Military Subjects: Battles & Campaigns


La course vers le Rhin

Situation

Le guet-apens Austro-Bavarois

30 octobre

31 octobre

Une Victoire

Hanau: La Campagne de Prusse de 1813

By Jean-Yves CELLE

Fin 1812, le désastre de la campagne de Russie a entraîné la défection du corps d'armée Prussien du général York affaiblissant considérablement l'aile gauche de la Grande Armée commandée par Macdonald. York livre de ce fait la Prusse orientale aux Russes. A l'aile droite Schwarzenberg commandant le corps autrichien attaché à la Grande Armée manoeuvre de façon à isoler les troupes placées sous le commandement du général Reynier. Sur le plan diplomatique la Prusse et l'Autriche mènent un double jeu et assure l'empereur Alexandre de toute leurs sympathie. Dans la confédération Allemande les poussées nationalistes et libératrices sont de moins en moins contenues par les troupes françaises. Napoléon de retour à Paris mi décembre 1812 reconstitue une armée de prés de 500.000 hommes en 3 mois d'intense préparatifs.

Le 16 mars la Prusse déclare la guerre à la France, c'est le signal de la révolte Allemande contre Napoléon. Les appels de Blucher ou Wittgenstein s'adressent à tous les Allemands mais visent particulièrement les Saxons qui restent cependant fidèles à leurs engagements passés avec Napoléon. Les rois de Bavière et de Wurtemberg également sollicités restent encore dans la confédération. Après avoir confié les pouvoirs de régence à Marie Louise, l'empereur Napoléon quitte la France le 15 Avril pour Lutzen où il arrive le 1 Mai. - Le 2 Mai, à Lutzen, Napoléon bat une armée coalisée commandé par Wittgenstein. - Les 20 et 21 Mai il bat à nouveau les alliés à Bautzen. A la suite de ces défaites les Autrichiens proposent un armistice conclu le 4 Juin à Pleiswitz entre la France, la Prusse et la Russie. Aucun accord ne parvenant à sortir de l'armistice les hostilités reprennent le 17 Août. Entre temps Bernadotte à rejoint la coalition et devient généralissime de l'Armée du Nord. - Le 23 Août Oudinot est battu à Gross Beeren - Les 26 et 27 Août Napoléon bat les coalisés à Dresde mais Macdonald est vaincu à la Katzbach - Les 29 et 30 Août Vandamme est battu à Kulm - Le 6 septembre Ney est battu à Dennewitz où la moitié du corps Saxon et une division Bavaroise passent à l'ennemie. Le mois de septembre et la première quinzaine d'octobre voient une succession de regroupements et de manoeuvres stratégiques. Puis c'est la succession des batailles autour de Leipzig où l'Empereur tente d'éviter l'écrasement de ces forces (150.000 hommes) par celles des coalisés qui souhaitent réunir les Armée du Nord et de Bohème (300.000 hommes) contre la Grande Armée afin de l'anéantir. Les combats durent trois jours: - le 16 octobre bataille frontale de Wachau au résultat indécis - le 17 octobre concentration autour de Leipzig - le 18 octobre offensive alliée, défection des Saxons et de la cavalerie Wurtembourgoise; c'est la défaite ... - le 19 octobre la retraite commence ...

La course vers le Rhin

Après la défaite de Leipzig, l'Empereur ne peut envisager d'autre scénario que celui de fin 1812 : se regrouper en France, reprendre des forces et continuer le combat mais les conditions ont évoluées : la Confédération du Rhin n'existe plus, la Grande Armée est une armée de conscrits, hormis quelques rares exceptions et les maréchaux et généraux qui ont commandés en chef durant cette campagne ont tous été battus sauf ceux enfermés dans les places fortes.

De plus, le mouvement de libération en Allemagne se manifeste maintenant au grand jour et les ligues anti-française se multiplient. Au nord-est contenu par l'arrière garde d'Oudinot plus de 270.000 Autrichiens, Russes et Prussiens menacent d'écraser les restes de la Grande Armée. Il importe donc de retrouver au plus vite les rives hospitalières du Rhin et de se regrouper à Mayence. Pour se faire la route choisie sera celle suivie par la majorité des troupes à l'aller de la campagne : Erfut , Eisenach, Fulda, Francfort, Gelnhausen et Mayence.

Cependant sur la route à mi chemin entre Gelnhausen et Mayence se trouve Hanau où le général de Wrède, (ancien allié des Français) à la tête d'un corps austro-Bavarois d'environ 45.000 à 50.000 homme, s'est donnée pour mission de couper la route du retour à l'armée Française.

Du 23 au 25 Octobre, A Erfurt, Napoléon réorganise les débris des différents corps rescapés de Leipzig et décide de marcher sur Mayence dés le 26 Octobre. L'ordre de marche est le suivant:

A l'avant garde: - Le 2ème corps de cavalerie de Sébastiani et la division de cavalerie légère de Lefèbvre-Desnouettes. - Immédiatement derrière, le 2ème corps de Victor et le 11ème corps de Macdonald.

Puis suit le gros des troupes: - Les débris du 6ème corps de Marmont ainsi que ceux des 3ème et 5ème corps et des divisions Durutte et Semélè. - L'infanterie de la vieille garde et la réserve d'artillerie commandées par Drouot, Friant, Curial et Dulauloy, l'Empereur et le quartier général. - Le 1er corps de cavalerie et la grosse cavalerie de la garde commandée par Nansouty. - La réserve d'artillerie.

A l'arrière garde, à deux jours de marche: - Le 3ème corps de cavalerie du duc de Padoue, quatre divisions de jeune garde sous Oudinot et Mortier. - Le 4ème corps commandé par Bertrand, avec les débris du 4ème corps de cavalerie et ceux de la division Guilleminot et de la brigade Morio.

Au total, environ 70.000 hommes en armes et 30.000 hommes désarmés, fricoteurs et autres troupes débandées.

Selon certain 'la colonne de l'armée occupait une étendu de 16 lieues'. La marche en fut très rapide, en effet le temps pressait et il fallait braver le froid, la pluie et la faim pour passer sur le ventre des Bavarois qui se massaient devant Hanau ou renoncer à revoir la France. En cinq jours, la colonne parcourt les 50 lieue qui séparent Erfurt de Hanau.

Situation géographique de Hanau

La ville de Hanau est contournée au nord et à l'ouest par la rivière Kinzig qui se jette dans le Main au Sud. Au nord-ouest de la ville, séparée d'elle par la Kinzig se trouve une colline. Tout autour de la ville une plaine plus ou moins marécageuse à cette époque de l'année. Au delà de la plaine du nord-ouest au sud-est des bois et des forêts. La route venant de Erfurt via Gelnhausen traverse les forêts de Puppen et de Lamboi au nord-ouest et contourne Hanau par le nord sur la rive droite de la Kinzig puis poursuit vers Francfort à l'ouest.

Le guet-apens Austro-Bavarois

Le 28 Octobre une brigade de cavalerie légère formant l'avant garde de De Wrède s'empare de Hanau. Le lendemain le gros de l'armée Austro-Bavaroise occupe la ville et De Wrède dispose ses troupes en vue de l'attaque imminente. Il sait que l'armée Française se dirige sur Hanau par la routes de Gelnhausen et il pense que la Grande Armée est totalement désorganisée par la poursuite de l'armée de Bohème. En fait, après Leipzig les alliés ont tergiversés et la retraite Française ne s'est pas transformée en déroute, ce que De Wrède ignore.

Son armée forte de 40.000 à 45.000 hommes se compose de deux divisions d'infanterie bavaroise, de deux divisions d'infanterie autrichienne, d'une division de cavalerie bavaroise et d'une division de cavalerie autrichienne. Son artillerie est répartie dans les brigades d'infanterie et de plus chacun de ses corps dispose d'une réserve d'artillerie. En tout environ 40 bataillons, 50 escadrons et 100 canons. En outre il dispose d'une force austro-russe qui ne fait pas partie de son armée d'environ 20 escadrons en majorité de cosaques, de partisans russes et du Streifcorps du colonel Mensdorf. L'armée austro-bavaroise est ainsi disposée:

L'aile droite: 14 bataillons - Le régiment d'infanterie autrichienne Szekler dans la forêt de Lamboi. - La 2ème division d'infanterie bavaroise (Beckers) sur les deux rives de la Kinzig - Le régiment d'infanterie autrichienne Jordis derrière la division Beckers.

Le centre: 9 bataillons 4 escadrons 2 batteries sur la colline - La 3ème division d'infanterie bavaroise (Lamotte) sur deux lignes, l'aile gauche appuyée sur la route de Gelnhausen. En première ligne la brigade Von der Stockh en deuxième ligne la brigade Deroy. Des tirailleurs son embusqués en avant garde dans la forêt de Lamboi. - Le régiment de hussards autrichiens Szekler à l'aile droite de la division Lamotte.

L'aile gauche: 5 bataillons, 46 escadrons et 2 régiments de cosaques - 28 pièces d'artillerie des deux cotés de la route. - Derrière la ligne d'artillerie, la cavalerie austro-bavaroise sur trois lignes. - En première ligne, les chevaux légers bavarois (23 escadrons : de droite à gauche la 3ème brigade (Diez), la 1ère brigade (Bierreg) puis la 2ème brigade (Ellbracht)) - En seconde ligne, les régiments autrichiens de dragons Knesevich et les cuirassiers de Lichtenstein. en tout 10 escadrons. - En troisième ligne, les régiments autrichiens de hussards de l'archiduc Joseph et les uhlans de Schwarzenberg en tout 12 escadrons. - En soutien de l'artillerie le régiment d'infanterie autrichienne Archiduc Rudolph - A l'extrême gauche et au nord du dispositif, le troisième bataillon de chasseurs à pieds autrichiens. - En arrière et à gauche les partisans russes et le Streifcorps de Mensdorf.

En réserve: 8 bataillons, 3 escadrons et une dizaine de canons - La brigade de grenadiers autrichiens (Klenau) sur la rive gauche de la Kinzig faisant face à la colline. - La brigade de grenadiers autrichiens (Diemar) dans Hanau - Différent détachements de cavalerie sur la route de Francfort et au sud-est de Hanau.

La disposition semble peut judicieuse, l'infanterie est adossée à une rivière avec un seul passage à l'extrême droite, la cavalerie n'est pas masquée, les troupe sont disséminée ...

Le 30 octobre - 1ère bataille de Hanau

Dans la nuit du 29 au 30 octobre, Napoléon qui se trouve au château d'Isembourg près de Gelnhausen, a la certitude que De Wrède s'est placé, en potence, devant Hanau pour lui barrer la route de Francfort. Des reconnaissances effectuées par la cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes et des renseignements obtenus de traînards bavarois faits prisonniers concordent dans ce sens. L'Empereur dispose dans l'immédiat du deuxième corps de cavalerie commandé par Sébastiani, des onzième et cinquième corps d' armée commandés par Macdonald, du deuxième corps d'armée commandé par Victor, de l'infanterie de la vieille garde commandée par Friant et Curial, de l'artillerie de la garde commandée par Drouot et de la cavalerie de la garde, commandée par Nansouty. En tout environ 20.000 hommes. Marmont, avec les troisième et sixième corps et la division Durutte, est à une journée de marche; Bertrand avec le quatrième corps et la division Guilleminot à près de deux jours de marche. Le premier corps d'armée et le deuxième sont à l'arrière garde. Pour être plus libre de ses mouvements, Napoléon a fait filer les non-combattants, les parcs et les équipages vers le nord, sous la protection du troisième corps de cavalerie commandé par Arrighi. Le froid est vif et il tombe un mélange de pluie et de neige. L' Empereur veille avec ses maréchaux jusqu'à deux heures du matin et dresse son plan de bataille : pénétrer dans la forêt de Lamboi, en chasser les tirailleurs ennemis et envelopper l'aile gauche adverse avec la cavalerie pour rejeter l' armée coalisée derrière la Kinzig afin de libérer la route de Francfort.

Le dispositif. retenu est le suivant: - Victor à l'aile gauche, appuyé à sa gauche sur la Kinzig. - Macdonald au centre avec, à sa droite la vieille garde et à l'extrême droite, la cavalerie de Nansouty. - Détachée au nord : la cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes. Le front de l'armée française s'étend, à travers bois, sur environ mille cinq cents mètres. La forêt de Lamboi est traversée par quelques chemins forestiers et deux routes menant à Hanau : l'ancienne route qui passe par Rückinjen et la nouvelle route venant de Gelnhausen. C'est cette dernière route qu'emprunteront la cavalerie, la garde et l'artillerie.

8h : Les 3.000 tirailleurs du général Charpentier avec à leur tête le Duc de Tarente, combattent par leurs feux les tirailleurs bavarois de la division Lamotte et les font lentement reculer vers la lisière de la forêt. Ils sont bientôt rejoint par 2.000 tirailleurs commandés par le général Dubreton du deuxième corps. Victor marche à leur tête. Sébastiani fait exécuter plusieurs charges de cavalerie, contre les tirailleurs bavarois qui continent leur repli. Une charge de cuirassiers français contre la grande batterie alliée se solde par un échec. Les tirailleurs du régiment Szekler se heurtent aux hommes de Dubreton. Là encore, les feux d'infanterie sont nourris et incessants.

12h : Les tirailleurs austro-bavarois abandonnent la forêt et rejoignent leur ligne de bataille. Les tirailleurs français tentent de sortir de la forêt mais doivent se replier sous la puissance des feux d'infanterie et d'artillerie ennemis. Les duels d'infanterie, - division Lamotte contre les hommes de Charpentier et division Becker contre ceux de Dubreton - durent plusieurs heures et sont très meurtriers. Les batteries austro-bavaroises infligent de lourdes pertes aux Français dès que ceux-ci tentent de sortir de la forêt.

15 h : Napoléon qui se trouve sur la route de Gelnhausen, près de la lisière de la forêt ne peut pénétrer jusqu' à la plaine. Pelet raconte " il s'en approche cependant à travers une grêle de balles et de boulets qui ricochent sur la route ou brisent les arbres au-dessus de sa tète.". Drouot le supplie de se retirer et de ne pas compromettre inutilement sa vie. "Il faut bien, répond Napoléon que je voie par moi-même les dispositions de l'ennemi". C'est sans doute à ce moment que voyant les dispositions ennemies, ils aurait dit: "Pauvre De Wrède, j'ai pu le faire comte, je n'ai pas pu le faire général. "

Drouot, toujours selon Pelet, entame alors un dialogue avec l'Empereur . "Ayez confiance en moi .. je vous ai promis de forcer le passage avec cinquante pièces de canon... Je ferai entrer dans ce chemin d'exploitation une douzaine de pièces sans caissons. Chaque pièce gagnera à gauche la lisière du bois. Trois bouches à feu s'avanceront en même temps par la route. Le feu de ces quinze pièces attirera l'attention de l'ennemi. Les autres avançant par le chemin se formeront successivement à la droite des premières par la manoeuvre sur la gauche en batterie. Bientôt nos bouches à feu imposeront silence à celles de l'ennemi qu'elles prendront en écharpe. Il ne pourra pas rester dans la plaine, exposé à nos coups, pendant que nous serons en grande partie garantis des siens."

Drouot avait en effet remarqué un chemin l'exploitation, à droite de la route, qui était assez éloigné de la lisière du bois pour être caché à l'ennemi. Il assure l'Empereur qu'avec cinquante canons et deux bataillons de vieille garde en soutien, il pourrait forcer le passage.

Napoléon approuve le plan de Drout ordonne de former la cavalerie de la garde par pelotons sur la route pour qu'elle débouche dans la plaine au moment favorable afin d'écraser la cavalerie et le centre adverse. L'infanterie de la garde formée en colonnes au débouché de la forêt, devra soutenir les parties de la ligne qui en auront besoin. Lefèbvre- Desnouettes contiendra les partisans russes et autrichiens pour éviter qu'ils débordent l'aile droite française. Les corps de Macdonald et Victor devront contenir l'ennemi au centre et sur l'aile gauche française.

L'artillerie se déploie progressivement sous la protection de deux bataillons d'infanterie de vieille garde qui refoulent les tirailleurs ennemis: d'abord deux batteries à cheval de la garde soutenues par les dragons et lanciers de la garde, puis, bientôt cinquante pièces sont en batterie au débouché de la forêt, de part et d'autre de la route.

Un duel d'artillerie très meurtrier commence, il durera plus d'une heure. Et c'est alors que l'imprévoyance de De Wrède lui coûte peut être une possible victoire: son artillerie vient à manquer de munitions ! Il a en effet négligé de s'approvisionner et bientôt les pièces de la grande batterie doivent reculer à travers les lignes de cavalerie et d'infanterie en soutien.

Pour masquer ce mouvement délicat, il ordonne à sa cavalerie de charger la grande batterie française. Les trois lignes s'ébranlent : plus de 7.000 cavaliers sur un front de quatre cents mètres. Les batteries françaises sont à huit cents mètres qui sont parcourus au trot puis au galop en arrivant au contact. L'artillerie de la garde, des vétérans qui ont plusieurs campagnes sous leur bonnet à poils, restent impassibles jusqu'au commandement 'Feu' exécuté à cinquante pas et à mitraille. Le carnage est effroyable: plusieurs centaines de kilos de balles de fonte renversent des centaines de chevaux et leurs cavaliers. Certains réussissent néanmoins à pénétrer entre les batteries et il faut que les chasseurs à cheval de la garde contre- attaquent pour dégager les pièces chèrement défendues par les canonniers, le général Drouot est lui même menacé par un officier de chevau-légers bavarois. C'est alors que la cavalerie française -Nansouty et Sébastiani-, rangée sur trois lignes à droite de la batterie de Drouot, charge la cavalerie austro-bavaroise. La division de cuirassiers de Saint-Germain, les dragons et les grenadiers à cheval de la garde rejettent la cavalerie coalisée au-delà de la route de Friedberg où elle se rallie derrière les Cosaques de Czernitcheff.

16 h: Après avoir refoulé la cavalerie adverse, les cavaliers de Nansouty et de Sébastiani viennent donner sur les carrés d'infanterie du régiment de l'archiduc Rudolph, et sur l'aile gauche de la brigade bavaroise Deroy dont les 8e et 5e régiments souffrent beaucoup. Profitant du recul de la cavalerie adverse, Drouot fait avancer ses pièces de quatre cents mètres et tire à mitraille sur les troupes massées devant lui. La cavalerie austro-bavaroise, après s'être ralliée, tente à nouveau d'enlever la grande batterie française mais elle est immédiatement contre-chargée par la cavalerie de la garde qui la refoule en lui infligeant de lourdes pertes. Le 3e régiment de gardes d'honneur se distingue particulièrement, ce qui lui vaudra d'être cité par Napoléon dans une lettre à l'Impératrice-reine et régente.

17 h: Pour de Wrède, l'heure de la retraite a sonné. Son artillerie et une partie de son infanterie à court de munitions, sa cavalerie en déroute, ne lui permettent plus d'espérer le gain de la journée il doit se replier derrière l'abri naturel que forme la Kinzig et tâcher de se maintenir à Hanau pour menacer l'arrière garde française. Mais pour cela il faut contenir l'ardeur de son adversaire. Il décide donc une contre-attaque de diversion sur son aile droite et fait avancer la division Beckers et la division Bach contre les tirailleurs de Victor et de Macdonald qui fléchissent sous cette attaque. Napoléon riposte en envoyant deux bataillons d'infanterie de la vieille garde commandés par Friant qui bloquent l'avance ennemie à Neuhof qui devient bientôt la proie des flammes.

18 h : Pendant ce temps, la retraite de l'armée austro-bavaroise se poursuit: l'aile droite et le centre traversent la Kinzig sur le pont de Lamboi, l'aile gauche passant à travers Hanau. Bien que la cavalerie ait tenté de protéger la retraite, l'infanterie coalisée a souffert sous les coups de boutoir de la cavalerie française : le régiment Jordis et plusieurs centaines de Bavarois sont poussés vers le moulin et le pont de Herrenmuhle et de nombreux fantassins se noient dans la rivière. Le feu cesse avec le jour près de la route mais près de la rivière, il durera encore une heure après la nuit.

19 h: L'armée austro-bavaroise se rallie près de Lehrof et occupe toujours Hanau Napoléon établit son bivouac à la lisière de la forêt, l'armée française campe dans la forêt, sans feu, dans l'humidité et le froid. A l'ouest, la cavalerie d'Excelmans occupe la route de Francfort; au nord. Lefèbvre-Desnouettes a refoulé les cosaques qui tenaient la route de Friedberg. Disséminés dans la forêt et la plaine, près de 15.000 hommes et combien de chevaux ? viennent de terminer leur voyage pour toujours. Marmont et les débris des troisième et sixième corps d'armée sont arrivés dans la soirée. Napoléon ordonne au maréchal d'occuper Hanau afin d'assurer le passage de l'arrière-garde et de la longue traînée de parcs et d'isolés.

Le 31 octobre - Hanau 2ème acte

2 h: Marmont fait canonner Hanau et envoie la brigade Charrière à l'assaut de la ville. La tentative échoue car la ville est toujours occupée par la brigade Diemar. Le maréchal n'insiste pas et fait continuer le bombardement qui met le feu à de nombreuses maisons, près du pont sur la Kinzig, au nord-ouest de la ville. Dans la nuit, les Autrichiens qui avaient l'ordre d'évacuer la ville si l'ennemi voulait y mettre le feu se retirent par la porte de Nuremberg et viennent rejoindre le gros de l'armée alliée autour de Lehrof.

8 h: Une délégation de magistrats de Hanau vient trouver l'Empereur à son bivouac pour recommander la ville à sa bienveillance. Aprés cet entretien l'Empereur monte à cheval et part en direction de Francfort; il est accompagné de la Garde et des corps de Sébastiani, Macdonald et Victor. Il laisse derrière lui quelque batterie d'artillerie de la garde pour renforcer Marmont qui vient d'être rejoint par le quatrième corps de Bertrand.

Napoléon a inscrit une victoire de plus à son actif

9 h: Les Français occupent Hanau, et Marmont, pour se donner de l'air enlève et franchit le pont de Lamboi à son aile gauche, tandis qu'a son aile droite, il dépasse Hanau et débouche par les portes d' Aschaffenburg et de Steinheim au sud de la ville. Les alliés reculent jusqu' aux rives du Main et contre-attaquent bientôt avec leur infanterie massée à I'aile droite. Les régiments Jordis et archiduc Rudolph se distinguent particulièrement et regagnent le terrain perdu en faisant lentement refluer l'aile gauche française jusqu'au pont de Laumboi. Au sud de la ville se déroulent plusieurs combats de cavalerie dont le résultat est indécis. Marmont, qui n'avait poussé son attaque que pour laisser au quatrième corps de Bertrand le temps de prendre ses positions rétrograde lentement par le pont de Lamboi et à travers Hanau.

12 h: Bertrand, qui va assurer l'arrière dispose ses maigres troupes ainsi. - La division Guilleminot soutenue par Morio de l'Isle le long de la Kinzig garde le pont de Lamboi dont les longerons ont brûlé la veille. Il place ses douze bouches à feu de façon à battre le pont et son débouché. - La division Fontanelli, répartie moitié dans la ville et moitié dans les faubourgs au sud-est d'Hanau. - La division Morand en réserve au nord-ouest d'Hanau ; ses batteries battant le pont sur la Kinzig, passage obligé pour rejoindre la route de Francfort.

13 h: Marmont se retire du champ de bataille, laissant Betrand, avec ses 2.500 hommes, face aux 20.000 et quelques Austro- Bavarois... .

14 h: De Wrède, réalisant qu'il n'a plus devant lui qu'une poignée d'hommes, décide de frapper un coup décisif et ordonne une double attaque : à l'aile gauche, prendre d'assaut la ville et à l'aile droite, forcer le pont de Lamboi pour se rabattre à gauche sur la route de Francfort afin de prendre les Français à revers. La division Beckers et deux régiments d'infanterie, un bavarois et un autrichien , attaqueront le pont de Lamboi, avec le soutien d'une batterie de trente-deux pièces. La cavalerie, massée derrière l'infanterie, débouchera du pont dès que la première vague d' attaque aura percé. Elle balaiera alors la plaine pour couper les Français de leur ligne de retraite. Quand à l'attaque de Hanau De Wrède s'en charge personnellement: il mènera l'attaque à la tête d'un bataillon de grenadiers autrichiens de la division Diemar avec en soutient les autres bataillons de la division, le 3ème bataillon de chasseurs autrichiens et deux bataillons du régiment archiduc Rudolph. En tout : six bataillons. En soutien, le régiment de hussards autrichiens Szekler. Au total environ cinq mille Autrichiens et un Bavarois .... De Wrède.

15 h: Les attaques sont lancées : A l'aile droite austro-bavaroise, un duel d'artillerie s'est engagé entre les douze pièces de Guilleminot et les trente-deux pièces adverses. Bientôt l'infanterie bavaroise attaque et à trois reprises, son assaut est repoussé. Près de 1.200 fantassins tentent de franchir le pont dont les longerons brûlés cèdent sous leur masse. Ils sont repoussés et précipités dans la Kinzig sous les baïonnettes des Français. Deux cents bavarois sont faits prisonniers, les autres se noient ou refluent en désordre. La rive droite de la rivière reste aux mains des Français.

16 h: Pendant ce temps à l'aile gauche, De Wrède mène son attaque contre la ville. Le régiment de l'archiduc Rudolph emporte d'assaut la porte de Nuremberg et abaisse l'antique pont-levis. La fusillade est terrible mais De Wrède, à la tête du bataillon Frisch, repousse les Italiens de Fontanelli et pénètre dans la ville suivi par le reste de l'infanterie en colonnes serrées. Son objectif : le pont sur la Kinzig au nord-ouest de la ville. De tout temps les combats de rue ont été meurtriers. A l'époque, Hanau qui comptait environ 15.000 habitants, s'inscrivait dans un cercle de neuf cents mètres de diamètre. C'est donc sur près d'un kilomètre que se poursuit l'assaut des colonnes autrichiennes. Les combats dans les rues menant au pont sont d'un acharnement incroyable. Le régiment de hussards Szekler balaie la ville en poursuivant les fantassins italiens de Fontanelli qui tentent de se sortir de ce guêpier. Ils combattent à un contre dix et bientôt la colonne autrichienne toujours menée par de Wrède débouche sur le pont qui enjambe la Kinzig. Heureusement pour les français, l'artillerie de Morand est là qui mitraille la colonne serrée sur le pont et lui inflige de lourdes pertes. Un flottement est perceptible dans les rangs. Puis c'est le coup de grâce pour les alliés: De Wrède vient d'être blessé grièvement d'une balle dans le ventre. Son entourage l'emmène à travers les faubourg de Hanau qui flambent sous les obus français, toute l'infanterie autrichienne reflue. Le pont sur la Kinzig est en flamme, la neige tombe drue. Tout est consommé. Le feldmarshall-lieutenant, baron Fresnel prend le commandement et décide un repli général. Demain peut être la bataille reprendra...

19 h: Bertrand se retire vers Francfort. les batailles de Hanau sont terminées. Le froid est vif et la neige continue de tomber.

 

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