Military Subjects: Battles & Campaigns


Original in French
Translation into English


French Orders and Reports from the Waterloo Campaign: Report of Lieutenant General Radet, Grand-Prévôt to Marshal Soult at the Start of the Campaign

Provided by Dominique Contant
Translated by
Marc Moerman

Original in French

Armée du Nord, Au Grand-Quartier général Impérial, à Charleroi, le 16 juin 1815.

Le Lieutenant-Général Bon Radet, Inspecteur Général, commandant en chef de la Gendarmerie impériale et Grand-Prévot de Sa Majesté à l’Armée du Nord.

Rapport à son excellence le Major Général

Monseigneur,

La maraude et le désordre se renouvellent dans l’armée, la Garde en donne l’exemple. J’ai passé hier de la queue à la tête de colonne de l’armée pour m’assurer de l’exécution de l’ordre du 14. J’ai fait sortir plus de cent voitures de bagages appartenant à l’Etat major général, à la Garde et à différents corps de l’armée, qui s’étaient glissés dans les colonnes, elles ont ensuite été placées où elles devaient être.

J’ai fait chasser et joindre beaucoup de traîneurs qui se faisaient donner à boire et à manger de force. J’ai fait cesser le pillage des grains et des fourrages de plusieurs fermes que l’artillerie et les équipages enlevaient en désordre.

J’ai fait joindre plusieurs détachements montés de l’artillerie, entre autre un détachement de celle de la Garde qui rétrogradait pour fourrager sans avoir à sa tête aucun officier ni ordre ni réquisition par écrit, pas même de bons.

J’ai été obligé de laisser des sauvegardes dans chaque village pour y maintenir l’ordre jusqu’après le passage de la colonne ; elles ont rejoint cette nuit les équipages du Grand Quartier Général qui sont parqués à Marcinville en arrière de Charleroy. Elles me font le rapport qu’elles avaient arrêté plusieurs militaires pris en flagrant délit et avec pièces de conviction, mais que tous leur ont été enlevés de vive force et avec tant de véhémence, d’injures et de mauvais traitements par des régiments en marche, qu’il a été impossible aux gendarmes de pouvoir connaître même le numéro des corps.

Arrivé à midi à Montigny, j’ai fait relever les Gendarmes d’élite qui gardaient les prisonniers ; j’ai placé dans Charleroi le Colonel avec une quarantaine d’hommes sur la grande place pour faire la police, et je suis venu joindre Votre excellence au Haut de la ville avec les six hommes qui me restaient.

Je suis revenu en ville d’après ses ordres, pour rétablir l’ordre que l’on disait troublé ; l’armée défilait avec beaucoup d’enthousiasme et il ne se commettait pas le plus petit désordre, je m’en suis assuré par moi-même.

Seulement l’artillerie de la Garde faisait piller un grenier de fourrage au haut de la ville, j’ai chassé les pillards et ordonné qu’il en fut arrêté un, ce qui eut lieu. Un soldat du train fut saisi, deux gendarmes me l’amenaient le long de la colonne, lorsque l’adjudant Major nommé Morel, des chasseurs à Pied de la Garde le fit enlever de leurs mains en disant que c’était lui qui l’avait autorisé à prendre des fourrages ; J’envoyais un capitaine vérifier le fait et il en reçut des injures.

Jusqu’à six heures du soir la police fut maintenue, mais cette nuit le magasin des eaux de vies a été pillé par la Garde, malgré les efforts de la Gendarmerie que j’y avais placé ; cependant les habitants n’ont pas été pillés ni maltraités quoique surchargés de logement.

Votre Excellence sentira qu’avec le peu de gendarmes que j’ai, il m’est impossible de faire la police de l’armée. Je vais recevoir les 75 hommes d’excédents de l’armée, mais je dois la supplier d’observer que, quand j’aurais mille gendarmes, je ne pourrais réprimer les désordres si la gendarmerie n’est respectée ainsi que les ordres généraux, si les officiers ne maintiennent pas la discipline et l’obéissance, enfin si les régiments ne font leur police et exécuter les ordres de l’Empereur.

Je vais m’attacher à pouvoir faire quelques exemples, mais un nouvel ordre général est nécessaire pour en prévenir l’armée.

Les deux colonnes de prisonniers sont parties, le Général Denzel m’a rendu compte. Environ cinquante d’entre eux étant blessés et hors d’état de marcher, restent à Charleroi. Je donne quelques gendarmes à Monsieur l’Intendant Général pour ramasser les voitures inutiles à la suite des corps afin de les faire conduire avec nos blessés de l’armée sur Avesnes.

Signé : Radet 

Translation

Army of the North, at the Imperial General Headquarters, in Charleroi, on 16 May 1815.

The Lieutenant-general Bon Radet, Inspector-general, commander in chief of the Imperial Gendarmerie and His Majesty's Provost Marshal of the Army of the North 

Report to his excellence the Major General.

Sir,

The marauding and the disorder are renewing themselves in the army, and the Guard gives the example. Yesterday I went through the column from the rear to the front to assure myself of the execution of the order of the 14th.  I have removed more than a hundred baggage wagons which belonged to the General Staff, the Guard and different army corps, and who had slipped themselves in the columns, and afterwards they were placed where they belong.  

I have chased away and assembled a lot of stragglers who took drinks and food by force. I have stopped the looting of the grains and the fodder of many farms that the artillery and their crews were removing in disorder.

I have assembled several mounted artillery detachments, for instance  a detachment of the Guard who was going back in order to forage without having an officer in charge or a written order or claim, not even some vouchers.

I was obliged  to leave pickets in each village so that order could be maintained until after the passage of the column : this night they have rejoined the crews of the General Headquarters who are stationed at Marcinville in the vicinity of Charleroi. They have reported to me that they have arrested several soldiers taken in the act and with stolen goods, but that all was retaken from them with force and with such fierceness, insults and bad treatment by the regiments on the march, that it was not possible for the gendarmes to even know the number of those corps.      

Arrived at  Montigny   at noon, I have released the Elite Gendarmes who were guarding the prisoners;  I have placed the Colonel with some forty men on police duty at Charleroi  at the Grand Place, and I came to rejoin Your Excellency at the upper town with the six men who were still with me.

Following his orders I have returned downtown, to restore the order that was said to be disturbed;  the army paraded  enthusiastically and did not commit the slightest disorder, what I have personally looked after.

Only the artillery of the Guard looted a fodder grainery in the upper town, and I have chased the looters and ordered that one should be arrested, what took place. A soldier of the train was taken, two gendarmes were bringing him to me passing the column, when the Adjutant Major named Morel, of the Foot Chasseurs of the Guard, put him free of their hands saying that it was him who authorised the foraging; I send a captain in order to verify this fact and he was insulted.

Until 6 o'clock in the evening the police was maintained, but this night a store of brandy was looted by the Guard, in spite of the efforts of the Gendarmes that I posted there; however the inhabitants were not looted nor ill-treated although overloaded with billets.

Your Excellency will sense that with the handful of gendarmes at my disposal, it was not possible to keep the army in order. I will  receive the 75 men in excess of the army, but I have to beg you to observe that, even if I have a thousand gendarmes, it will not be possible to suppress the disorder if the gendarmerie is not respected and also the general orders, if the officers do not maintain the discipline and the obedience, at last if the regiments don't keep order themselves and execute the orders of the Emperor.

I will try to make some examples, but a new general order is needed to prevent the army.

General Denzel has reported that the two columns of prisoners are gone. About fifty of them were wounded and unable to march, so they stay in Charleroi. I will send some gendarmes to the Intendant Général[1] to fetch the unused carts behind the corps and will direct them with our own wounded towards Avesnes.

Signed : Radet.

Notes:

1. The Intendant Général was responsible for administration of the Imperial Headquarters.

 

 

 

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