Military Subjects: Organization, Strategy & Tactics



REGLEMENT Concernant l’exercice et les Manœuvres de l’Infanterie

Du 1er août 1791

DE PAR LE ROI

Sa Majesté s’étant fait rendre compte des ordonnances et instructions provisoires précédem­ment rendues sur l'exercice et les manœuvres de l'infanterie , et voulant régler définitivement ce qui concerne ces objets, a ordonné et ordonne ce qui suit :

TITRE   PREMIERE.

Formation d'un Régiment en ordre de Bataille.

Quelle que soit la place d'une brigade dans l'ordre de bataille, le plus ancien des deux régimens dont elle sera composée, sera placé à la droite, et le moins ancien à la gauche.

Quelle que soit la place des régimens dans leur brigade, le premier bataillon de chacun sera placé à la droite, et le second à la gauche, l'in­tervalle entre les bataillons sera de huit toises.

Le premier bataillon de chaque régiment sera compose de la première compagnie de grenadiers, [2] et des compagnies des premier, troisième, cinquième, septième, neuvième, onzième, treizième et quinzième capitaines de fusiliers du régiment.

Le second bataillon de chaque régiment sera composé de la seconde compagnie de grenadiers, et des compagnies des deuxième, quatrième, sixième, huitième, dixième, douzième, quator­zième et seizième capitaines de fusiliers du ré­giment.

Dans le premier 'bataillon, les compagnies de fusiliers seront placées de la droite à la gauche, dans l'ordre suivant : 1re, 9e, 3e, 11e, 5e, 13e, 7e, 15e

Dans le second bataillon, les compagnies de fu­siliers seront également placées de la droite à la gauche, dans l'ordre suivant : 2e, 10e, 4e, 12e, 6e, 14e, 8e, 16e

Lorsque les deux bataillons d'un régiment se trouveront séparés, cet ordre aura lieu par ba­taillon ; et à leur réunion, il sera rétabli sur la totalité du régiment.

Les deux compagnies de grenadiers seront dé­nommées première et seconde, d'après le rang d'ancienneté des capitaines qui les commandent, la première sera placée à la droite du premier bataillon, et la seconde à la gauche du second bataillon.

Chaque bataillon sera partagé en deux demi-bataillons, désignés par les noms de demi-bataillon de droite et demi-bataillon de gauche.

Chaque compagnie , soit de grenadiers ou de fusiliers, formera un peloton, et les pelotons se­ront désignés par les noms de premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, sep­tième et huitième, de suite , en commençant par la droite et finissant par la gauche de chaque bataillon. Le peloton des grenadiers de chaque

[3] bataillon ne sera point compris dans ce nombre, et conservera sa dénomination de grenadiers.

Le premier et le second peloton de chaque ba­taillon formeront la premier division ; les troisième et quatrième pelotons la seconde division ; les cinquième et sixième pelotons la troisième division ; enfin les septième et huitième pelotons formeront la quatrième division.

Chaque peloton sera partagé en deux parties égales, qui seront désignées par le nom de sec­tion ; celle de droite sera appelée première section, celle de gauche seconde section.

Chaque compagnie sera formée par rang de taille , de la droite à la gauche, quelle que soif sa place dans le bataillon ; le tiers composé des plus grands hommes, formera le premier rang ; le tiers composé des plus petits, formera le second rang, et l'autre tiers le troisième rang.

La distance d'un rang à l'autre sera d'un pied, lequel sera mesuré de là poitrine des hommes du second et du troisième rang au dos de l'homme qui les précède respectivement dans leur file, ou à son havresac, quand le soldat sera chargé.

Les régimens étant sur le pied de paix, lorsqu'ils devront manœuvrer par bataillon ou par régi­ment, les pelotons seront formés sur deux rangs, afin d'occuper à-peu-près la même étendue qu'ils occuper oient sur trois rangs, au pied de guerre: on égalisera les pelotons dans chaque bataillon, en reversant à cet effet, s'il y a lieu, des hommes d'une compagnie dans l'autre.

La compagnie de grenadiers de chaque bataillon restera attachée à son bataillon lorsqu'il devra exercer séparément ; mais lorsqu'on devra exercer par régiment, celle du second bataillon ira se réu­nir à la première, et se placera à sa gauche. Les deux compagnies réunies formeront deux pelotons [4] d'égale force, qui seront désignés par les noms de premier et de second peloton de grenadiers.

Places des officiers et sous-officiers dans l’ordre de bataille.

(PL. 1re.) Le capitaine à la droite de sa com­pagnie, ou peloton, au premier rang.
Le lieutenant en serre-file, à deux pas derrière le centre de la seconde section.
Le sous-lieutenant en serre-file, à deux pas der­rière le centre de la première section.
Le sergent-major, derrière la droite de la se­conde section, eu serre-file.
Le premier sergent, derrière le capitaine au troisième rang ; ce sergent sera désigné dans les évolutions sous le nom de sous-officier de rempla­cement, et sera guide de droite de son peloton.
Le second sergent derrière la gauche de la se­conde section en serre-file, ce sergent sera guide de gauche de son peloton dans les évolutions.

Dans le huitième peloton du premier bataillon, le second sergent sera placé à la gauche du pre­mier rang du bataillon, ayant derrière lui un ca­poral au troisième rang.

Il en sera de même au second bataillon dans le peloton, soit de grenadiers, soit de fusiliers, qui fermera la gauche de ce bataillon.

Le caporal-fourrier à la garde du drapeau de son bataillon.

Les caporaux dans le rang seront places à la droite et a la gauche de leur peloton, suivant leur taille, et de préférence au premier et au troisième rang.

Le remplacement des officiers et sous-officiers se fera dégrade en grade dans chaque compagnie; mais en l'absence du capitaine et du lieutenant d'une compagnie, le commandant du régiment [5] pourra, lorsqu'il le jugera nécessaire, envoyer un lieutenant d'une autre compagnie, pour comman­der pendant la manœuvre, colle dont le capitaine et le lieutenant se trouveraient absens.

Lorsque les régimens seront sur le pied de guerre, le troisième sergent de chaque compagnie se pla­cera en serre-file derrière la gauche de la première section de son peloton.

Places des officiers supérieurs, adjudants-majors et adjudants.

Le colonel et les deux lieutenans-colonels se­ront à cheval ; les adjudans-majors et adjudans seront à pied.

Le colonel sera placé à trente pas en arrière du rang des serre-files, vis-à-vis le centre de l'intervalle qui sépare les deux bataillons de son régiment ;

Chaque lieutenant-colonel, à vingt pas en ar­rière du rang des serre-files de son bataillon, vis-à-vis la file du drapeau ;

L'adjudant-major de chaque bataillon, à huit pas en arrière du rang des serre-files de son ba­taillon, vis-à-vis le centre du demi-bataillon de droite ;

L'adjudant de chaque bataillon à huit pas en arrière des serre-files, vis-à-vis le centre du demi-bataillon de gauche.

Places des tambours et musiciens.

Les tambours de chaque bataillon formes sur un rang, si le régiment est sur le pied de paix, sur deux rangs s'il est sur le pied de guerre, seront placés à quinze pas derrière le cinquième peloton de leur bataillon : le tambour-major sera à la tête des tambours du premier bataillon, et le caporal-tambour à la tête de ceux du second. Les musiciens [6] sur un rang, seront placés à deux pas derrière les tambours du premier bataillon.

Garde du Drapeau.

La garde du drapeau de chaque bataillon, com­posée des huit caporaux-fourriers des compagnies de fusiliers, sera placée à la gauche de la seconda section du quatrième peloton, et fera partie de cette section.

Le premier rang de cette garde sera composé du sergent-major qui portera le drapeau, et de deux caporaux-fourriers, placés l'un à sa droite et l'autre à sa gauche.

Les deux autres rangs seront formés chacun de trois caporaux-fourriers.

Les caporaux-fourriers porteront, ainsi que les sous-officiers placés derrière les chefs de peloton et les sous-officiers de serre-file, l'arme dans le bras droit.

On placera de préférence au second rang delà carde du drapeau, les trois caporaux-fourriers qui auront le plus de régularité et de perfection, tant pour la position sous les armes, que pour la marche.

Le colonel, et en son absence le commandant du régiment, choisira dans chaque bataillon le ser­gent-major qui devra porter le drapeau. Il est de la pins grande importunée pour la marche en ba­taille , que ce sergent-major soit exercé avec le plus grand soin à la précision du pas, tant pour la longueur que pour la cadence, et à se prolonger sans varier , sur une direction donnée.

Instruction des Régiments.

Le colonel, et en son absence l'officier supé­rieur qui commandera chaque régiment, sera responsable [7] de l'instruction générale des officiers, sous-officiers et soldats du régiment.

Instruction des Officiers.

L'instruction des officiers devant embrasser tout ce qui est compris dans les trois écoles du soldat, du peloton et du bataillon, et ne pouvant être solidement établie qu'en joignant la théorie à la pratique, il y aura dans chaque régiment une instruction de théorie, indépendamment des exer­cices sur le terrain.

En conséquence, le commandant de chaque ré­giment assemblera les officiers aussi souvent qu'il le jugera nécessaire, soit chez lui, soit chez l'of­ficier supérieur de chaque bataillon, pour leur expliquer on faire expliquer tous les principes relatifs à ces différentes écoles.

Nul officier ne sera réputé instruit, que lorsqu'il sera en état de commander et d'expliquer parfaitement tout ce que renferment les trois écoles susdites.

On ne s'attachera dans cette instruction, qu'aux principes et à l'esprit des évolutions, sans ja­mais exiger que les officiers eu apprennent littéralement le texte.

Les officiers seront, exercés souvent, par un des officiers supérieurs, à la marche ; et on s'attachera avec le plus grand soin à leur faire contracter l'ha­bitude de la bonne position sous les armes, de la formation régulière, ainsi que de la longueur et de la cadence du pas.

Instruction des Sous-Officiers.

L'instruction des sous-officiers embrassera l'école du soldat et celle du peloton, et ils seront te­nus de savoir exécuter eux-mêmes avec précision, outre le maniement des armes qui leur est particulier, [8] tout ce qui a rapport au maniement des armes du soldat, aux feux et à la marche.

Les adjudans-majors et adjudans devant être spécialement, chargés de l'instruction des sous-officiers, les chefs de régiment commenceront par s'assurer de l'instruction desdits adjudans-majors et adjudans , et les rendront ensuite responsables de celle des sous-officiers.

Les adjudans-majors et adjudans commenceront par instruire avec le plus grand soin tous les sergents-majors, et deux sous-officiers par compagnie, les plus intelligens.

Ces sous-officiers étant solidement instruits, en choisiront chacun deux ou trois autres dans leurs compagnies respectives, et les instruiront de la même manière, sous la surveillance des adju­dans et sergens-majors.

Cette première instruction, qui n'embrassera que l'école du soldat, étant assurée, on réunira les sous-officiers de chaque bataillon, pour en former un peloton sur trois rangs, auquel ou attachera un chef de peloton, un sous-officier de remplacement et des serre-files : ce peloton sera exercé par l'adjudant-major ou l'adjudant, dans la progression indiquée dans l'école de peloton.

Cette instruction ayant principalement pour objet de mettre les sous-officiers en état de bien, instruire les recrues, on leur expliquera tous les principes des deux premières écoles, d'abord sur le terrain, et ensuite dans des théories particulières, lesquelles devront comprendre aussi les di­verses fonctions des guides dans les exercices de bataillon.

Et afin que cette instruction soit ensuite cons­tamment maintenue , les adjudans-majors et adju­dans assembleront de temps en temps les sous-officiers , soit, pour les exercer sur le terrain , soit pour la théorie dans les chambres.

[9]

A mesure qu'il arrivera des mutations dans la colonne des sous-officiers, les sergents-majors seront ternis d'instruire les nouveaux sergens et car poraux, chacun dans leur compagnie, et les adjudans-majors et adjudans y tiendront la main avec soin.

Les commandans des régimens feront exercer fréquemment les pelotons des drapeaux et les guides généraux à la marche en bataille. On s'attachera avec une attention scrupuleuse à faire contracter aux porte-drapeaux l’habitude de se prolonger sans varier, sur une direction donnée, et à observer avec la plus grande précision la lon­gueur ainsi que la cadence du pas.

 

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