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1796-1798 : Trois tentatives d’invasion françaises en IrlandeL’expédition de 1796 (dite de la baie de Bantry)
Depuis les expéditions de Cromwell (1649) et de Guillaume d’Orange (1690) qui avaient réduit l’Irlande en sujétion et accordé à l’église anglicane des privilèges abusifs, l’île donnait régulièrement naissance à des personnalités éprises de liberté. L’exemple des insurrections polonaise et américaine leur donnait des ailes. La population, quoique peu instruite et écrasée de misère, semblait disposée à prêter main-forte. Parmi les esprits éclairés qui fondèrent alors la United Irish Society, figuraient plusieurs protestants. Deux patriotes irlandais dénommés Arthur O’Connor et Lord Edward Fitzgerald prirent contact en 1796 avec le ministre de France à Hambourg. De son côté, Theobald Wolfe Tone, un avocat presbytérien qui avait embrassé la cause nationaliste, parvint à Paris avec la ferme intention de susciter l’intérêt du Directoire pour une expédition en Irlande. Lazare Carnot, l’infatigable stratège du gouvernement, se détermina ainsi à mettre sur pied de guerre une flotte de 43 bâtiments en rade de Brest, et confia au général Hoche, pacificateur de la Vendée, la responsabilité de l’expédition. Celle-ci prit du retard jusqu’en décembre 1796, moment peu favorable à une expédition navale. D’un autre côté, la capture de la flotte hollandaise allait accorder quelques précieuses ressources navales en renfort. 15'000 hommes furent embarqués à Brest et l’amiral Villaret Joyeuse, d’abord pressenti, fut remplacé au pied levé par Morard de Galles. De son côté, l’amiral anglais Bridport estimait une sortie de Brest hautement improbable et relâchait sa vigilance, gardant l’essentiel de la flotte en rade de Portmouth.
Le 16 décembre, la flotte française s’ébranla pour gagner le passage du Raz, particulièrement délicat pour les gros bâtiments de la ligne. Bien que Morard de Galles se soit alors ravisé pour préférer la sortie en mer d’Iroise, ses signaux furent mal reçus et la flotte se trouva sectionnée en deux tronçons dès le départ. Le Séduisant, un vaisseau de 74 canons, se brisa sur les récifs et le navire-amiral Fraternité transportant Morard de Galles et Hoche, se perdit de son côté. Néanmoins le reste de la flotte, ayant pris connaissance d’un ordre de marche jusque-là scellé par souci du secret, parvint à l’entrée de la baie de Bantry, au sud-ouest de l’Irlande, le 21 décembre… C’est alors que les sérieux ennuis allaient commencer. Le vent d’est qui soufflait et avait jusque-là favorisé la flotte d’invasion rendait la progression dans la baie particulièrement laborieuse pour des vaisseaux inaptes à remonter au vent. En outre, le contre-amiral Bouvet, désormais chargé du commandement, était paralysé par la crainte de voir déboucher dans son dos la flotte anglaise qui pourrait facilement interdire la retraite au Français. Le corps expéditionnaire était désormais entre les mains du général Grouchy (celui de Waterloo) en l’absence de Hoche. Après une tentative très timide de débarquement, la flotte reprit le 27 décembre la direction de Brest où elle parvint le 14 janvier 1797, n’ayant perdu que 11 bâtiments dont six aux mains des Britanniques. Le port de Bantry, au fond de la baie, expose aujourd’hui fièrement une ancre imposante qui porte le monogramme IND, vraisemblablement pour Indomptable, le vaisseau qui portait Wolfe Tone. Proclamations du général Humbert, 22 et 31 août 1798 Liberté, Egalité, Fraternité, Union
Armée d’Irlande, Liberté, Egalité
“ The Rising of the Moon ”, complainte d’époque / nationalist song
Placed on the Napoleon Series: July 2004
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