Military Subjects: Organization, Strategy & Tactics



REGLEMENT Concernant l’exercice et les Manœuvres de l’Infanterie

Du 1er août 1791

DE PAR LE ROI

Sa Majesté s’étant fait rendre compte des ordonnances et instructions provisoires précédem­ment rendues sur l'exercice et les manœuvres de l'infanterie , et voulant régler définitivement ce qui concerne ces objets, a ordonné et ordonne ce qui suit :

TITRE IV.

Ecole de Bataillon.

TROISIEME PARTIE.

ARTICLE PREMIER.

Marcher en colonne avec distance entière.

112. Lorsque le chef de bataillon voudra faire marcher la colonne, il indiquera au premier guide deux objets saillants ou distincts en avant de lui sur la ligne qu'il devra suivre, si le terrain en présente, ce guide y fera face aussitôt, pren­dra pour point de vue celui des deux objets qui sera le plus éloigné, et pour intermédiaire celui qui sera le plus près de lui.

[158]

113. Si le terrain n'offre qu'un seul objet sail­lant ou distinct dans la direction que devra suivre le premier guide, il y fera également face, lorsqu'il lui anra été indiqué, et choisira aussitôt un point intermédiaire à terre.

114. Enfin, à défaut d'objet saillant ou distinct, le chef de bataillon enverra l'adjudant-major se placer à trente on quarante pas en avant, face à la colonne, et l'établira, en lui faisant signe de son épée, sur la direction que devra suivre le pre­mier guide ; l'adjudant-major étant ainsi placé, le premier guide loi fera face aussitôt, choisira deux points à terre dans la ligne droite qui irait passer entre ses talons, et prendra successivement de nouveaux points à terre à mesure qu'il avan­cera, ainsi qu'il a été expliqué dans l'Ecole de pe­loton, no. 79.

115. Ces dispositions étant faites, le chef de bataillon commandera :

1. Colonne en avant.

2. Guide à gauche (ou à droite).

3. MARCHE.

116. Il sera facile au premier guide de se main­tenir correctement sur la direction, en marchant toujours sur le prolongement des deux points en avant qu'on lui aura indiqués, ou qu'il aura choi­sis ; si ces points sont des objets élevés au-dessus du sol, il sera assuré d'être sur la vraie direc­tion, toutes les fois que le point le plus près de lui masquera celui qui est le plus éloigné.

117. Les guides suivants conserveront exacte­ment le pas et la distance, et marcheront chacun dans la trace du guide qui les précède immédia­tement, sans s'occuper de la direction générale.

118. L'adjudant-major se tiendra à hauteur du premier guide, pour veiller à ce qu'il ne s'écarte [159] pas de la direction qu'il doit suivre, et à ce que le guide de la seconde subdivision marche exacte­ment dans la trace du premier.

119, L'adjudant se tiendra à hauteur du der­nier guide de son bataillon, et si quelqu'un des guides précédons s'écart oit sensiblement de la di­rection des deux guides de la tête, il rectifier oit cette erreur, et empêcher oit qu'elle ne se pro­page ; mais cette rectification n'aura lieu que lors­qu'elle sera nécessaire pour prévenir des écarts sensibles.

120. Le chef de bataillon se tiendra habituellement sur le flanc du côté de la direction, pour veiller à l'observation du pas, des distances et de tous les principes de la marche en colonne prescrits dans l'Ecole de peloton.

121. Ces moyens, que la pratique de l'Ecole de peloton a dû rendre familiers, assureront la direction d'une colonne avec l'exactitude qu'il, sera nécessaire d'exiger toutes les fois qu'elle de­vra se former en face ou  en arrière, sur la droite ou sur la gauche, en bataille, et lors­qu'elle devra serrer en masse.

122. Mais lorsqu'une colonne, arrivant par-devant ou par-derrière la ligne de bataille, devra se prolonger sur cette ligue pour s'y former à gauche ou à droite en bataille, comme il est essentiel dans ce cas, d'empêcher que la colonne ne puisse ni couper la ligne de bataille, ni s'en écarter d'une manière sensible, on emploiera les moyens suivants.

123. Si la colonne ayant la droite en tête ar­rive par devant la ligne de bataille, le guide de­ la première subdivision se dirigera sur le point intermédiaire qui aura été placé  d'avance sur cette ligne, pour indiquer le point où la colonne devra tourner à gauche et se prolonger sur la [160] nouvelle direction (PL. XII, fig. 1.) ; le chef de la première subdivision de la fera tourner qu'a­près qu'elle aura dépassé d'environ quatre pas la ligne de bataille ; et à l'instant où cette subdi­vision aura tourné, le guide général de droite se portera sur la ligne de bataille à sa hauteur, fera face aux deux points de direction en avant que le chef de bataillon ou l'adjudant-major aura soin de lui indiquer, et marchera correctement sur le prolongement de ces points.

124. Le porte-drapeau se placera de la même manière à l'instant où la subdivision du drapeau aura tourné, et se prolongera sur la ligne de ba­taille à hauteur de cette subdivision, en observant de porter sort drapeau perpendiculairement devant le milieu du corps, et de se maintenir exactement dans la direction du guide général qui le précède, et du point de vue en avant qui lui sera indiqué.

125. Enfin, le guide général de gauche se por­tera de même sur la ligne de bataille, à l'instant où la dernière subdivision du bataillon aura tourné, et marchera correctement dans la direction du porte-drapeau et du guide général de droite qui le précèdent.

126.  Le guide de la première subdivision mar­chera toujours à hauteur du guide général de droite et à environ quatre pas en dedans de lui ; les guides des subdivisions suivantes marcheront chacun dans la trace du guide qui les précède immédiatement, comme il a été prescrit ci-des­sus, no. 117.

127. Le chef de bataillon placé sur le flanc en dehors des guides généraux, veillera à ce que la colonne se maintienne à-peu-près parallèlement, et à environ quatre pas en dedans de la ligne de ses guides.

[161]

128. L'adjudant-major et l'adjudant veilleront à ce que les guides généraux marchent correctement sur la direction des deux points en avant ; et pour cet effet ils se placeront quelquefois en arrière du porte-drapeau, ou du guide général de gauche, pour s'en assurer.

129. Si la colonne est composée de plusieurs bataillons, les guides généraux de chacun se pla­ceront successivement sur la ligne de bataille, à mesure que la subdivision de la tête, celle du drapeau et celle de la queue de leur bataillon au­ront tourné pour se prolonger sur cette ligne, et se conformeront, ainsi que le chef, l'adjudant-major et l'adjudant, à ce qui a été prescrit ci-dessus pour ceux du bataillon de la tête de la colonne.

130. L'adjudant-major de chaque bataillon main­tiendra toujours le guide de sa première subdi­vision à environ quatre pas en dedans de la ligne des guides généraux, quand même les dernières subdivisions du bataillon précédent se seraient jetées plus en dedans ou en dehors, afin d'em­pêcher que la fausse direction d'un bataillon n'influe sur ceux qui le suivent.

131. (PL. XII, fig. 2.) Si la colonne ayant la droite en tête, arrive par derrière la ligne de bataille, le chef de la colonne ou celui du ba­taillon de la tête, conduira le guide de gauche de la première subdivision, non sur le point in­termédiaire placé sur cette ligne, mais plus à gauche de tout le front au moins de la subdi­vision, et fera converser à droite, de manière que la conversion étant achevée, le guide se trouve à environ quatre pas en-deçà du point in­termédiaire.

132. A l'instant où la première subdivision ayant conversé à droite, commencera à se [162] prolonger sur la ligne de bataille, le guide général de droite se portera sur cette ligne, et se diri­gera, sur les deux points en avant ; le porte-dra­peau s'y portera à son tour, lorsque la subdivision du drapeau aura conversé, et enfin le guide général de gauche, lorsque la dernière subdivision aura achevé de converser.

133. Si la colonne est composée de plusieurs bataillons, les guides généraux des bataillons suivants exécuteront successivement ce qui vient d'être prescrit pour ceux du bataillon de la tête de la colonne, et se conformeront, ainsi que les guides des subdivisions, le chef, l'adjudant-major et l'adjudant de chaque bataillon, à ce qui a été indiqué ci-dessus pour une colonne arrivant par devant la ligne de bataille.

134. Ces mouvements s'exécuteront dans une colonne, la gauche en tête, arrivant par-devant ou par derrière la ligue de bataille, par les mêmes principes, dans l'ordre inverse.

135. Si enfin la colonne, au lieu d'arriver par-devant ou par-derrière la ligne de bataille, arrivait par la droite ou par gauche, et si elle devait se prolonger sur cette ligne pour s’v former ensuite à gauche ou a droite en bataille, le chef de bataillon ferait porter les guides généraux sur le flanc de la colonne, par le commandement guides généraux sur la ligne, et ces guides se prolongeront sur la ligne de bataille, en se conformant à ce qui a été prescrit ci-dessus.

136. Si, au lieu de faire marcher la colonne au pas cadencé, le chef de bataillon voulait la faite marcher au pas de route, il ferait précéder le commandement marche de celui pas de route.

137. Tout ce qui vient d’être prescrit ci-dessus pour la direction, est également applicable à une colonne qui marche au pas de route.

[163]

Observations relatives à la marche en colonne.

138. Quoique le pas non cadencé doive être habituellement celui des colonnes en route, et qu'il doive le plus souvent être employé aussi dans les évolutions de ligne, parce que procurant aux soldats les moyens de marcher à l'aise, c'est celui qui convient le plus aux grands mouvements et aux terrains difficiles ; comme néanmoins il faut avant tout s'attacher à affermir les soldats dans la mesure et le mouvement du pas cadencé, on ne fera usage du pas de route dans les exer­cices par bataillon, que pour se rendre sur le terrain d'exercice, et pour en revenir, ou bien pour enseigner le mécanisme des mouvements de la colonne de route, ainsi qu'il sera expliqué ci-après, no. 148 et suivants.

139. On pourra faire marcher quelquefois en colonne au pas accélère, lorsque les soldats sont bien affermis dans la cadence du pas ordinaire.

140. On doit choisir pour guides généraux deux sous-officiers qui ne laissent rien à désirer, suit pour la précision du pas, suit pour l'habitude de se prolonger sans varier, sur une direction donnée: ces deux sous-officiers seront placés dans l'ordre en bataille, l'un derrière le peloton de droite, l'autre derrière celui de gauche de leur bataillon ; feront nombre dans les serres files de ces deux pelotons, et seront destinés à remplir, outre les fonctions qui viennent de leur être pres­crites dans cet article, celles qui leur seront in­diquées ci-après dans la marche en bataille ; on les distinguera par la dénomination de guide généraux de droite et guide généraux de gauche.

141. les porte-drapeaux porteront leurs drapeaux perpendiculairement entre les deux yeux, le talon à la hauteur de la ceinture, toutes les [164] fois qu'étant placés sur le flanc de la colonne, ils devront se prolonger sur la ligne de bataille.

142. Comme lorsqu'une colonne se prolonge sur la ligne de bataille, il est très important que les guides généraux marchent correctement sur cette ligne, il faut que les chefs de bataillon, les adjudans-majors et les adjudants qui doivent les y maintenir, puissent, autant qu'il sera possible, toujours voir les deux objets sur lesquels la marche des guides généraux devra être dirigée ; en conséquence, toutes les fois que le terrain n'offrira pas d'objets saillants, le chef de la co­lonne doit y suppléer d'avance par des aides-de-camp, ou des officiers à cheval, qu'il pourra multiplier autant que les circonstances l'exigeront.

143. Trois aides-de-camp ou officiers à cheval pourront prolonger une ligne aussi longtemps qu'où voudra, de la manière suivante : ils se pla­ceront d'avance sur la ligne de bataille, le pre­mier au point où la tête de la colonne devra y entrer, le second à trois ou quatre cents pas der­rière le premier, et le troisième à pareille dis­tance derrière le second : l'aide-de-camp placé au point où devra arriver la tête de la colonne, y restera jusqu'à ce que la première subdivision ait tourné, après quoi il se portera au galop à trois ou quatre cents pas derrière le troisième ; le second fera à son tour la même chose, lors­que la tête de la colonne arrivera près de lui, et ainsi de suite. Ces officiers ne mettront pas pied à terre, feront face à la colonne, et s'ali­gneront correctement en file l'un derrière l'autre: ce sera toujours sur eux que se dirigeront les guides généraux, et il sera d'autant plus facile a ceux-ci de se maintenir sur la direction, que pouvant toujours voir les officiers à cheval par­dessus la tête des guides précédents, la faute de [165] l’un deux qui viendrait à s'écarter de la ligne, ne saur oit induire en erreur les guides généraux suivants.

144. Un seul aide-de-camp ou officier à che­val pourra suffire à assurer la direction d'une co­lonne, lorsque le point de vue vers lequel elle devra se diriger sera bien distinct ; alors l’aide-de-camp ira se placer sur la ligne de bataille au-delà du point où devra se porter la tête de la colonne, y restera aussi longtemps qu'elle mar­chera, et servira ainsi de point intermédiaire pour assurer la marche des guides généraux.

145. Pour une colonne d'un ou deux bataillons, il suffira d'employer des hommes à pied pour in­diquer la ligne que devront suivre les guides gé­néraux.

ARTICLE   2.

Colonne en route.

146. C'est un principe général pour les colonnes en route, connue pour celles en manœuvre, de l'occuper jamais de la tête à la queue de la co­lonne plus d'espace qu'elles  n'occuper oient  en bataille.

147. L'observation de ce principe n'exige au­cune règle particulière dans une colonne en ma­nœuvre; mais comme le» colonnes en route ren­contrent fréquemment des chemins étroits, des ponts et  des défilés qui obligent à diminuer le front des subdivisions, il est nécessaire d'indi­quer la méthode qu'elles devront observer dans ce cas, pour pouvoir conserver le pas de route le plus longtemps possible, sans que la colonne s'allonge ; ainsi,

1°.

148. Lorsqu'une colonne par peloton au pas de route rencontrera un défilé qui ne donnera passage [166] qu'à une section, elle rompra les pelotons avant d'y entrer. (PL. XIII, fig. 1.)

149. Ce mouvement pourra s'exécuter par pe­loton successivement ; pour cet etiet, le chef du peloton de la tête le fera rompre sur l'avertis­sement du chef de bataillon ou de l'adjudant -ma­jor, et par les commandements et moyens prescrits dans l'École de peloton ; chacun des pelotons suivants viendra successivement rompre à la même place où celui de la tête aura rompu.

150. Ou bien le chef de bataillon pourra faire rompre tous les pelotons à la fois ; à cet effet il commandera :

1. Rompez les pelotons.

1. MARCHE.

151. Tous les chefs de peloton, les chefs des secondes sections, et toutes les sections du bataillon se conformeront à la fois, pour l'exécu­tion de ces commandements, à ce qui a été pres­crit dans l'Ecole de peloton.

2o

152. La colonne étant par section, si le défaut d'espace oblige a en diminuer le front, les chefs de section feront mettre une ou plusieurs files en arrière (PL. XIII, fig. 2.), suivant le rétrécissement du défilé, et se porteront en même temps sur le flanc de leur section, à la place de leur guide qui reculera au second rang ; le serre file de la section se portera en même temps der­rière le chef de section, et le guide au troisième rang.

153. Pour diminuer ainsi le front des sections, on rompra alternativement, et à nombre égal des files de droite et des files de gauche, à me­sure que le défaut d’espace l’enigera jusqu’a [167] ce que front de la section soit réduit à six hommes, non compris le chef de section.

3o

154. La section étant à six de front, non compris le chef de section, si le défaut d’espace oblige de diminuer encore le front, comme alors il ne pourrait plus y avoir des files en arrière que d’un seul côté, il devient indispensable, pour éviter que la colonne ne s’allonge, de faire serrer les rangs et de prendre le pas cadencé ; pour cet effet le chef de section commandera :

1. Serrez vos rangs.

2. MARCHE.

155. Les deux derniers rangs, ainsi que les files qui sont en arrière, serreront vivement, la section prendra le pas cadence et l’arme au bras (PL. XIII, fig. 3.) ; ce qui étant exécuté, le chef de section fera rentrer en ligne à la fois toutes les files qui seul en arrière du côté opposé au guide, et rompre en même temps du côté du guide le même nombre de files, plus une ou deux, selon que le front devra être diminué d’une ou deux files ; et afin que les files qui doivent rentrer en ligne n’en soient pas empêchées par le défaut d’espace, et n’arrêtent pas ainsi le mouvement de celles qui doivent rompre du côté opposé, le chef de section avertira les files qui devront continuer à marcher de front, d’obliquer fortement vers le côté du guide, ainsi qu’il a été expliqué dans l’Ecole de peloton, no. 241.

4o.

156. (PL. XIII, fig. 4.) La section étant à quatre de front, non compris le chef de section, si le défaut d’espace oblige à diminuer d’une file encore le front, le chef de section ne fera point [168] rompre de nouvelle file, mais avertira les quatre files de continuer à marcher, et s'arrêtera de sa personne, ainsi que le guide et le serre-file de sa section placés derrière lui ; il avertira aussitôt les files qui sont en arrière d'appuyer du côté opposé au guide l'espace d'une file, et le chef de section, ainsi que le guide et le serre-file suivront alors la file extérieure de Celles qui auront continué à marcher de front ; par ce moyen les files rompues auront plus d'espace pour marcher, que si le chef de section en avait fait rompre une nouvelle.

5°.

157. (PL. XIII, fig. 5.) Le chemin venant à s'élargir, le chef de section ainsi que le guide et le serre-file qui marchent, derrière lui, ren­treront en ligne ; le chef de section y fera ren­trer ensuite une ou plusieurs files, à mesure que l'élargissement du chemin le permettra, la sec­tion continuant toujours à marcher à rangs serrés et au pas cadencé.

6°.

158. (PL. XIII, fig. 6.) Des qu'il y aura six files en ligne, non compris le chef de sec­tion, ce chef observera , avant de faire reprendre le pas de route, de faire rentrer en ligne la moitié des files qui sont encore en arrière, et de faire rompre en même temps pareil nombre de files du coté oppose au guide ; la section se trouvant ainsi à six de front  avec des files en arrière en nombre égal de chaque côté, le chef de section commandera :

1. Pas de route.

2. MARCHE.

3. L’arme = A VOLONTÉ.

159. Ces commandements s'exécuteront comme [169] il a été prescrit dans l'Ecole de peloton, n°s. 243 et 244.

160. (PL. XIII, fig. 7.) Le chef de section fera ensuite entrer alternativement des files de droite et des files de gauche ou ligne, à mesure que le chemin s'élargira.

161. Tous les mouvements indiqués ci-dessus s’exécuteront au commandement des chefs de section, d'abord dans la section de la tête de la colonne, et successivement dans toutes les sections suivantes, à mesure qu'elles arriveront à la même place.

162. La section de la tête suivra les sinuo­sités du chemin ou du défilé ; les sections sui­vantes re s'occuperont pas de la direction, mais passeront toutes successivement   la où celle qui les précède aura passe. Les soldats ne chercheront jamais à éviter les mauvais chemins, chaque homme devant, autant qu'il est possible, passer la où sa direction le conduit.

163. Les changements de direction s'exécuteront toujours sans commandement,   lorsque la section marchera au pas de route ; les chefs de section en avertiront seulement leur section, lorsque le changement de direction sera un peu considérable, et les deux derniers rangs, ainsi que les files qui sont en arrière, l'exécuteront successivement à la même place que le premier rang.

164. Les deux sections de la tête étant sorties du défile,  le chef de peloton le fera former, sur l'avertissement que lui fera le chef de ba­taillon ou l'adjudant-major ; les chefs des pelo­tons suivants les feront former successivement à mesure qu'ils arriveront à la même place.

165. Le chef de bataillon, l'adjudant-major et l'adjudant veilleront avec soin à l'observation des principes prescrits dans cet article, à ce que la colonne ne s'allonge jamais, et qu'il n'y ait [170] ni temps d'arrêt, ni à-coup dans la marche, ce qui dépend principalement de l’attention des chefs de section à faire conserver toujours la même allure, sans la callentir ni l'accélérer.

166. Le chef de bataillon ou l'adjudant-major se tiendra à la tête du bataillon pour régler le pas de la première subdivision, et indiquer au chef de cette subdivision l'instant où il devra faire exécuter les divers mouvements de files pres­crits ci-dessus, selon que les circonstances pour­ront l'exiger.

167. Si la colonne est composée de plusieurs bataillons, chacun deux exécutera à son tour ce qui vient d'Être prescrit pour celui de la tête de la colonne, en observant que ce soit à la même place, et de la même manière.

168.  Afin de rendre le mécanisme de tous ces mouvements familier aux troupes, et de les ha­bituer à marcher en colonne de route dans des chemins étroits, sans que la  colonne s'allonge jamais, les chefs de bataillon feront marcher habituellement le pas de route, lorsque les ba­taillons se rendront à leur terrain d'exercice ou qu'ils en reviendront, et les feront passer quel­quefois dans des passages étroits, afin de faire mieux sentir l'utilité des principes prescrits ci-dessus ; ils pourront même dans le cours des exercices, lorsque les soldats seront bien affermis dans la longueur et la cadence du pas ordinaire, faire marcher quelquefois le bataillon en colonne de route,   le faire rompre par section, tantôt à la fois, tantôt successivement, et f'aire exécuter ensuite les divers mouvements de file qui ont été expliqués.

169. Pour cet effet, le chef de la section de la tête fera réduire successivement le front de sa section à quatre, et fera rentrer ensuite [171] successivement les files en ligne, en se confor­mant aux principes prescrits ci-dessus ; le chef de bataillon chargera l'adjudant-major d'y veil­ler, et d'indiquer au chef de cette section le mo­ment où il devra faire exécuter les divers mouvements de file qui ont été expliqués dans cet article.

170. Le chefs de bataillon veillera lui-même à ce que les sections suivantes exécutent cha­cune le même mouvement que celle qui les pré­cède immédiatement, à la même place, et que la colonne ne s'allonge pas.

171. Quelques répétitions de cette leçon affermiront les chefs de section dans le mécanisme de ces mouvements, et habiliteront les soldats à exécuter avec facilité et précision tous ceux que la nature des chemins pourra exiger dans une colonne en route.

172. L'observation des règles prescrites ci-dessus pour diminuer le front d'une colonne sui­vant les circonstances, est d'autant plus facile, qu'elle n'exige de la part des chefs de section, que l'attention de taire exécuter, chacun à leur tour,   les mêmes mouvement qu'ils verront exécuter dans la section qui les précède,   respec­tivement.

Observations générales relatives à la colonne en route.

173. De toutes les leçons qu'on puisse donner aux troupes, il n’en est pas de plus importante par ses applications, que celle de la colonne en route : si cette instruction n'est pas établie sur de bons principes, il arrivera le plus souvent que la queue d’une colonne en route sera obligée de courir pour regagner ses distances, ou la tête de s'arrêter pour attendre que la queue ail [172] rejoint ; que la colonne occupant trop d'espace ne sera pas en état de résister à une attaque im­prévue ; que la marche durera plusieurs heures de plus que si elle s'était faite en bon ordre ; que les troupes seront harassées, et que le général ne pouvant calculer le temps qu'une colonne emploiera à parcourir un espace donné, ne saura jamais combiner avec précision la marche de plusieurs colonnes entre elles.

174. L'allure ordinaire d'une colonne qui fait route dans de beaux chemins et dans un pays uni, doit être de quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix pas par minute ; cette vitesse peut se soutenir facilement , quelle que soit la profon­deur de la colonne ; mais dans les chemins gâtés par les pluies, dans les terres labourées, dans les sables ou dans les montagnes, l'allure doit être d'environ soixante-seize par minute ; c'est au chef de la colonne à la régler selon les circonstances : une colonne d'un régiment ou même d'une brigade pourra marcher facilement de quatre-vingt-dix à cent pas lorsqu'il sera né­cessaire.

175. Le plus sûr moyen de bien marcher en route, c'est que la colonne conserve toujours un mouvement égal et réglé, et que si quelque obs­tacle oblige une ou plusieurs subdivisions à ralentir ou raccourcir le pas, elles  reprennent leur allure primitive aussitôt que cette cause cessera.

176. Une subdivision ne doit jamais laisser trop d'intervalle entre elle et la subdivision pré­cédente, mais il est quelquefois nécessaire de resserrer l'intervalle, pour ne pas retarder la marche, ainsi qu'il va être expliqué.

177.  Si, par exemple, la subdivision de la tête rencontre, un mauvais passage, une cote rapide, ou un autre obstacle quelconque qui l'oblige de [173] ralentir ou de raccourcir son pas, la subdivision suivante ne doit pas pour cela ralentir ni rac­courcir le sien avant d'arriver à la même place, quand même il faudrait serrer entièrement sur la première ; la troisième subdivision doit observer à son tour la même chose à l'égard de la seconde, la quatrième à l'égard de la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la queue de la colonne.

178.  Si, au lieu d'observer cette règle, toutes les subdivisions de la  colonne ralentissaient  ou raccourcissaient leur pas en même temps que celle de la tête, il en résulterait, en supposant la lon­gueur de la colonne de 600 toises, que la dernière subdivision aurait commencé à ralentir sa marche à 600 toises de l'obstacle, et par une conséquence nécessaire, il faudrait, pour empêcher que la co­lonne ne s'allongeât, que la subdivision de la tête continuât à ralentir ou à raccourcir son pas jus­qu'à 600 toises au-delà : il est aisé de voir à quel point cela retarderait la marche d'une colonne, si elle venait à rencontrer souvent de semblables obstacles.

179. Il arriverait encore, si l'on s'attachait à conserver toujours exactement la distance entre les subdivisions, que celle de la tête venant à ralen­tir ou à raccourcir son pas, la seconde subdivision ne s'en apercevrait qu'après un ou deux pas au moins, et aurait ainsi resserré plus ou moins sa distance ; la même chose arriverait de la seconde subdivision à la troisième, de la troisième à la quatrième, et ainsi de suite, d'où il résulterait que chacune de ces subdivisions serait ensuite obligée de marquer ou de raccourcir le pas plus ou moins longtemps pour reprendre leur distance, ce qui produirait des temps d'arrêt, des à-coups, et une ondulation perpétuelle dans la colonne.

180. On évitera tous ces inconvénients, si chaque [174] subdivision conserve la même allure jusqu'au moment ou elle rencontrera l'obstacle, et les dis­tances se rétabliront ensuite tout naturellement, parce que chaque subdivision reprenant son allure primitive au moment où elle aura dépassé l'obs­tacle, pendant que la subdivision suivante y étant encore engagée sera obligée de ralentir la sienne, il arrivera par-là que la première subdivision de la colonne s'éloignera, de la seconde, dans la même proportion où la seconde avait d'abord serré sur la première ; ce qui ayant lieu successivement dans toutes les subdivisions, chacune se trouvera en sortant de l'obstacle, à la distance où elle devra être de celle qui la précède.

181. Par le moyen qu'on vient d'indiquer, jamais une colonne ne pourra s'allonger ; mais lorsqu'elle rencontrera une côte nu une montagne, il arri­vera que la partie delà colonne qui monte aura resserré ses distances à proportion de ce qu'elle aura été obligée de ralentir on de raccourcir le pas en montant ; en sorte que si elle a voit été forcée de retarder son allure d'un sixième, par exemple, il s'en faudrait d'une sixième que chaque subdi­vision de cette portion de la colonne n'eût l'espace nécessaire pour se former en bataille , tandis que la portion qui marche encore dans la plaine, ou qui aura déjà gravi la montagne, aurait ses distances ; si dans cette circonstance la colonne était obligée de se former en bataille pour faire face au flanc, chacune des subdivisions qui se trouveront n'avoir pas entre elles et la précédente un espace égal à l'étendue de leur front, laisserait hors de ligne une ou plusieurs files, sui­vant qu'elle manquerait de terrain, ce qui n'aurait aucun inconvénient, puisque les files surnuméraires de chaque bataillon pourraient former un ou deux pelotons, qu’on placerait en réserve [175] derrière leur bataillon, ou qu’on emploierait à renforcer les parties de la ligne qui en auraient besoin.

182. Si, au lieu de faire face au flanc, la colonne devait se former en bataille face en avant ou face en arrière, moins elle occuperait d'espace en profondeur, et plus tôt la ligne se trouveront formée ; il est donc démontré que le principe qu'on a établi ci-dessus offre l'avantage de rendre la marche d'une colonne plus vive et moins fa­tigante, sans l'exposer à aucun danger en cas d'attaque.

183. Toutes les fois que la tête d'une colonne descendra une montagne ou une côte, elle doit conserver la même allure qu'elle avait dans la plaine.

184. Lorsque le chef d'une colonne jugera nécessaire de lui faire accélérer ou ralentir son pas, il en enverra l'ordre aux chefs des divers bataillons, en leur prescrivant de se régler chacun sur celui qui les précède, et  fera lui-même ralentir ou accélérer insensiblement le pas au bataillon de la tête, jusqu'à ce que l'allure de ce batail­lon soit telle qu'il aura jugé nécessaire.

185. Lorsqu’une colonne sera composée de plu­sieurs bataillons, le chef de la colonne laissera toujours un aide-de-camp à la queue de la colonne, pour venir promptement l'avertir si la queue avait de la peine à suivre.

186. Lorsqu’une colonne marchera par peloton, si le défaut d'espace oblige de rompre quelques files seulement, les chefs de peloton feront mettre des files de droite et des files de gauche en arrière ; mais si le défaut d'espace est tel qu’il faille, diminuer le front de moitié, on préférera alors de faire rompre par section.

187. On doit toujours préférer de rompre les [176] pelotons par bataillon à la fois ; mais pour former les pelotons, il est indiffèrent une ce mouvement s'exécute par bataillon à la fois ou successivement. Dans une colonne par section, il est pré­férable aussi de faire rompre au commandement du chef de bataillon, dans toutes les sections à la fois, le nombre de files nécessaire, avant d'en­trer dans le défile, lorsqu'on en connaîtra d'a­vance la largeur dans sa partie la plus étroite : lorsque le défaut d'espace obligera une section de prendre le pas cadencé, elle devra avoir at­tention de conserver la même vitesse qu'elle avait au pas de route.                    

188. Les sections doivent toujours bien allonger le pas en obliquant, soit pour rompre, soit pour former le peloton ; il en sera de même pour les files que l'on mettra en arrière, ou qu'on fera rentrer en ligne. Lorsqu'on rompra ou qu'on for­mera les pelotons successivement, il est de la plus grande importance qu'aucune subdivision ne ralentisse ni ne raccourcisse son pas, pendant que celle qui la précède exécute ce mouvement, sans quoi la colonne s'allongerait.

189. Il a été démontré ci-dessus qu'une co­lonne ne saurait marcher au pas de route sur moins de six hommes de front,  non compris le chef de section, sans s'allonger ; une colonne qui marcherait au pas de route sur trois de front, non compris les chefs de  section, tiendrait le double de l'espace qu'elle occuperait en bataille, et si elle était attaquée inopinément, elle courrait  risque  d'être battue avant de pouvoir se former. D'âpres ces considérations, on doit pré­férer, lorsqu'on sera près de l'ennemi, d'exécuter la marche au pas cadencé et à rangs serrés, si le chemin ne permet pas de marcher sur six de front, non compris le chef de section. [177]

190. Si une colonne vient à rencontrer un pas­sage tellement étroit, qu'elle soit obligée de dé­filer sur un ou sur deux de front, le chef de la colonne doit faire passer par une ou par deux files à la fois ; les files doivent se suivre le plus près possible, et sans perdre de temps ; les sec­tions se formeront à mesure qu'elles passeront ; la tête marchera en avant, jusqu'à ce qu'elle ait laisse entre elle et le défilé l'espace nécessaire pour contenir la totalité de la colonne serrée en masse ; elle s'arrêtera alors, et attendra que la queue ait passé.

ARTICLE 3.

Changement de direction en colonne avec distance entière.

191. Le chef de bataillon voulant faire changer de direction, en donnera l'ordre au chef de la première subdivision de la colonne, et se por­tera aussitôt de sa personne à la place où le mou­vement devra commencer ; il s'y placera, soit que le changement de direction doive se faire sur le côté du guide, ou bien sur le côté opposé, comme il est représenté planche XIV, fig. 1 et 2, et restera dans cette position jusqu'à ce que la dernière subdivision de son bataillon soit arrivée à sa hauteur.

192. Le guide de chaque subdivision se diri­gera de manière à passer devant et contre la tête du cheval du chef de bataillon, où, étant arrivé, le chef de subdivision fera changer de direction par les commandements et d'après les principes prescrits dans l'Ecole de peloton.

193. Lorsque la colonne changera de direction sur le côté opposé aux guides, le chef de batail­lon veillera avec soin à ce que le guide de [178] chaque subdivision, en conversant, ne se jette ni en dehors ni en dedans, mais qu'il passe par tous les points de l’arc de cercle qu'il devra décrire.

194. Toutes les fois qu'il ne s'offrira pas dans la nouvelle direction, d'objet saillant ou distinct qui' puisse servir de point de vue au guide de la tête, l'adjudant-major s'y portera un peu d'a­vance à trente ou quarante pas, et le premier guide prendra, aussitôt qu'il aura tourné, deux points à terre dans la ligne droite qui partant de lui iroit passer entre les talons de l'adjudant-major, lequel lui fera face ; ce premier guide prendra de nouveaux points à mesure qu'il avan­cera.

195. L'adjudant veillera à ce que les guidée se dirigent sur le chef de bataillon placé au point de conversion, de manière à raser la tête de son cheval.

196. Lorsque la colonne sera composée de plusieurs bataillons, le chef du second bataillon se placera au point de la conversion à l'instant où celui du bataillon qui précède quittera cette place, ainsi de suite de bataillon en bataillon, jusqu'à la queue de la colonne ; il n'y aura que l'adjudant-major du premier bataillon seulement, qui se portera à 40 ou 40 pas en-avant sur la nouvelle direction, la tête de chacun des autres bataillons devant suivre la trace du bataillon précédent.

Observations relatives aux changements de direction en colonne.

197. On a démontré dans l'Ecole de peloton, combien il est important que chaque subdivision exécute son changement de direction précisément à la même place que celle de la tête, et y arrive carrément ; que le point de la conversion se trouve toujours dégagé de manière que la subdivision [179]

qui converse n'arrête jamais le mouvement de la subdivision suivante ; et que le guide de chaque subdivision placé du côte de la direction, n'allonge ni ne raccourcisse son pas en tournant : plus la colonne sera profonde, et plus l'observation rigoureuse de ces principes sera nécessaire, parce qu'une faute peu sensible à la tête, le deviendrait infiniment si elle se propageait, jusqu'à la queue d'une colonne profonde, ce que les chefs de ba­taillon, les adjudants-majors et les adjudants doi­vent prévenir avec le plus grand soin.

198. Lorsqu'il ne s'agira que d'instruction, le chef de bataillon, au lieu de se porter de sa per­sonne au point de la conversion, pourra y en­voyer un jalonneur ; mais si la colonne est com­posée de plusieurs bataillons, il se portera lui-même à cette place.

ARTICLE 4.

Changement de direction en colonne avec dis­tance entière par la prompte manœuvre.

199. Les changements de direction par la prompte manœuvre, consistent à porter rapidement sur une nouvelle direction une colonne en marche, en y faisant arriver les subdivisions par le flanc, au lieu de continuer à se prolonger sur la di­rection primitive, pour venir changer successi­vement de direction à la même place que la sub-division de la tête de la colonne.

200. Ainsi une colonne avec distance entière étant en marche par peloton, la droite en tête, le chef de bataillon voulant lui faire changer de direction à gauche par la prompte manœuvre, avertira le chef du premier peloton de faire tourner à gauche, et indiquera en même temps au guide de gauche de ce peloton, le point en avant vers [180] lequel il devra se diriger après avoir tourné ; ou à défaut d’objet distinct qui' puisse servir de point de direction au guide de la tête, enverra l'adjudant-major se placer à trente ou quarante pas en avant sur la nouvelle direction. (Pl. XIV, fig. 3.)

201. Le peloton de la tête tournera à gauche au commandement de son chef et le guide de ce peloton se prolongera ensuite sur la nouvelle di­rection par les moyens indiqués ci-dessus, n°. 194.

202. Lorsque deux pelotons au moins seront entrés dans la nouvelle direction, le chef de ba­taillon commandera :

1. Prompte manœuvre par le flanc droit.

2. Six derniers pelotons pas accéléré. = MARCHE.

203. Au commandement marche, tous les pelotons ; hors ceux qui sont entrés sur la nouvelle direction, feront à droite en marchant, et prendront le pas accéléré ;  les pelotons conduits chacun par leur chef qui se portera à côté de son guide de droite, marcheront ainsi par le flanc vers la nouvelle di­rection, et viendront successivement prendre rang dans la colonne en appuyant vers la tête de la colonne aussi longtemps qu'elle continuera à mar­cher en avant ; et en y entrant, chaque peloton prendra une direction parallèle à celle du peloton qui le précède.

204.  A mesure que chaque chef de peloton arrivera à hauteur du guide de gauche de ceux qui ont déjà pris rang dans la colonne, il s'arrêtera de sa per­sonne, verra filer son peloton, en veillant a ce que le guide de droite qui le conduit, se dirige parallèlement au peloton qui précède ; et lorsque le guide de gauche sera arrivé à hauteur du chef de peloton, ce chef commandera :

1. Peloton.

2. HALT.

3. FRONT.

4. MARCHE.

5. Guides à gauche.

[181]

205. Ces commandements se suivront rapidement.

Au second, le peloton arrêtera.

206. Au troisième, le peloton fera face par le premier rang, le chef de peloton se portera aussitôt à deux pas devant le centre, et le guide de gauche

se placera promptement sur la direction des précédents.

207. Le commandement de marche sera prononcé à l’instant où le peloton aura sa distance ; le peloton partira vivement en prenant le pas de celui qui le précède ; le guide de gauche suivra la trace du guide précèdent.

208. Au cinquième, le peloton appuiera insensiblement à son guide de gauche, s’il y avait de l'ouverture entre les files, et se conformera à la direction de ce guide.

209. Le chef de bataillon suivra le mouvement des pelotons qui marchent par le flanc ; et veil­lera avec soin à ce qu'ils appuient vers la tête de la colonne, de manière qu'en y prenant rang, ils n'ayent jamais trop de distance ; pour cet effet, chaque peloton en entrant dans la colonne, doit serrer sur le peloton qui le précède.

210. L’adjudant-major marchera à hauteur du guide de la tête, veillera à ce que ce guide se prolonge exactement sur la direction qui lui aura été indiquée, et que le guide qui le suit, immédiatement marche sur la même direction.

211. L’adjudant suivra le mouvement à hauteur des derniers pelotons.

212. Ce mouvement, dans une colonne la gauche en tête, s'exécutera par les moyens inverses.

Observations relatives à la prompte manœuvre.

213. Il est de la plus grande importance que les pelotons arrivant dans la colonne ne perdent [182] jamais leur distance, et c'est pour cette raison qu'il leur a été prescrit d'appuyer toujours vers la tête de la colonne, en se portant par le flanc vers la nouvelle direction, et de marcher au pas accélère, sans quoi la perte des distances serait inévitable ; c’est aussi pour la même raison qu'on a prescrit aux chefs de peloton de faire leurs commandements rapidement arrivant dans la colonne et de faire celui de MARCHE avant de

Commander guide à gauche.

214. On pourrait aussi, si on le jugeait à propos, faire marcher d'abord les deux pelotons de la tête par le flanc, en même temps que  les pelotons,

suivants les diriger de manière à les faire entrer carrément sur la nouvelle direction qu'on voudrait prendre, où étant arrivés, ces pelotons feraient FRONT pour se prolonger ensuite sur la nouvelle direction.

215. Si le chef de bataillon voulait arrêter la colonne avant que tous les pelotons ne fussent entrés sur la nouvelle direction, ceux qui y seraient, arrivés, seulement, s'arrêteraient au commandement HALTE du chef de bataillon ; ceux qui seraient encore par le flanc ne s'arrêteraient point, mais continueraient à marcher en appuyant en arrière, et se porteraient ainsi sur la nouvelle direction à la distance de leur front du peloton précédent ; ils se formeraient ensuite en bataille, à mesure qu'ils prendraient rang dans la colonne, si les pelotons de la tête avaient exécuté ce mou­vement.

ARTICLE 5.

Arrêter la colonne.

216. La colonne étant en marche, le chef de bataillon voulant l'arrêter commandera:

[183]

1. Colonne.

2. HALTE.

217. Au commandement de halte, qui sera répété par les chefs de peloton, à l'instant où ils l’entendront prononcer, la colonne s'arrêtera ; aucun guide ne bougera plus, quand même il n'aurait pas sa distance, ou ne se trouverait pas sur la direction des guides précédents.

218. La colonne étant arrêtée, si le chef de bataillon veut la former en bataille, il se portera un peu en avant du guide de la tête et lui fera face ; ce guide et le guide suivant observeront de fixer les yeux sur le chef de bataillon, afin de se conformée promptement à la direction qu'il leur indiquera.

219. Si le chef de bataillon juge qu'il soit nécessaire de donner une direction générale aux guides de la colonne, il placera les deux premiers guides sur la direction qu'il voudra donner, et commandera aussitôt après :

Guides à vos chefs de files.

220. A ce commandement, tous les guides suivants se placeront légèrement sur la direction des deux premiers, en laissant exactement distance de pelo­ton de l'un à l'autre ; le chef de bataillon les as­surera sur la direction, et commandera ensuite :

A gauche (ou à droite) = ALIGNEMENT.

221. A ce commandement, chaque peloton s'alignera en appuyant à son guide ; les chefs de peloton se portant à deux pas en dehors de leur guide, aligne­ront promptement leurs pelotons respectifs, en les dirigeant  parallèlement à celui qui précède, com­manderont ensuite, FIXE, et se porteront légèrement à leur place de colonne.

222. Si le chef de bataillon ne jugeait pas nécessaire de donner une direction générale aux [184] guides de la colonne, il se bornerait à rectifier la position de ceux qui se trouveraient trop en dehors ou trop en dedans, par le commandement guide de tel peloton (ou tels pelotons) sortez ou rentrez ; à ce commandement, les guides désignés se placeraient sur la direction, les autres ne bougeraient pas.

223. Si enfin les guides généraux marchaient ; sur le flanc de la colonne, le chef de bataillon l'ayant arrêtée, se porterait en arrière du porte-drapeau, vérifierait si le guide général de la tête et le porte-drapeau sont placés exactement sur le prolongement des deux points en avant, sur lesquels ils avoient dû se diriger, et les assurerait sur cette direction, s'ils n'y étaient pas ; l'adjudant assurerait de la même manière la direction du guide général de la queue, ce qui étant exécuté, le chef de bataillon commanderait :

1. Guides sur la ligne.

224. A ce commandement, le guide placé sur le flanc de chaque peloton du côté de la direction, se portera légèrement sur la direction des guides généraux, et fera face vers la tête de la colonne ; l'adjudant-major placé en avant et face au guide général de la tête, et l'adjudant placé en arrière du guide général de la queue, aligneront promptement les guides des pelotons.

225. Le chef de bataillon ayant vérifié la direction des guides, commandera :

2. A gauche (ou à droite) = ALIGNEMENT.

226. A ce commandement, tous les pelotons de la colonne front   s'appuyer à leurs  guides respectifs, et seront promptement alignés par les chefs de peloton, qui se placeront pour cet effet chacun à deux pas en dehors de leur guide.

Observation.

227. Les moyens indiqués ci-dessus, n°. 219, pour donner une direction générale aux guides [185] d'une colonne, ne peuvent convenir, si elle est, à distance entière, qu'à une colonne d'un ou de deux bataillons au plus ; si le nombre des batail­lons était plus considérable, le chef de la colonne ferait porter le drapeau et les guides généraux de chaque bataillon sur la direction qu'il voudrait donner à la colonne, ainsi qu'il sera expliqué, ci-après, au titre des évolutions de ligne.

ARTICLE 6

Serrer la colonne à distance de section ou en masse.

228. Le bataillon étant en colonne par peloton, à distance entière, lorsque le chef de bataillon voudra faire serrer la colonne à distance de sec­tion, il commandera:

1. A distance de section, serrez, la colonne.

2. MARCHE.

229. Au commandement marche, qui sera répété par tous les chefs de peloton, hors celui de la tête, le premier peloton ne bougera pas si la colonne est de pied ferme, et son chef commandera à gauche (ou à droite) = ALIGNEMENT ; mais si la colonne cal en marche, le chef du premier peloton fera, à l'avertissement du chef du bataillon, les commandements suivants :

1. Peloton.

2. HALTE.

3. A gauche (ou à droite) = ALIGNEMENT.

230. Au commandement marche du chef de batail­lon, tous les pelotons, excepté celui de la tête, se mettront en marche, ou continueront à marcher, et à mesure que chacun arrivera à distance de section de celui qui le précède, son chef l'arrêtera par les commandements ci-dessus.

231. A l'instant où chaque peloton arrêtera, le guide de gauche, si la colonne a la droite en tête, le [186] guide de droite si elle a la gauche en tête, se placera légèrement sur la direction des guides qui précèdent ; le chef de  peloton se portera en dehors de son guide, et fera le commandement à gauche (ou à  droite) =  ALIGNEMENT.

232. Le peloton étant aligné, le chef de peloton commandera FIXE, et se portera à deux pas en avant du centre de son peloton.

233. On ne s'occupera pas de la direction des guides avant qu'ils soient arrêtés ; il suffira que chacun d'eux suive la trace du guide précédent.

234. Le chef de bataillon, placé sur le flanc du côté de la direction, veillera à l'exécution du mouvement, et à ce que les chefs de peloton les arrêtent exactement à distance de section l'une de l'autre.

235. L'adjudant-major se portera à quelques pas en avant du peloton de la tête, fera face au guide placé du côté de la direction, et assurera avec soin la position des guides suivant, à me­sure que chacun d'eux se placera sur la direction.

236. L'adjudant suivra le mouvement à hauteur du dernier guide.

237. Pour faire serrer en masse, le chef de bataillon fera les mêmes commandements que pour faire serrer à distance de section, en subs­tituant l'indication en masse à celle de à dis­tance de section.

238. Les chefs de peloton se conformeront à tout ce qui vient de leur être prescrit ci-dessus, excepté qu'ils n'arrêteront leur peloton qu'à trois pas de distance du peloton qui précède ; les serres-files serreront à un pas du troisième rang lorsque leur peloton s'alignera.

[187]

ARTICLE 7.

Marcher en colonne a distance de section ou en masse.

239. Une colonne à distance de section ou en masse étant de pied ferme, le chef de bataillon la mettra en marche par les commandements pres­crits pour faire marcher une colonne à distance entière.

240. Les moyens de direction seront les mêmes pour une colonne à distance de section ou en masse, que pour une colonne avec distance entière, à l'exception des guides généraux.

241.  Lorsque le chef de bataillon voudra ar­rêter une colonne en marche à distance de section on en masse, il fera les commandements prescrits pour arrêter une colonne avec distance en­tière ; et si ensuite il juge nécessaire de donner une direction générale aux guides delà colonne, il emploiera à cet effet les commandements et moyens indiqués ci-dessus, n°. 219.

242. Dans les colonnes à distance de section, ou à distance de masse, les chefs de peloton péteront les commandements MARCHE et HALTE comme dans les colonnes à distance entière.

ARTICLE 8.

Changements de direction en colonne à distance de section.

243. (PL. XV, fig. 1.) Une colonne en marche à distance de section devant changer de direction, soit sur le côté du guidé ou sur le côté opposé, exécutera ce mouvement par les mêmes commandements et les mêmes principes qu'une co­lonne à distance entière, excepté que dans les changements de direction sur le côte opposé au [188] guide, le pivot de chaque peloton doit faire des pas d'un pied au lieu de les faire de six pouces, sans quoi le point de la conversion ne se trouverait pas dégagé assez tôt, puisque la distance entre les pelotons est de moitié moindre que dans une colonne à distance entière, ce qui exige que le pivot allonge son pas dans la même proportion, pour ne pas arrêter la marche du peloton suivant.

ARTICLE 9.

Changement de direction en masse.

244. Lorsqu'une colonne en masse devra exécuter un changement de, direction, on l'arrêtera si elle est en marche, et le mouvement s'exécu­tera par le flanc des subdivisions de la manière suivante.

245. (PL. XV, fig. 2.) Le bataillon (a) ayant la droite en tête, le chef de bataillon voulant le pla­cer sur la ligne (eb) indiquera à l'adjudant-major l'arbre (b) supposé être le point de direction de droite ; l'adjudant-major établira aussitôt sur la nouvelle direction, deux jalonneurs (c d), distants l'un de l'autre d'un peu moins que l'étendue du front de la première subdivision, et dont le premier sera placé devant la file de droite de cette subdivision, ce qui étant exécuté, le chef de bataillon commandera :

1. Changement de direction par le flanc droite

2. Bataillon = A DROITE.

3. MARCHE.

246. Au second commandement, la colonne, fera à droite, et le chef de chacune des subdivisions se portera à côté de son guide de droite.

247. Au commandement, marche, les subdivisions se mettront en marche toutes ensemble ; le guide de droite de celle de la tête se dirigera dès son premier pas, parallèlement aux jalonneurs placés d'avance [189] sur la nouvelle direction ; le chef de la subdivision n'en suivra pas le mouvement, mais la verra filer, et aussitôt que le guide de gauche l'aura dépassée, il commandera :

1. Peloton (ou division).

2 HALTE.

3. FRONT.

4. A gauche = ALIGNEMENT.

248. Au quatrième commandement, la subdivision se portera contre les deux jalonneurs, et sera promptement alignée par son chef.

249. Le guide de droite de chacune des subdivisions suivantes se conformera à la direction du guide de droite de la subdivision qui précède la sienne dans l'ordre de la colonne, de manière à entrer sur la nouvelle direction parallèlement à cette subdivision, et à trois pas de distance de son dernier rang.

256. Chaque chef de subdivision s'arrêtera de sa per­sonne lorsqu'il sera arrivé sur la direction des guides de gauche des subdivisions déjà placées sur la nouvelle direction, verra filer sa subdivision, et se conformera, pour l'arrêter et l'aligner, a ce qui a été prescrit ci-dessus, nos. 87 et 88.

256. (PL. XV, fig. 2.) Si le chef de bataillon, au lien de faire changer de direction par le flanc droit, vent faire exécuter ce mouvement par le flanc gauche, pour porter la colonne sur une direc­tion qui soit perpendiculaire à celle où elle se trouve placée, il indiquera à l'adjudant-major l'arbre (f) supposé être le point de direction de gauche ; l'adjudant-major établira aussitôt sur la nouvelle direction, deux jalonneurs (h g), dis­tants l'un de l'autre d'un peu moins que l'étendue du front de la première subdivision, et dont le premier sera placé devant la file de gauche de cette subdivision, ce qui étant exécuté, le chef de bataillon commandera : [190]

1. Changement de direction par le flanc gauche.

2. Bataillon = A GAUCHE.

3. MARCHE.

252. Au second commandement, toutes les subdivi­sions feront à gauche, et les chefs de subdivision se placeront à côté de leur guide de gauche.

253. Au commandement marche, les subdivisions sa mettront eu marche toutes ensemble, et seront conduites chacune par leur chef.

254. La subdivision de la tête se dirigera des son premier pas, et sera arrêtée et lignée comme il a été prescrit ci-dessus, avec cette seule différence qui le chef de cette subdivision la conduira jus­qu'à ce que son guide de gauche soit près d'arriver à hauteur du jalonneur (g), et l'arrêtera un instant avant qu'elle u'y arrive : il en sera de même pour chacune des subdivisions suivantes.

255. Le chef de bataillon se placera toujours sur le flanc pair lequel les subdivisions devront marcher pour se porter sur la nouvelle direction, et veillera à ce que chaque subdivision y entre parallèlement à celle de la tête, et à la distance prescrite de la subdivision précédente.

256. L'adjudant-major se placera  toujours à quelques pas en avant du guide de la subdivi­sion de la tête, lui fera face, et assurera avec soin la position des  guides suivants, à mesure qu'ils arriveront sur la nouvelle direction.

257. L'adjudant suivra le mouvement à hau­teur de la dernière subdivision.

Observations relatives aux changements de di­rection en masse par le flanc des subdivi­sions.

258. Pour que ce mouvement puisse s'exécuter avec facilité et précision, il est  nécessaire que la subdivision de là tête démasque en entier la colonne ; ainsi, si le mouvement se fait par le flanc droit, il faut que le guide de gauche de cette subdivision arrive pour le moins à la place où était celui de droite, afin que chacune des sub­divisions suivantes ayant au moins l'étendue de son front à marcher pour se porter dans la nou­velle direction, et la gauche de chacune passant ainsi par le point où était sa droite, la subdivi­sion entière puisse se trouver au commandement HALTE de son chef, dans une position parallèle à celle de la tête.

259. Par cette méthode, il n'est point de di­rection qu'on ne puisse donner à une colonne en masse, de quelque nombre de bataillons qu'elle soit composée.

260. (PL. XV, fig. 3.) En effet, la colonne pourra être établie sur telle direction que ce soit de tout le demi-cercle (i, k , l, ) et si elle fait la contre-marche, elle aura l'autre demi-cercle (m, n, o , ) sur lequel on pourra encore l'établir dans telle direction qu'on voudra.

261. A défaut de l'arbre (b ou f) on d'un autre objet distinct qui puisse en tenir lieu, le chef de bataillon placera lui-même les deux jalonneurs sur la nouvelle direction qu'il voudra donner.

ARTICLE 10.

La contre-marche.

262.  Si la colonne est à distance entière ou a. distance de  section, la contre-marche s'exécu­tera par les commandements et moyens prescrits dans l'Ecole de peloton ; le  chef de bataillon substituera la dénomination de bataillon à celle de peloton, et chaque chef de peloton ajoutera au commandement d'avertissement peloton qui [192] précédera celui de HALTE, la dénomination de premier, second , etc. selon le numéro de son peloton.

263. Si la colonne est serrée en masse, la contre-marche s'exécutera parles commandement et moyens suivant :

264. La colonne étant supposée formée par division, la droite eu tête, le chef de bataillon commandera :

1. Contre-marche.

2. Bataillon sur le flanc droit.

3. A DROITE.

4. Divisions paires en avant.

5. MARCHE.

265. (PL. XVI, fig. 1.) Au troisième commande­ment, toute lu colonne fera A DROITE, les chefs de division se porteront à côté de leur guide de droite, le guide de gauche de chaque division fera demi-tour à droit.

266. Au commandement marche, les divisions paires seulement, se mettront en marche par le flanc droit pour démasquer les divisions impaires ; les guides qui auront fait demi-tour à droite ne bou­geront.

267. Lorsque la dernière file des divisions en marche sera près de démasquer le guide de droite de celles qui sont encore de pied ferme, le chef de bataillon commandera :

6. Divisions paires et impaires par file à gauche.

7.  MARCHE.

268. Au commandement marche, qui sera fait à l'instant où les divisions en marche auront achevé de démasquer celles qui sont de pied ferme, toutes les divisions du bataillon exécuteront à la fois la contre-marche [193] en se conformant à ce qui a été pres­crit dans l'Ecole de peloton ; celles qui auront dé­boîté de la colonne ayant exécuté la contre-marche en dehors, continueront à marcher jusqu'à ce qu'elles ayant repris leur place dans la colonne.

269. Chaque division étant près d'arriver à hauteur de son guide de gauche, le chef de division com­mandera:

I. Telle division (ou bien) grenadiers.

2. HALTE.

3. FRONT.

270. Chaque division ayant fait front, le chef de di­vision se portera à deux pas en dehors du guide de gauche, et commandera :

4. A droite = ALIGNEMENT.

271. A ce commandement, la division se portera à hauteur de son guide de gauche, le chef de divi­sion en dirigera l'alignement perpendiculairement à la ligne des guides ; ce qui étant exécuté, il commandera FIXE, et se portera devant le centre de sa division ; le guide de gauche, placé sur la direction, se portera alors a la gauche de lu divi­sion, en passant légèrement devant le premier rang, et sera remplacé par le guide de droite de la divi­sion.

272. La contre-marche, la gauche en tête, s'exécutera d'après les mêmes principes y dans ce cas, comme dans le précédent, ce sera toujours les divisions paires qui déboîteront de la colonne pour exécuter la contre-marche en dehors.

273. Si la colonne, au lieu d être par division, était formée par peloton, les pelotons pairs sor­tiraient de la colonne pour exécuter la contre­marche en dehors.

274. Dans le premier bataillon, les grena­diers exécuteront le même mouvement que les divisions paires, et dans  le second bataillon. [194] ils se conformeront à ce qui est prescrit pour les divisions impaires.

275. Le chef de bataillon, placé sur le flanc du côté de la direction, veillera à l'exécution générale du mouvement.

276. La contre-marche étant exécutée, l'adjudant-major se portera à la dernière division devenue première, et l'adjudant à la première de­venue dernière.

ARTICLE 11.

En colonne par peloton, en masse de pied ferme, la droite ou la gauche en tête, former les divisions.

277. La colonne étant en masse, la droite en tête, de pied l'arme, le chef de bataillon voulant faire former les divisions, commandera: (PL. XVI, fig. 2.)

1. Formez les divisions.

2. Pelotons pairs par le flanc gauche.

3. A GAUCHE.

4. MARCHE.

278. Au troisième commandement, tous les pelotons pairs feront à gauche, et les chefs de ces pelotons se porteront à côté de leur guide, de gauche.

279. Les pelotons impairs, aussi bien que leurs chefs, ne bougeront pas, mais les guides de droite et de gauche de ces pelotons se placeront devant la file qui est à côté d'eux, faisant tous deux face à droite, et appuyant légèrement le bras droit contre la poi­trine de l'homme du premier rang de cette file, afin de jalonner la direction.

280. Au commandement marche, les pelotons pairs seulement se mettront en marche; les chefs de ces pelotons n'en suivront pas le mouvement, mais les laisseront filer ; et lorsqu'ils les verront presque démasqués, ils commanderont : [195]

1. Peloton.

2. HALTE.

3. FRONT

281. Les chefs des pelotons pairs ayant fait ce der­nier commandement, se porteront de leur personne à côté de l'homme de gauche du premier rang du premier peloton de leurs divisions respectives, et s'aligneront correctement sur le premier rang de ce peloton.

282. Le guide de gauche des seconds pelotons se por­tera en même temps en avant d'une des trois dernières files de gauche, de son peloton, et faisant à droite, se placera correctement sur la direction des deux guides du premier peloton, de la division.

283. Le guide de gauche de chaque second peloton étant ainsi placé, le chef de ce peloton commandera :

A droite = ALIGNEMENT.

284. Le second peloton se portera sur l'alignement du premier ; l'homme du premier rang qui se trouve correspondre au guide de gauche, sans précéder son rang, appuiera légèrement sa poitrine contre le bras droit de ce guide, et le chef du second peloton en dirigera l'alignement sur cet homme : l'alignement étant assuré, les chefs des seconds pelotons com­manderont FIXE, mais no se porteront point devant le centre de leur peloton.

285. Le chef de bataillon voyant les divisions formées, commandera :

Guides = A VOS PLACES.

286. A ce commandement, les guides reprendront vivement leur place ; celui de gauche des premiers pelotons passera par la file du chef du second pe­loton, lequel s'effacera ainsi que son sous-officier de remplacement, pour le laisser passer.

287. A ce même commandement, les chefs des pre­miers pelotons, qui étaient restés devant le centre de leur peloton, se porteront à deux pas en avant du centre de la division.

288. Ce mouvement le gauche en tête, s'exécutera par les moyens inverses ; les premiers [196] pelotons se conformeront alors à ce qui est prescrit ci-dessus pour les seconds pelotons, et les guides placés devant la file de droite et de gauche des seconds pelotons, feront face à gauche. Au commandement guides à VOS PLACES du chef de bataillon, le guide de droite et le chef des seconds pelotons prendront leurs places au centre de la division, an premier et au troisième rang, et le chef de la division, qui se trouve à la place que doit venir prendre le chef du second peloton, se portera à deux pas eu avant du centre de la division.

289. Le chef de bataillon, placé sur le flanc du côté de la direction, veillera à l'exécution du mouvement.

290. Si la colonne, au lieu d'être serrée en masse, est à distance entière ou de section, les chefs des seconds pelotons, après avoir com­mande FRONT, se porteront devant le centre de leur peloton, et commanderont, si la droite est en tête :

1. Peloton en avant.

2. Guide à droite.

3. MARCHE.

291. Le guide de droite de chaque peloton se diri­gera de manière à arriver à côté de l'homme de gauche du premier peloton de sa division ; les se­conds pelotons étant arrivés à hauteur du troisième rang du premier peloton de leur division, seront arrêtés par leurs chefs respectifs, qui commanderont:

1. Peloton.

2. HALTE.

3. A droite= ALIGNEMENT.

292. Au commandement HALTE, les chefs, ainsi que le guide de gauche des seconds pelotons, se pla­ceront comme il a été ci-dessus prescrit, nos. 281 et 282

[197]

Observations relatives au mouvement de former les divisions de pied ferme.

293. Ce mouvement pouvant être considéré comme l'élément de tous les déployements, on s'attachera à le faire exécuter très correctement.

294. Si lorsque le second peloton marche par­le flanc, on n'observe pas d'emboîter le pas, il y aura au commandement front des ouvertures entre les files.

295. Si le chef de peloton arrête trop tôt son peloton, il manquera de place pour l'encadrer, et les files qui ne sont pas démasquées seront obligées de pousser les autres en dehors pour pouvoir se placer.

296. S'il l'arrête trop tard, il faudra que le peloton appuie ensuite à droite en s'alignant, et dans un déployement de colonne, l'une ou l'autre de ces fautes induirait en erreur les pelo­tons suivants.

297. Toutes les fois qu'un guide de subdivi­sion se portera devant sa subdivision pour ja­lonner la direction, il aura la plus grande atten­tion à se placer de manière à correspondre à une des trois files extérieures de sa subdivision alignée : s'il prenait trop de distance, eusorte qu'aucune file de sa subdivision ne lui corres­pondit, le chef de la subdivision n'aurait pas de point assuré pour en diriger l'alignement.

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