Les autres unités étaient en position pour faire face au sud, c'est à dire à « l'armée du Nord » suédoise. D'ailleurs, dès que Sandels avait connaissance de l'arrivée de Kamenski à son poste, le 8 août, le suédois s'empressait de lui demander une trêve en raison de l'ouverture des négociations de paix, ce que, conformément à ses instructions, Kamenski refusait de façon indirecte. En fait, il imposait de telles conditions, par exemple libre passage à la flotte russe dans le Qvarken, que Sandels n'avait pas la possibilité d'y répondre en raison des limites de ses responsabilités.

Sur les ordres de son supérieur, Kamenski préparait une offensive vers le sud pour le 20 août. Il réorganisait son corps de la façon suivante le 14 août :

1. Sous le commandement du colonel Frolov, le 23e régiment de jägern et I/ Navaguinsk étaient en position près de Ratan.

2. Sous le commandement du generalmajor Jerschov, le régiment de mousquetaires de Tenguisk et II/ Navaguinsk occupaient Umeå

3. Un bataillon de mousquetaires de Perm occupait Piteå et un de Moghilev occupait Torneå (Tornio). Ces deux unités devaient couvrir les arrières du corps et empêcher tout débarquement ennemi !![3]

4. Le reste de son corps était disposé en deux colonnes :

La première sous le commandement du generalmajor Alexejev (régiment de mousquetaires d'Azov et I / Perm, régiment de mousquetaires de Reval et I / Moghilev), soit 6 bataillons de mousquetaires.

La seconde sous le commandement directe de Kamenski (régiment de mousquetaires de Kaluga et Nisov, 24e et 25e régiment de jägern) soit 8 bataillons.

La réserve était le colonel Sabanejev avec le régiment de mousquetaires de Sevsk et le 3e régiment de jägern, soit 4 bataillons.

Du point de vue ravitaillement, l'ordre de Kamenski à ses subordonnés était « qu'il espérait trouver les subsistances nécessaires chez l'ennemi et par l'attaque que l'on mènera le forcer à conclure la paix ». La première colonne devait passer la rivière Öreälven à 15 kilomètres de l'embouchure et forcer l'aile gauche des Suédois, supposés être commandés par le général Wrède. La seconde colonne devait forcer la position suédoise autour de la route territoriale. Les troupes se mettaient en marche de préparation et se positionnaient à 5 kilomètres des positions suédoises sur la rivière Öreälven. Au matin du 16, alors que les troupes se réveillaient et s'organisaient pour attaquer, un courrier du colonel Frolov lui indiquait «  qu'une flotte de plus de 100 navires avaient été vue près de Båkholmen et que des troupes ennemies débarquaient près de Ratan ». Aussitôt, Kamenski changeait ses plans. Seul le generalmajor Eriksson avec ses 4 bataillons[4] devait continuer l'avance vers le sud et faire des démonstrations d'attaques puis revenir sur Umeå.

 Le débarquement suédois et l'avance suédoise.

Après le conseil de guerre de la nuit du 13 au 14 août, la flotte d'invasion suédoise se dirigeait, dès le 15 août au matin, sur Ratan en passant par le Qvarken oriental afin de ne pas être aperçue. La météo semblait propice à l'avance : beau temps avec un vent poussant. Le grand amiral avait fait mettre sur plusieurs lignes ses navires avec de grands espaces entre eux afin d'éviter les accidents. Le 16 août à 6h du matin, Gaddarna était passée dans un brouillard épais qui se maintenait malgré le vent jusque dans l'après-midi. A 5 heures de l'après-midi, alors que le brouillard était levé la flotte jetait l'ancre devant Ratan.

Les roulements de bateaux pour effectuer le débarquement se mettaient alors en place et dès leurs mises en position, les postes étaient en contacts avec des cosaques, notamment vers Båkholmen. L'ordre du débarquement était les trois bataillons de chasseurs réunis, la première brigade et une batterie de 6 livres, puis les cavaliers de la deuxième brigade qui formaient l'avant-garde. Cet ensemble était sous le commandement du colonel Lagerbring. Le  débarquement durait jusqu'au matin du 17.

Avec une partie des forces débarquées, Lagerbring se pressait par la route de Djekneboda et menait, après un court combat entre 120 hommes du régiment Uppland et deux compagnies du 23e régiment de jägern russes soutenues par 2 canons, une marche sur Dalkarlsö, et au soir du 17 août, les 2e et 3e brigades avec chacune 4 canons, entraient à Djekneboda. Le régiment Uppland était envoyé avec deux canons sur Bygdeå pour protéger le flanc nord de la tête de pont, car une rumeur de marche d'une force de 2000 hommes russes venant du nord se répandait. Les Suédois faisaient construire par le personnel de la flotte autour de leur lieu de débarquement des fortifications. Le général Wachtmeister voulait éviter les difficultés de rembarquement rencontrées l'été précédent par les forces de « l'armée de Sud Finlande » Ces travaux étaient facilités par les très denses zones forestières qui entouraient la zone de débarquement. Par contre, les marches étaient rendues difficiles par l'étroitesse des routes et en particulier de la route territoriale que les forces suédoises empruntaient après Djekneboda pour marcher sur Sävar.

Après avoir appris le débarquement suédois, Kamenski réorganisait son corps pour faire face à cette menace. Le colonel Sabanejev avec le 3e jägern remontait et prenait le commandement des forces du colonel Frolov qui protégeait la zone d'Umeå et de Ratan. La force principale devenait la colonne du generalmajor Alexejev. L'ensemble réalisait un demi-tour vers le nord dès le 16 août. Le lendemain les corps russes marchaient sur leur seule voie de retraite disponible.

A Pålböle, à 4 km de Sävar, la force de Frolov faisait face à l'avant-garde  suédoise. Engagée le 18 août à 4 heures du matin, Lagerbring poussait les Russes mais se reposait ensuite pendant quatre heures, avant de reprendre sa progression. Le régiment Kronoberg était dirigé de Pålböle sur Gunnismark pour faire un détour de seize kilomètres afin de contourner la position de Sävar et de disposer d'un autre pont. Arrivées à Sävar le 18, les troupes suédoises se mettaient au bivouac alors qu'il y avait une position beaucoup plus avantageuse à Tävte[5], à dix kilomètres de là, mais le grand amiral Puke, commandant en chef de l'expédition ne voulait pas « d'avance rapide », selon les mémoires du colonel Lagerbring. Cependant, l'armée ne se mettait ni en position défensive ni en recherche d'ennemi. Wachtmeister envoyait Lagerbring au grand-amiral Puke vers 8h du soir pour demander les ordres mais il ne revenait pas le lendemain avant 10 h du matin. Le reste de la journée du 18 août se passait dans le calme pour les Suédois.

 La bataille de Sävar (19 août 1809).

Image carte Sävar

Kamenski considérait la réouverture de sa ligne de communication comme vitale. En effet, ses troupes étaient habillées de hardes, particulièrement en ce qui concernaient les chaussures et sa seule voie de ravitaillement était la route territoriale qui était maintenant coupée par l'opération suédoise. Kamenski lançait alors toutes ses forces, le 18, vers le Nord, même Eriksson après ses démonstrations étaient remontés vers Umeå. Au matin du 18, Sabanejev avait fait sa jonction avec Frolov à Tävte sans difficultés car les Suédois n'avaient pas profité de leur supériorité numérique pour pousser plus loin. Le soir entre 7 heures et minuit, tout le corps russe traversait Umeå, puis le 19 au matin entrait à Tävte. Il avait parcouru 80 kilomètres en 36 heures sans quasiment être nourri ni profité de repos. Cela avait pour conséquence de laisser de nombreux traînards, dont beaucoup cependant rejoindront leur unité respective au fur et à mesure de leur arrivée.

Alors que les troupes russes étaient dans Umeå, une flottille suédoise, composée d'une galère et de 9 canonnières, faisait son apparition dans l'embouchure de la rivière Ume. C'était le résultat de l'envoi par le grand amiral Puke d'un groupe de bateaux commandé par le capitaine Nordenskjöld pour connaître les positions russes et détruire les ponts et éventuellement prendre la ville. Arrivés vers 18 h, à l'embouchure, ces bateaux remontaient l'Ume, mais ils recevaient alors des tirs si nombreux et précis qu'ils devaient s'en retourner sans remplir leur mission. Cette opération obligeait cependant le comte Kamenski à ralentir la marche de son arrière-garde.

Wachtmeister, suite à des rumeurs de mouvements de troupes russes s'approchant de Tävte, mettait en place le 18 dans la soirée son dispositif de défense :

Le I/ Jönköping et les bataillons de chasseurs réunis étaient envoyés à Tväråmark pour « défendre et protéger les chemins partant de ce lieu ».

Le II/ Jönkoping était installé au nord ouest de Sävar, sur la rive ouest de la rivière, avec comme tâche de surveiller la région le long du ruisseau Ox.

Le I/ Södermanland était envoyé occuper le mont Krutbrånet et son bois avec des piquets de surveillances plus lointain.

Les II/ Södermanland et II/ Västmanland suivaient vers le ruisseau 0x pour être en réserve.

Tous les canons étaient positionnés sur la rive gauche du pont où se trouvait une auberge.

Le bataillon du Drottningens Livregemente —régiment de la Reine—, avec le bataillon de chasseurs réunis de la 2e brigade, était envoyé sur Ytterboda pour contrôler, grâce à des avant-postes, toutes la zone entre la mer et la route côtière et en particulier le mont Finnberg, où d'ailleurs le gros de la force s'était installé. Ytterboda était occupée par 27 hommes et un officier.

Le reste des troupes, hormis le régiment Uppland, bivouaquait dans la ville de Sävar. Il y avait donc, en raison des troupes envoyées chercher du ravitaillement et des restrictions d'effectifs moins de 5000 combattants suédois.

De son côté, Kamenski avec ses 13 bataillons, quelques cavaliers et 8 canons ne disposait que de 5000 combattants affamés mais décidés à vaincre ou mourir. Ils partaient de Tävte le 19 août à 6h du matin et marchaient le long de la route territoriale sur Sävar. Contre Ytterboda, Kamenski envoyait le juste promu generalmajor Anshelm de Gibory avec 2 bataillons[6] pour tourner le flanc suédois par le sud est.

A 6h30, l'avant-garde conduite par Sabanejev repoussait les premières avant-gardes suédoises au sud du mont Krutbrånet[7]. Les Russes se déployaient rapidement et se lançaient à l'attaque de la position du I/ Södermanland que commandait le colonel Hercules et du I/ Jönkoping[8]. Frontalement, le 23e régiment de jägern et le régiment de mousquetaires de Sevsk se heurtaient à une forte résistance malgré une grande disproportion de forces. Cela semblait être dû en grande partie à la présence du colonel Hercules, qui raffermissait les volontés faiblissantes de ses troupes. Dans les bois denses qui étaient à la droite du bataillon suédois, les jägern russes du 23e régiment entraient et obtenaient une position favorable, mais même s’ils ne pouvaient exploiter la situation, ils monopolisaient l'attention du chef suédois. Ils étaient même bombardés, sur ordre de Kamenski, par l'artillerie russe car celui-ci jugeait qu'ils ne progressaient pas suffisamment vite !! Finalement, Wachtmeister faisait reculer ses troupes en ordre derrière la rivière Sävarå. Cela engageait sa deuxième ligne (II/ Södermanland et II/ Västmanland) et de plus en plus de troupes faisait face à cette attaque sur le mont Krutbrånet. Le I/ Jönköping récupéré et après un repos bien mérité était envoyé sur Tväråmark, comme plus tard le I/ Kronoberg et le livgrenadierrusthålls bataljon.

Kamenski lançait ses forces contre la position centrale, sur la colline devant la rivière[9], dès qu'elles arrivaient. Les troupes menées par Alexejev échouaient pendant deux heures, entre 9h et 11h du matin, malgré l'appui de deux pièces d'artillerie[10] et des tentatives de débordements par le 3e régiment de jägern. Cette supériorité permettait aux Russes de prendre le sommet mais l'engagement de réserves suédoises par petits paquets (le I/ Kronoberg) repoussait les forces de Kamenski du sommet. Il fallait attendre la troisième attaque pour que le sommet du mont Krutbrånet reste entre les mains russes.

Pendant ce temps, Ansehlm de Gibory se dirigeait vers Ytterboda, par un chemin forestier, puis traversait à gué la rivière Sävarå à 8 kilomètres au sud de Sävar. Au passage du gué, un violent combat s'engageait entre les 28 hommes du piquet du régiment Drottningen, mais la masse de plus de 800 hommes les obligeaient à reculer et à prévenir leurs supérieurs. Bientôt les deux bataillons suédois étaient postés sur le Finnberget. Le Svea livgardet bataljon—bataillon de la garde de Suède (1er bataillon de la Garde royale) — était envoyé par Wachtmeister. Un ordre aussi accompagnait ce renfort : «  résister jusqu'à l'extrême limite ». La force de de Gibory était alors bloquée dans les hauteurs boisées du Finnberget.

Vers midi, Kamenski était désespéré, ses troupes même si elles avaient pris le sommet du mont Krutbrånet ne pouvaient percer car la route était défoncée, les troupes exténuées, les pertes importantes et les bois en avant de la rivière occupés par l'ennemi. C'était à ce moment là que le capitaine Schreider un officier d'état-major du régiment Sevsk, qui avait été envoyé en reconnaissance par Sabanejev pour voir la position de flanc avait poussé de lui-même jusqu'à la rivière et sur la rive nord de celle-ci. Il n'avait vu aucun poste suédois. En revenant à l'état-major, il proposait de passer par là et de prendre de flanc la position suédoise. Le problème de Kamenski était qu'il n'avait plus de troupes disponibles jusqu'à l'arrivée du bataillon de Perm. Il prélevait 2[11] compagnies. Ayant traversée la rivière sans encombres la force se divisa en deux : les mousquetaires de Perm partaient vers Sävar alors que ceux de Reval progressaient vers le Finnberget. Ces troupes avaient aussi ordre de faire le plus de bruit possible afin de faire croire à la présence d’un grand nombre de soldats.

Au sud, c'était le Svea Garde qui stoppait l'attaque des compagnies de Reval mais le moral commençait à flancher. Au nord, à Sävar, alors que le général Wachtmeister était à l'est du pont sans réelle inquiétude sur le déroulement de ce qui apparaissait être une victoire, car 5 bataillons étaient encore en réserve, un officier d'état-major, le stabadjudant Lefrén arrivait et lui annonçait qu'une colonne russe avait franchi la rivière, avait coupé les liaisons avec Ytterboda et marchait contre Sävar. Après analyse mais sans chercher à connaître la taille de cette colonne, il ordonnait le repli des troupes du mont Krutbrånet sur Sävar, puis vers  Djekneboda. Il était 4 heures de l'après midi. Une arrière-garde constituée des 2 bataillons de Livgrenadierregimentrothålls bataljon, de II/ Kronoberg  et 2 canons protégeaient la route des jägern russes qui suivaient les troupes suédoises. Toutes les troupes, y compris celles de Pålbole et Finnberget se repliaient sur Djekneboda, bourg atteint par les dernières troupes à 11 h du soir, où le régiment Jönköping veillait à la bonne évacuation des blessés par Dalkarlså sur Ratan.

Les Russes ne poursuivaient pas, même s'ils n'arrêtaient pas leur avance car leur objectif était de libérer leur voie de communication.

Les combats avaient été rudes et engagés, de nombreux officiers étaient tombés parmi eux les généraux russes Gotavtzov (tués) et Alexejev (blessé)

 La bataille de Ratan (20 août 1809)


Après la retraite, Wachtmeister avait décidé de se replier sur Ratan, dont les positions « fortifiées » et l'appui de la marine lui donnait l'impression d'être un havre de paix. Wachtmeister semblait, selon les témoins, désappointé. De leur côté, les Russes se reposaient peu et recherchaient à tourner les Suédois. A 5h du matin le 20 août, alors que les derniers suédois évacuaient Djekneboda, les premiers russes s'y montraient.

Pendant ce temps, le colonel Cedergren avait été envoyé prévenir le grand amiral Puke de la défaite et que l'armée se repliait vers Ratan, où elle se trouverait tôt dans la matinée. A Djekneboda, le colonel Cedergren avait rencontré certaines troupes de marine, des artilleurs surtout avec des obusiers, et il leur avait fait rebrousser chemin. C'était un peu avant minuit qu'il réveillait le grand-amiral. La surprise était grande, mais le grand amiral ordonnait de prendre place sur la zone protégée avec la marine autour. Le Régiment Engelbrecht était l'unité qui protégeait l'accès à Ratan. Le régiment Uppland lui revenait de Bygdeå sans avoir vu la moindre troupe russe, alors que les troupes qui avaient tenu le Finnberget lors de la bataille de Sävar avaient rejoint après une traversée de bois et de marécages le reste de l'armée.

Les Suédois organisaient alors leur défense sur chacune des trois routes menant à Ratan venant de Dalkarlså, de Djekneboda ou de Ratu. D'abord avec un avant-poste de 52 hommes arrivant à Ratan, puis un poste de défense de « 1 capitaine, 3 officiers subalternes et 300 caporaux et soldats »[12] qui se situait dans les premières fortifications de campagnes construites à la hâte lors du débarquement par les troupes de marines. Le reste de l'armée s’était replié sur la deuxième ligne de défense et sur l'avancée de terre. Là, toute la marine pouvait supporter les troupes à terre.

Côté russe, Kamenski envoyait ses blessés sur Täfte[13] puis tentait d'avancer et à sa grande surprise ne voyait pas de résistance forte de la part des Suédois à Djekneboda. Il continuait ainsi sur Bygdeå pour s'éclairer mais découvrait que l'ennemi se repliait sur Ratan au matin du 20 août. Il envoyait Kosatschkovski avec une avant-garde vers Dalkarlså et Sabanejev avec une par la route secondaire sur Ratan. Kamenski suivait Sabanejev avec deux obusiers. Le reste de l'artillerie russe et tous les chariots marchaient sur Bygdeå. A 2h de l'après-midi, le négociateur expérimenté Anshelm de Gibory se présentait aux avant-postes suédois et demandait à être reçu par Wachtmeister. Ce dernier lui faisait cette grâce, mais était très surpris de voir l'ultimatum porté par le général russe : Les Suédois devaient rembarqués sinon ils seraient attaqués. Selon Nordensvan, Wachtmeister répondait tranquillement « l'armée suédoise n'a pas l'intention de subir la loi de son ennemi ». Kamenski retrouvait vers 2h30 son officier et lançait à 3h son attaque malgré une infériorité marquée en artillerie.

L'attaque russe démarrait par un écran de jägern qui sortait des bois en provenance de toutes les routes. Les avant-postes suédois se repliaient en ouvrant des champs de tirs aux canons suédois. Très vite, les tirs d'artillerie suédois commençaient à éclaircir les rangs russes, dont les deux obusiers russes qui étaient détruits sur la route de Dalkarlså. Après cinq heures de tirs, les Russes se repliaient jusqu'à Dalkarlså et Djekneboda.

Aucune troupe suédoise ne les suivait. Au matin du 21 août, Wachtmeister envoyait un parlementaire pour proposer une trêve pour enterrer les morts, qui empestaient l'air, et de soigner les blessés la plupart russes, mais l'offre était repoussée par Kamenski[14]. Les troupes suédoises embarquaient et la flotte s'éloignait, tout en restant visible, « afin de ne pas être importunée », selon le rapport de Wachtmeister au roi.

Les pertes des combats du 19 et 20 août 1809, pour les Suédois, se montaient à 29 officiers (dont 6 morts et 5 prisonniers), 877 sous-officiers et soldats (dont 399 morts et 80 prisonniers) dans l'armée de terre et 6 officiers (dont 1 mort) et 112 maîtres et matelots (dont 16 morts) dans la flotte. Les Russes reconnaissaient la perte de 39 officiers, dont 5 morts (dont le général Gotovtsov) et 33 blessés (dont le général Alexejev) et 1500 hommes, dont 150 à Ratan, A cela il faut ajouter 570 prisonniers, dont 300 étaient des traînards ou des blessés abandonnés. Kamenski avait ouvert sa route mais n'était pas en mesure de rester sur place. Il remontait donc plus au nord le plus rapidement qu'il le pouvait car il pensait être poursuivi.


Les combats de « l'armée du Nord » pendant ce temps et la fin des combats terrestres

« L'armée du Nord » qui n'était plus une force très importante était cependant un élément important de l'action prévue par l'état-major suédois. Après la conférence d'état-major du 13-14 août, Wrède était retourné à son quartier général en pensant que le débarquement se ferait autour du 20 août. Il ne faisait donc rien pour tester son adversaire, qui lui cherchait à le forcer. C'était les actions d'Eriksson sur la rivière Öre.

Le 18 août au matin, les avant-postes suédois l'informaient que les Russes avaient cessé leurs attaques et même avait disparu de la rive nord de la Öre. Wrède, qui ne disposait d'aucune information sur un débarquement ami hésitait à lancer ses troupes même s'il demandait à se préparer à traverser la rivière.

Ce n'était que le 20 août dans la nuit qu'il lançait ses troupes prudemment vers le nord. Le I/ Savolak avait traversé, à gué, le fleuve et trouvait des bacs pour faire traverser trains et chariots. La route avait eu tous ses ouvrages d'art méticuleusement détruits et cela rendait la progression pénible pour « l'armée du Nord ». Le 21 à midi, les Suédois se trouvaient à Stöcksjö, à 5 kilomètres de la rivière Ume, quand les troupes de Von Döbeln revenait d'une courte campagne militaire dans le Jämtland les rejoignaient. L'armée de Wrède se montait maintenant à environ 4000 hommes. Le soir, les troupes découvraient sur la rive nord de la rivière, à Tegsby une position fortifiée qui disposait de nombres de canons en positions. Ne pouvant passer ailleurs, les troupes attaquaient cette position défendue par des bouts de bois noircis !! Des Dragons de Carélie découvraient des Russes, les bataillons d'Eriksson, qui reculaient alors précipitamment vers le Nord.

Ce n'était qu'à cette date, le 22 août, que Wrède recevait des informations sur la campagne du corps de Wachtmeister. Ces nouvelles venaient directement du grand-amiral Puke par une galère. Il décidait donc de stopper son avance.

Kamenski malgré la menace maritime, décidait de porter à 7 bataillons[15] l'arrière garde d'Eriksson, le 22 août en raison de la menace qui venait du sud. Cependant le 23 août, Kamenski faisait évacuer Umeå, mais laissait durant toute la journée un bataillon du 24e jägern sous le commandement du lieutenant-colonel Karpenkov tirailler sur la rive nord de la rivière Ume, puis la position de repli de son arrière-garde était Djekneboda le 24. Les troupes russes atteignaient à bout de force Piteå le 29 sans qu'aucun suédois ne les poursuivît.

Le 24 août 1809 Umeå était occupée par le I/ Savolak avec un avant poste qui continuait sur Sävar, où il trouvait nombre de blessés russes et suédois laissés aux soins du bourg ou sans soins. Pendant ce temps, la flotte d'invasion suédoise arrivait dans le port d'Umeå, sauf une frégate et six canonnières, qui sous le major von Hauswolff, étaient envoyées avec 250 hommes embarqués jusqu'à Piteå pour enlever des chariots russes et casser les ponts. Le 25, cette flottille arrivait en vue du bourg mais était repoussée par la garnison qui profitait parfaitement du terrain. Elle retournait alors vers le sud ce qui décidait le commandement russe de lancer avec succès 13 bâteaux de ravitaillement vers Piteå. Le 27, 1500 hommes de la grande flotte suédoise retournaient par mer sur Ratan et débarquaient. Le 29, ces troupes faisaient la liaison avec celles de Wrède, mais aucune opération d'envergure n'était planifiée.

Au contraire, le grand amiral Puke, commandant en chef de l'ensemble des deux armées, envoyait le général Sandels à la rencontre du comte Kamenski le 30 août pour la négociation d'une trêve. Les deux généraux se rencontraient le 2 septembre à l'auberge de Frostkåge, à 19 kilomètres au nord de Skellefteå. Elle était mise en place dans les conditions suivantes :

1. L'armistice est valable pour toute la durée des négociations de paix en cours.

2. Les troupes russes se posteront à Piteå avec un avant-poste à 20 kilomètres au sud (à Jävre), les Suédois à Umeå, avec un avant-poste à Ricleå (58 kilomètres au nord).

3. La flotte suédoise quittera le Qvarken et ne devra attaquer durant la trêve ni les îles Ålands ni les côtes finlandaises.

4. Les deux armées ne devront pas augmenter leurs effectifs durant la trêve.

5. Les navires désarmés pourront librement circuler durant la trêve dans le golfe de Botnie.

6. En cas de rupture des négociations de paix, la déclaration de réouverture des combats doit avoir lieu deux semaines avant la réouverture des hostilités.

Kamenski confiait à un navire suédois la transmission de cette offre à Barclay de Tolly afin d'en accélérer la mise en place. Mikhailovski-Danilevski cite le rapport de Kamenski à Arakcheyev, le ministre d'état de la Russie, du 20 août (date russe) qui expliquait que « la retraite était nécessaire car la marine suédoise le menacait en permanence d'un nouveau débarquement dans son dos, qu'il est en infériorité numérique et qu'il manque de tous ». Ces remarques et le rapport de son activité semble avoir été très convainquant puisque le comte Kamenski se voyait remettre l'ordre de Saint Alexandre Nevski avec diamants et 12 000 roubles pour sa victoire de Sävar et ses opérations en Västerbotten alors qu'il venait de négocier une trêve avec l'ennemi !

Du côté suédois, seuls les bataillons de Lifgrenadiers, une batterie de six livres, deux obusiers de « l'armée de la Côte » étaient transférés à « l'armée du Nord ». Le reste était ramené au port de Roslage où l'opération avait débuté une quinzaine de jours plus tôt avec plein d'espoir.

Conclusion

On peut dire que cette campagne fût gâchée par un commandement très peureux et très angoissé. Cela provoquera des tensions internes mais aussi des manquements graves à la bonne gestion militaire ( reconnaissances non effectuées., obsession de la stratégie défensive...). Le résultat sera que le corps russe très avancé, qui n'aurait jamais dû s'en sortir réussira à passer même s'il devra fuir très vite vers le Nord et repasser dans le duché de Finlande tout en subissant une attrition ( perte de forces hors d'un champ de bataille par une unité militaire) extrêmement importante. Cependant, l'honneur est sauf. Malgré tout, en dépit de cette échec, l'objectif initial est quasiment atteint du point de vue politique. C'était du point de vue diplomatique le plus important : obtenir des gages pour la négociation de la paix avec la Russie.

Annexes :

1) Ordres de bataille

a) armée russe

Forces russes à Sävar sous le commandement du général comte Kamenski (19 août 1809)

Avant-garde : colonel Sabanejev

1er colonne général-major Alexejev

Réserves

Détachement général-major Anshelm de Gibory (b)

3e régiment de Jägern (2btl)

1ere colonne de marche :
général-major Jerschov (a)

Régiment de mousquetaires de Perm (1)(c)

Régiment de mousquetaires de Tenguisk(2)

23e régiment de Jägern (2btl moins 1 compagnie)

Régiment de mousquetaires de Navaguinsk (1)

Régiment de mousquetaires de Reval (1)

Régiment de mousquetaires de Tenguisk (1)

Régiment de mousquetaires de Moghilev(1)

Régiment de mousquetaires de Sevsk (1)

Régiment de mousquetaires de Reval ( 1)

2e colonne de marche: général-major Gotovstov

Artillerie : 8 pièces de 6 livres

Régiment de mousquetaires de Azov (1)

Régiment de mousquetaires de Sevsk (1)

(a) Nordensvan note qu'il aurait été remplacé par Kosatschkovski et disposerait des 2 bataillons du régiment de Reval et non d'un seul

(b) L'ensemble fait 850 hommes. Le deuxième bataillon  est réduit à 3 compagnies en raison du nombre des pertes mais Mikhailovski-Danilevski ne le donne qu'à deux compagnies.

(c) N'arrive de Umeå que tardivement lors de la bataille de Sävar

b) armée suédoise

Forces de batailles du corps du  général Gustaf Wachtmeister Août 1809

1. brigade Överste Fleetwood
(2192 hommes)

2. brigade Överste Boye(1985 hommes)

3. brigade Överste Löwenhjelm (2298 hommes)

Cavalerie et artillerie

Södermanlands Rgt (2) (710 h)

Svea Livgarde (1) (334 h)

Upplands Rgt (2) (840 h)

Lifgardet till Håst (108) (b)

Jönköpings Rgt (2 et Vargerings Btl)(1050)

Drottningens Livregemente (1) (478) (a)

Livgrenadierrgtet Rothålls (1458 pour l'ensemble du régiment)

 

Västmanlands Rgt (1) (432)

Kronobergs Rgt (2) (728)

Livgrenadierrgtet  Rusthålls

 
 

Engelbrechts Rgt (1) (445 )(a)

 

12 canons et 4 obusiers en deux batteries

(a) Ces unités sont constituées de soldats allemands

(b) dont 50 non montés attachés dès le débarquement à la troisième brigade

L'ensemble fait 234 officiers, 7 375 sous-officiers et hommes de troupes, 229 chevaux de cavalerie et d'artillerie.

La flotte de haute mer (Örlogsflottan) avait mis à disposition, 2 navires de lignes et 1 frégate. La flotte côtière (skärgårdsflottan) prêta 52 embarcations de tailles diverses. Cela faisait 2500 hommes, plus 989 soldats de bords. Ces derniers étaient pour la plupart des hommes de la Landtvärn.

Dès le débarquement, les Jägern des bataillons furent rassemblés en 3 bataillons, qui formèrent la 4e brigade. Elle disposa en outre de 50 cavaliers.58 autres furent détachés pour le service d'état-major.

2) Sources bibliographiques

Dans cette bibliographie, le Français est rarement utile alors pour les Francophones qui ne parlent que la langue de Molière, courage et de l'abnégation seront nécessaires. C'est d'ailleurs un peu pour vous que j'ai fait cet ouvrage.

Le travail repose sur les ouvrages suivants :

Lt-Général Alexander MIKHAILOVSKI-DANILEVSKI, Russo-Swedish War of 1808-1809, volume 1 January -october 1808,traduction en anglais de A. MIKABERIDZE, 2006, The Nafziger Collection, West Chester , USA, 2006.


Note importante: Cet ouvrage, malgré la précieuse aide qu'il m'a apportée grâce notamment au fait qu'il était dans une langue plus intelligible pour moi, il doit être pris avec précaution. En effet, de nombreuses fautes et erreurs se sont glissées à l'intérieur ce qui m'a posé quelques problèmes. De plus, il ne couvre que les 12 premiers chapitres de l'ouvrage ci-dessous. Par contre il est agrémenté de nombreux ordres de batailles.

Lt-Général Alexander MIKHAILOVSKI-DANILEVSKI, Finska Kriget till lands och sjös åren 1808 och 1809, Traduction en suédois de G. NORDENSWAN, 1850, Tavastehus

Generalstabens Krighistoriska Afdelning, Sveriges Krig Aren 1808 och 1809, 1890-1912. C'est la base pour avoir la vision suédoise.

Carl Otto NORDENSVAN, FINSKA KRIGET 1808 1809, Stockholm, 1858. Ce livre se base, pour l'analyse historique, sur la vision russe donnée par l'ouvrage de MIKHAILOVSKY-DANILEVSKI et pour la vision suédoise aux rapports divers suédois. Il les compare avec de nombreux témoignages et d’autres données de militaires suédoises. C'est un ouvrage fundamental pour l’étude de cette guerre. On peut aussi le trouver en version numérique sur le site du Project Runeberg http://runeberg.org/

Gustav BJÖRLIN , Finska Kriget 1808 och 1809

Alexander MIKABERIDZE, The Russian Officier Corps in the Revolutionary and Napolenic wars, 1792-1815, Spellmont, Staplehurst, New Yorck, 2005

J.E.O. SCREEN The Army in Finland During the Last Decades of Swedish Rules,  SKS/ Finnish Literature  Society , Helsinki, 2007. C'est un formidable ouvrage qui explique tout le fonctionnement de l'armée suédoise.

Armémuseum, Meddelande 58-59, Between the Imperial Eagles, Swedens Armed Forces during the Revolutionary and the Napoleonic Wars 1780-1820, Stockholm, 2000. Cet ouvrage édité en anglais par l'Armémuseum est une analyse poussée des aspects de la Suède et du Danemark dans leurs conflits de cette période.

J. MANKELL, Uppgifter rôrande Svenska Krigsmagtens Stryka, Sammansättning och  Fördeling sedan Slutet af Fentonhundratalet, jemte Översigt af Svenska Krigshistoriens Vistiqaste Händelser under samma Tid , Stockholm, 1865. Cette édition concerne les retours des ordres de batailles des forces suédoises. C'est le point de vue issu des rapports des forces armées. C'est une véritable bible.

W. JAMES, Naval History of Great Britain, Volume V 1808-1811, Londres, 1902 et trouvables sur Internet en ouvrages ou directement en texte

Les articles et sites web suivants ont été utilisés

Le site du projet Runeberg de l'université de Linköping : http : //runeberg.org.Il m'a permis d'obtenir le livre de C. O. NORDENSVAN.

Rein Helme, Finska Kriget 1808-1809 och krigskonstens utveckling

Magnus Olafsson,Svenska Infanteriets stiddoktriner 1784-1813,  Lunds Universitet Historiska institutionen, Thèse d'histoire 98120

Göran Frilund, Napoleon's Series Reader's Articles General Count Johan Adlercreutz (1757-1815)

Göran Frilund, Napoleon's Series Reader's Articles : Wars, Campaigns & Battles :The Union's Last War : The Russian-Swedish war of 1808-1809, The Napoleon's Series / http://www.napoleon-series.org

Göran Frilund (site) http://www.multi.fi/~goranfri/index.html

Je dois aussi remercier Lars ROSSLE qui m'a permis par son site d'acquérir de nombreuses cartes d'époques. http://hem.bredband.net/laros6006/

Pour la question de la description de la correspondance des noms, deux sites m'ont été précieux : Le premier permettait de situer les noms et le deuxième permettait grâce à sa grande précision de fixer la correspondance.

http://www.maproom.org

http://kansalaisen.karttapaikka.fi

Un site pour joueur de simulation historique qui s'appuie sur des données et des explications précises : http://www.the-ancients.com/gemigabok/suomensota/refight_lvirta.php

Notes:

[1]   Svenska Krigmasgtens, J. Mankell, n'576 et 604-609

[2] NDLA : on peut noter que ce principe de conseil de guerre était très à la mode dans les armées à l'époque, sauf la française, où le commandant en chef imposait sa volonté à ses subordonnées. C'était le même phénomène qui amenait l'armée prussienne en 1806 à connaître les terribles journées du 10 au 14 octobre 1806. Il l'était aussi dans les armées coalisées et cela jusqu'en 1918, où il fallut les terribles offensives allemandes du printemps pour faire comprendre aux alliés de cette importance, mais là il y avait comme à Leipzig en 1813 ou à Austerlitz en 1805 plusieurs nations importantes.

[3]    D'après Mikhailovski-Danilevski, les bataillons devaient être en mouvement sur la zone côtière et se porter assistance. Il me semble que cela fait un peu prétentieux de vouloir défendre 500 kilomètres avec deux maigres bataillons.

[4]    24e et 25e régiment de jägern.

[5]    Apparaît aussi sous le nom de Täfte ou Tafteå (nom actuel)

[6]    Les données sont assez contradictoires suivant les sources mais l'ensemble groupait 2 entités dont une connue,  un bataillon du régiment de mousquetaires de Tenguisk et une autre à trois compagnies. L'ensemble faisait au plus 850 hommes et non 1000 comme le dit  Nordensvan.

[7]    Selon Mikhailovski-Danilevski, la distance était de 3 verstes (kilomètres) et le combat avec le I/ Södermanland à 2,5 verstes (kilomètres) sur une colline

[8]    La présence du I/ Jönköping n'est pas indiquée par les historiens russes ou suédois mais par des témoins directs

[9]    Cette colline fait partie maintenant de la ville de Sävar.

[10]   Les sources sont très contradictoires. Certaines parlent d'un obusier et d'une pièce de 12 et les autres de pièces d'artillerie légères.

[11]   Nordensvan indique que 3 compagnies furent prélevées.

[12]   Ordre de Puke cité par Nordensvan.

[13]   Ou Täfteå

[14]   En fait, il demandait des conditions telles que l'accord ne pouvait être trouvé. Il demandait ici le retrait de la flotte suédoise du golfe de Botnie.

[15]   Selon Mikhailovski-Danilevski, à cette date l'arrière garde d'Eriksson se composait de un bataillon des régiments de mousquetaires de Sevsk, Azov, Tenguisk et Navaguinsk et deux bataillons de jägern russes du 24e régiment et de quelques cosaques.

 

Placed on the Napoleon Series: October 2010

 

 

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