Military Subjects: Organization, Strategy & Tactics



REGLEMENT Concernant l’exercice et les Manœuvres de l’Infanterie

Du 1er août 1791

DE PAR LE ROI

Sa Majesté s’étant fait rendre compte des ordonnances et instructions provisoires précédem­ment rendues sur l'exercice et les manœuvres de l'infanterie , et voulant régler définitivement ce qui concerne ces objets, a ordonné et ordonne ce qui suit :

T I T R E    II.

Ecole du Soldat.

Cette école, qui a pour objet l'instruction des recrues, devant influer d'une manière sensible sur l'instruction des compagnies, dont dépend celle des bataillons et des régimens ; doit être établit; et surveillée avec le plus grand soin par les officiers supérieurs : elle sera' spécialement dirigée et commandée par les adjudans-majors , qui ré­pondront au commandant du régiment, de l'exactitude et des progrès de instruction ; en consé­quence , l'un des deux adjudans-majors , à four de rôle, ainsi que l'un des deux adjudans, y as­sisteront constamment.

Les nouveaux officiers seront toujours employés pétulant six mois au moins à l'école des recrues sous les ordres des adjudans-majors, et ne pour­ront eu être exemples que sur l'ordre du comman­dant du régiment, et lorsqu'ils seront en état d'exécuter eux-mêmes, de bien commander et d’expliquer [10] clairement tout ce qui sera prescrit dans l'é­cole du soldat et dans celte du peloton.

Les chefs des compagnies devant être respon­sables envers le commandant du régiment et l’officier supérieur de leur bataillon, de l'instruction générale de leurs compagnies respectives, ne per­dront pas de vue celle de leurs recrues : ils désigneront eu conséquence les sergens et caporaux qui devront les former, et chargeront les officiers et le sergent-major de leur compagnie de veiller au progrès de leur instruction.

Il y aura toujours, autant que possible, un reniiez-vous général indiqué pour le rassemblement des recrues de chaque régiment, et l'un des officiers supérieurs y assistera, lorsque leurs occu­pations le leur permettront.

Lorsqu'il y aura un certain nombre de recrues en état de passer à l'école du peloton, l'adjudant-major les réunira, et les fera exercer, soit par un des nouveaux officiers attachés à l’école, soit par un sous-officier ; il surveillera lui-même cette instruc­tion, et y fera observer la progression prescrite dans l'école du peloton.

Lorsque l'adjudant-major jugera qu'un on plu­sieurs des recrues qui composent ce peloton, sont en état de passer au bataillon, il en fera prévenir les chefs des compagnies dont seront ces hommes, et les fera exercer en leur présence, les chefs des compagnies prononceront ensuite, s'ils les trou­vent suffisamment instruits, leur admission au bataillon.

Division de l’école du soldat.

L'école du soldat sera divisée en trois parties, La première partie comprendra ce qu'on doit ensei­gner à l'homme de recrue, avant de lui faire porter l'arme. [11]

La seconde comprendra le maniement des armes, les charges et les feux.

La troisième comprendra les différens pas, les principes de la marche de front et de flanc, des alignements, des conversions et des changemens de direction.

Chaque partie sera divisée en quatre leçons, ainsi qu'il suit :

Première Partie.

1re. Leçon.      Position du soldat sans armes. Mouvement de tête a droite et a gauche.
2e. Leçon.       A droite, à gauche, demi-tour a droite.
3e. Leçon.       Principes du pas ordinaire direct.
4e. Leçon.       Principes du pas oblique.

Seconde Partie.

1re. Leçon.      Principes du port d'armes.
2e. Leçon.       Maniement des armes.
3e. Leçon.       Les charges précipitées el à volonté.
4e. Leçon.       Les feux directs, obliques et de deux rangs.

Troisième Partie.

1re. Leçon.      Réunion de cinq à neuf hommes pour la marche de front et les différens pas.
2e. Leçon.       Marche de flanc.
3e. Leçon.       Principes d'alignement.
4e. Leçon.       Principes des conversions et changemens de direction.

Chaque leçon sera suivie d'observations, qui auront pour objet de démontrer l'utilité des prin­cipes qu'on y aura prescrits. Les instructeurs ne sauraient trop s'attachera les étudier et à en faire l'application, lorsqu’ils instruiront des recrues.

Le ton de commandement sera toujours animé, et d'une étendue de voix proportionnée au nombre de recrues qu'on exercera.

Il y aura deux sortes de commandemens ; les [12] commandemens d'avertissement et ceux d’exécution.

Les commandemens d’avertissement qui seront distingués dans l’ordonnance par des lettres ita­liques, seront, prononcés distinctement, et dans le haut de la voix, en allongeant au peu la dernière syllabe.

Les commandemens d’exécution seront distin­gués dans l'ordonnance par des majuscules, et se­ront prononcés d'un ton ferme et bref.

Les commandemens dont l'énonciation sera sé­parée dans l'ordonnance par des tirets, seront coupés de même en les prononçant.

Les instructeurs expliqueront toujours ce qu'ils enseigneront, en peu de paroles, claires et pré­cises ; ils exécuteront toujours eux-mêmes ce qu'ils commanderont, afin de donner ainsi l'exemple en même temps qu'ils expliqueront le principe. Ils s’attacheront à accoutumer l'homme de recrue à prendre de lui-même la position qu'il devra avoir, et ne le placeront eux-mêmes que lorsque sou défaut d'intelligence les y obligera.

PREMIERE   PARTIE.

1. La première partie de l'école du soldat sera toujours enseignée, autant que possible, homme par homme, et au plus ?? deux ou trois hommes réunis, lorsque le nombre des recrues à dresser, et celui des instructeurs qu'on y pourra employer y obligeront ; on les placera alors sur un rang, à un pas de distance l'un de l'autre : le soldat sera sans armes.

PREMIÈRE  LEÇON.

Position du Soldat.

2. (PL. III fig. 1 et 2.) Les talons sur la même ligne, et rapprochés autant que la [13] conformation de l'homme le permettra ; les pieds un peu moins ouverts que l'équerre, et également tournés en dehors ; les genoux tendus sans les roidir, le corps d'aplomb sur les hanches, et penché en avant ; les épaules effacées et également tombantes, les bras pendant naturellement, les coudes près du corps, la paume de la main un peu tournée en dehors, le petit doigt en arrière et contre la couture de la culotte ; la tète droite sans être gênée ; le menton rapproché du cou sans le couvrir ; les yeux fixés à terre, à environ quinze pas devant soi.

3.  Observations relatives à la position du soldat.

Les talons sur la même ligne ;

Parce que s'il y en avoit un qui fût plus en arrière que l'autre, l'épaule du même côté s’effacerait, ou bien la position du soldat seroit gênée.

Les talons plus ou moins rapprochés ;

Parce que lés hommes cagneux et ceux qui ont la jambe forte, ne peuvent pas les joindre.

Les pieds également tournés en dehors, et point trop ouverts ;

Parce que si un pied était plus tourné en dehors que l'autre, il entraînerait l'épaule, et que si les pieds étaient trop tournés, il ne serait pas possible défaire porter le haut du corps en avant, sans que la position ne devînt chancelante.

Les genoux tendus, maïs sans roideur ;

Parce que si l'homme les raidissait, il en résul­terait pour lui de la gêne et de la fatigue.

Le corps d'aplomb sur les hanches ;

Parce que c'est le seul moyen de donner à l'homme un parfait équilibre. L'instructeur [14] observera que la plupart des recrues ont la mauvaise habitude de pencher une épaule, de creuser un côté ou d'avancer une hanche, sur tout la hanche gauche, lorsqu'on leur fait porter l'arme, et il s'attachera à corriger ces défauts.

Le haut du corps penché en avant ;

Parce que les hommes de recrue sont ordi­nairement disposés à faire le contraire, à avan­cer le ventre, à creuser les reins, et à reverser les épaules quand ils veulent se tenir droits, ce qui a de grands inconvéniens dans la marche, ainsi qu'il sera expliqué dans les observations sur les principes du pas. L'habitude de pencher le haut du corps en avant est si importante à faire contracter, que l'instructeur doit, dans les commencements, rendre celle position même forcée, sur tout pour les hommes dont la position naturelle présenterait la disposition contraire.

Les épaules effacées ;

Parce que si l'homme avoit les épaules en avant, et le dos voûté, ce qui est le défaut ordinaire des hommes de la campagne, il ne pourrait ni s’aligner ni manier son arme avec adresse : il est donc très important de corriger ce défaut ; en conséquence, l'instructeur aura attention que l'habit et la veste des recrues aient l'ampleur nécessaire pour ne pas gêner la position qu'on voudra leur donner, et à ne pas rejeter les épaules trop en arrière en les faisant effacer, pour ne pas faire creuser les reins, ce qu'il faut éviter avec soin.

Les bras pendants naturellement, les coudes près du corps, la paume de la main un peu tournée eu dehors, le petit doigt en arrière et contre la couture de la culotte ;

Parce qu'il est important, soit pour la perfection du port d'armes, soit pour n'occuper dans [15] le rang que l'espace nécessaire à pouvoir manier ses armes avec facilité que le soldat ait les coudes bien placés. Cette position des bras, des coudes et des mains remplit ces divers objets, et a de plus l'avantage de l'aire effacer les épaules.

La tête droite sans être gênée ;

Parce que s'il y avoit de la roideur dans la tête, elle se communiquerait à toute la partie supé­rieure du corps dont elle gêner oit les mouvements, ce qui rendrait cette attitude pénible et fatigante.

Les yeux fixés droit devant soi ;

Parce que la position -de la t if le directe est le plus sûr moyen d'accoutumer les soldats à main­tenir leurs épaules carrément ; principe essentiel, auquel il faut -les habituer avec le plus grand soin.

4. L’instructeur ayant donné à l'homme de re­crue la position, il lui apprendra à tourner la tête à droite et à gauche ; à cet effet il commandera :

1. Tête =A DROITE.

2. FIXE.

5. A la fin de la seconde partie du premier com­mandement, le soldat tournera la tête à droite sans brusquer le mouvement, de manière que le coin de l'œil gauche du côté du nez, réponde à la ligne des boutons de la veste, les yeux fixés sur la ligne des yeux des hommes du même rang.

6.  Au deuxième, il replacera de même la tête dans la position directe, qui doit être la position habituelle du soldat.

7.  Le mouvement de tête A-GAUCHE s'exécu­tera par les moyens inverses.

8.  L'instructeur veillera à ce que le mouvement de la tête n'entraîne pas les épaules, ce qui pourrait arriver si on le brusquait.

9.  Lorsque l'instructeur voudra ensuite faire [16] passer de l’état d'attention à celui de repos, il commandera :

R E P O S.

10. A ce commandement, le soldat ne sera plus tenu à garder l'immobilité ni la position.

11. L'instructeur voulant lui faire reprendre l'une et l'autre, fera les commandemens suivais:

1.  Garde à vous.

2.   P E L O TON.

12. Au premier commandement, le soldat fixera son attention.

Au deuxième il reprendra la position prescrite, ainsi que l'immobilité.

DEUXIEME   LEÇON.

A droite, à gauche, demi-tour à droite.

13. Les à droite et les à gauche s'exécuteront en en temps ; l'instructeur commandera :

1. Peloton par le flanc droit (ou gauche).

2. A DROITE (OU A GAUCHE).

14.  Au deuxième commandement le soldat tournera sur le talon gauche, élevant un peu la pointe du pied gauche, et rapportera en même temps le talon droit à côté du gauche, et sur la même ligne.

1.  PELOTON.

2. Demi-tour = A DROITE.

Premier temps.

15. Le demi-tour à droite s'exécutera en deux temps ; l'instructeur commandera :

16. Au commandement de demi-tour, faire un demi à droite, porter le pied droit en arrière, la boucla vis-à-vis et à trois pouces du talon gauche, saisir en même temps la giberne par le coin avec la main droite.

[17]

17. Au commandement de à droite, tourner sur les deux talons, en élevant un peu les pointes des pieds, les jarrets tendus, faire face en arrière, rapporter en même temps le talon droit à côté du gauche, et lâcher la giberne.

18. Lorsque le soldat portera l'arme, il la tournera de la main gauche au premier temps du demi-tour à droite, comme il sera expliqué au premier mou­vement de la charge, et la replacera dans la posi­tion du port d'armes, à l'instant où il rapportera le talon droit à côté du gauche.

19. L'instructeur observera que ces mouvements ne dérangent pas la position du corps, qui doit demeurer incliné en avant.

TROISIÈME LEÇON

Principes du pas ordinaire direct.

20. La longueur du pas ordinaire sera de deux pieds, à compter d'un talon à l'autre, et sa vitesse de 76 par minute.

21. L’instructeur voyant l'homme de recrue af­fermi dans la position, lui expliquera les principes et le mécanisme du pas, en se plaçant à trois ou quatre pas devant et face au soldat, et exécutant lui-même lentement le pas, afin de joindre ainsi l'exemple en même temps qu'il expliquera le prin­cipe ; il commandera ensuite :

1. En avant

2. MARCHE.

22. (PL. III, fig. 3.) Au premier commandement, le soldat portera le poids du corps sur la jambe droite.

23. Au deuxième commandement il portera vivement , mais sans secousse , le pied gauche en avant, a deux pieds du droit , le jarret tendu , la pointe du pied un peu baissée et légèrement tournée en dehors [18] ainsi que le genou ; portera en même temps le poids du corps en avant, et posera, sans frapper , le pied gauche à plat , précisément à la distance où il se trouve du pied droit, tout le poids du corps se portant sur le pied qui pose à terre ; le soldat passera vivement , mais sans secousse    la Jambe droit en avant , le pied passant près de terre, le posera à la même distance et de la même manière qu’il vient d’être expliqué pour le pied gauche , et continuera de marcher ainsi , sans que les jambes se croisent , sans que les épaules tournent , et la tété restant toujours dans la position directe.

24. Lorsque l'instructeur voudra arrêter la marche, il commandera:

1.  Peloton.

2.  HALTE.

25. Au deuxième commandement, qui sera fait à l’instant où l’un ou l'autre pied indifféremment va poser à terre, le soldat rapportera le pied qui est derrière, à côté de l'autre, sans frapper.

26. Observations relatives aux principes du pas. Porter le poids du corps sur la jambe droite au commandement en avant ;

Pour disposer l'homme à pouvoir former plus vivement son premier pas , ce qui est fort essentiel en troupe.

La pointe du pied baissée, mais sans affectation ;

Parce que la pointe du pied baissée tait tendre le jarret, et dispose le pied à poser à plat.

La pointe du pied peu tournée en dehors ;

Parce que si on tournait les pieds trop en dehors, le corps seroit sujet à chanceler.

Le haut du corps en avant ;

Afin que le poids du corps porte sur le pied à terre, que le pied qui est derrière puisse [19] se lever aisément, et que le pas ne soit pas rac­courci.

Marcher le jarret tendit ;

Parce qu'une troupe ne pouvant, sans se gêner et se découdre, marcher comme si chaque homme étoit isolé, puisqu'il n'en existe pas deux qui marchent absolument de la même manière, il est nécessaire que les recrues apprennent à marcher un pas uniforme, qui soit marqué et cadencé, sans quoi il n'y aurait point d'ensemble.

Passer le pied près de terre ;

Parce que si les soldats levaient la jambe plus que cela n'est nécessaire, ils perdraient du temps et se fatigueraient inutilement. D'ailleurs, si n'ayant pas un principe déterminé, ils levaient la jambe ou ployaient les genoux, les uns plus, les autres moins, les pieds ne poseraient pas eu même, temps à terre, et il n'y aurait ni cadence ni ensemble.

Poser le pied à plat sans frapper ;

Afin d'éviter le balancement du corps et le rac­courcissement du pas, quianraient lieu nécessai­rement si le talon posait à terre le premier, ou si l'on frappait en posant le pied ; ce dernier mou­vement aurait encore l'inconvénient de fatiguer, inutilement les soldats et de rompre la cadence, parce que les uns lèveraient le pied plus, les autres moins.

La tète directe ;

Parce que la position de la tête directe empêche que les épaules ne tournent, et fait que le soldat marche carrément.

27. L'instructeur indiquera de temps en temps à l'homme de recrue la cadence du pas, en faisant le commandement un à l'instant où il lève le pied, [20] et celui deux à l’instant où il devra le poser, et en observant la cadence de 76 à la minute. Cette méthode contribuera infiniment à bien imprimer au soldat les deux temps dont le pas est naturellement composé.

QUATRIEME LEÇON.

Principes du pas oblique.

28. La vitesse du pas oblique sera comme celle du pas ordinaire direct de 76 par minute : la lon­gueur de ce pas va être indiquée ci-après.

29. Lorsque les soldats de recrue auront acquis l'habitude de bien former le pas direct, de les faire égaux eu longueur et en vitesse, l'instructeur leur apprendra à marcher le pas oblique, et ou le dé­composera pour en faire mieux comprendre le mé­canisme, ainsi qu'il suit.

30. (PL. II.) L'homme de recrue étant de pied ferme , l’instructeur lui fera porter le pied droit obliquement à droite eu avant, à environ 24 pouces du gauche , observant de taire tourner un peu la point du pied droit en dedans,  pour empêcher l’épaule gauche d'avancer ; le soldat restera dans cette position.

31. Au commandement deux de l'instructeur, l'homme de recrue portera le pied gauche, parla ligne la plus courte, à environ 17 pouces eu avant du talon droit ; et restera dans cette position.

32. Il continuera à marcher de celle manière, au commandement un, deux, en arrêtant à chaque pas, ayant la plus grande attention à maintenir les épaules carrément et la tête directe.

33.  Le pas oblique à gauche s'exécutera d'après les mêmes principes : le soldat partira d'abord du pied gauche.

34.  Après quelques leçons de cette espèce, on [21] fera marcher à l'homme de recrue le pas oblique adroite cl à gauche sans le décomposer, ce qui s'exécutera ainsi qu'il suit.

35. Le soldat étant en marche directe au pas ordinaire, l'instructeur, commandera:

1.  Oblique à droite

2. MARCHE.

36. Au deuxième commandement qui sera fait à l'ins­tant ou le pied gauche pose à terre, l'homme de recrue commencera le pas oblique à droite, en observant de se conformer ù ce qui a été prescrit ci-dessus, relativement à la formation, à ta longueur des pas et à la carrure des épaules, mais sans s'arrêter sur chaque pas, et observant d'en faire 76 par Minute.

37. Le pas oblique à gauche s'exécutera d'a­près lus mêmes principes ; l'instructeur fera le commandement marche, à l'instant où le pied droit pose à terre.

38. Pour reprendre la marche directe, l'instruc­teur commandera :

1. En avant.

2. MARCHE.

39. Au second commandement qui sera fait à l'instant où l'un on l'autre pied indifféremment pose à terre, le soldat reprendra la marche directe et le pas de deux pieds.

Observations relatives au pas oblique.

40. L’instructeur Veillera , comme dans la leçon précédente , à ce que le soldat marche le jarret tendu , que le poids du corps se porte sur le pied qui pose à terre , que les pieds se portent toujours par la ligne la plus courte , à la place où ils doi­vent priser , que la tête reste toujours directe , et que les épaules ne tournent pas.

41. On exercera beaucoup les hommes de recrue [22] à marcher ce pas, qui est difficile dans les commencements, mais très - utile dans les mouvemens de ligne ; c'est d'ailleurs un moyen excellent de leur donner de l'aplomb, et de les habituer à maintenir la direction des épaules ; ainsi on les fera marcher obliquement cinquante ou soixante pas de suite, avant de leur faire reprendre la marche directe.

42. Lorsque l'homme de recrue saura bien for­mer le pas oblique, l'instructeur ne s'attachera pas avec une précision rigoureuse à faire observer les mesures qui ont été prescrites pour ce pas, il donnera pour principe essentiel au soldat, de ga­gner le plus de terrain possible de côté, et en avant dans la même proportion, sans déranger la ligne des épaules, qui doit toujours être la même que dans la marche directe.

Observations générales relatives au pas direct et oblique.

43. Pour juger si la position du corps est con­forme aux principes qui ont été prescrits, si le pas se forme régulièrement, et si le poids du corps se porte sur le pied qui pose à terre , l'instructeur se placera souvent à dix ou douze pas en avant , et lace à l'homme de recrue ; si alors il n'apperçait pas la semelle des souliers lorsqu'il lève et pose les pieds , s'il ne remarque aucun mouvement dans les épaules, ni balancement dans le haut du corps, il pourra cire assuré que les principes sont bien observés.

44. Lorsqu'on montrera les principes du pas à deux ou trois hommes à la l'ois, on n'exigera point qu'ils s'occupent de l'alignement, pour ne pas trop partager leur attention ; d'ailleurs lors­qu'ils auront contracté l'habitude de faire des pas égaux en longueur et vitesse, ils auront [23] acquis le vrai moyen de conserver l'alignement.

45.  L'instructeur doit aussi observer dans le même cas de la réunion de deux on trois hommes, de les placer à un pas de distance l'un de l'autre, pour empêcher qu'ils ne prennent la mauvaise habitude d'écarter les coudes, ou de s'appuyer sur l'homme qui est à côté d'eux.

 

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