Military Subjects: Organization, Strategy & Tactics


 

History Paper Award

Institution de la médaille

Reconstitution de la base de données

Statistique du département de la Haute Vienne

Les blessés

Baylen

Anecdotes

Les grandes batailles

Quelle vie

Les Medaillers de Saint Helene

By Dominique Contant, FINS

 

Les dernières pensées de Napoléon, sur son lit de mort, furent pour ses' enfants': les soldats de la grande armée avec ses derniers mots intelligibles ' Qui recule ? ' et ' A la tête …de l'armée '

Après la mort de l'empereur qu'avait fait la France pour ses anciens soldats ?. Il y avait bien les ' secours viagers ' mais ils ne bénéficiaient qu'une partie infime des survivants. Certains Maréchaux, certains Généraux avaient su faire leur carrière durant la restauration. Mais dans les années qui suivirent l'épopée impériale le plus grand nombre des vétérans vivait dans l'oubli et la misère.

Institution de la médaille

Napoléon III, petit-fils de Joséphine et neveu de Napoléon décida en 1857 de créer la médaille de Saint Hélène. Il s'était certainement inspiré de la médaille créée par la reine Victoria pour les corps expéditionnaires de Baltique et de Crimée.

Le décret du 12 août 1857 établissait la création d 'une médaille, appelée ' Médaille de Saint Hélène ' pour tous les vétérans des guerres de la Révolution et de l'Empire, c'est à dire des campagnes de 1792 à 1815. Les ordres furent rapidement donnés aux préfets des départements qui devaient les communiquer aux maires. Il était demandé d'établir la liste de tous les anciens soldats avec Nom, prénom, age, profession et campagnes des militaires de la République et de l'Empire. Si le candidat ne possédait aucun papier justificatif, il devait indiquer le numéro de leur régiment, ainsi que la date de leur incorporation pour être analyses par les services du ministère de la guerre.

Certains préfets donnèrent aux maires des instructions précises, d'autres non. Pour cela quelques listes étaient très incomplètes

La médaille comprenait d'un coté : A ses compagnons de gloire - sa dernière pensée - Ste Hélène 5 mai 1821. De l'autre coté le profil de Napoléon avec l'inscription ' Napoléon I - Empereur '

La médaille allait récompenser 390 000 soldats encore vivants en 1857

Reconstitution de la base de données

Malheureusement l'hôtel de Salm brûla le 24 et 25 mai 1871 et les archives de la médaille furent perdues.

Par chance les départements avaient conservé leurs archives et grâce à des centaines de bénévoles en Belgique et en France il est possible de reconstituer une grande partie de ces archives. A cette date environ 40 % des archives ont été reconstituées.

Monsieur Philippe Ramona, web master du site des médaillés de Saint Hélène a aimablement autorisé les Napoléon Séries à reproduire dans cet article une partie des travaux. Ces travaux de reconstitution représentent le travail de centaines de bénévoles. Le site et la base de données peuvent être consultés à : Les médaillés de Ste Hélène

L'examen des données peut être utile pour les historiens. Elles nous permettront probablement de donner une réponse plus précise sur le nombre de victimes des guerres de l'empire, sur la composition de la Grande armée : l'age ou l'origine des soldats. Un curieux pourra y retrouver des ancêtres, on pourra mieux connaître les régiments, leur évolution et leur participation dans les grandes campagnes.

Statistique du département de la Haute Vienne

La région du Limousin qui a donné les généraux Jourdain, Brune, Souham et le futur Maréchal Bugeaud - présent comme caporal à Austerlitz -

Age moyen - Le plus ancien, un chirurgien du 7° de Gironde - 148°demi-brigade - 34°demi-brigade puis au 34°de ligne, engagé du 14/08/1792 au 29 brumaire an 11 avait 92 ans en 1857. La moyenne d'age des 116 ayant déclaré leur age était de 69 ans, la plus grande partie étant né en 1792 et 1793 ( 64 et 65 ans en 1857). Pour 76 d'entre eux j'ai pu reconstituer l'age d'incorporation : age moyen 20 ans et 6 mois - Certaines dates paraissent suspectes comme Léonard Moissannes, né en 1793 et engagé ( enrôlé ) en 1804 ( 11 ans !) Bien que très jeunes, certains semblent plausibles : engagé dans le 29°chasseurs à cheval à 15 ans ( 1814) - Les plus âgés avaient 27 ans.

Profession - la plus part était cultivateurs. Un sergent du 24° de ligne fait prisonnier à Macon par les Autrichiens le 10.07.1815, évadé le 28 juillet était devenu professeur universitaire.

Jean Charles DUBOZ

Jean Charles DUBOZ
Conscrit de 1810
Entré au 9' hussard le 28 février 1813
Passé au 6' hussard le 6 juillet 1814
Rentré dans ses foyers le 30 septembre 1815
Campagnes de 1813, 1814, 1815
Blessé d'un coup de sabre à la main gauche
("atteint de perte du mouvement du petit doigt de la main gauche")le 26 août 1813.

Les blessés

Le nombre de blessés encore vivants en 1857 est impressionnant comme :

Martial DESPLANCHES, cultivateur, né en 1788, chasseur à pied de la 3° jeune garde et retrouvé à Waterloo au milieu des morts, le nez coupé en deux. Jean AUBAZAT, né en 1789, Brigadier du 4° Régiment d'Infanterie de Ligne a été retrouvé au milieu des morts à Waterloo, mais entièrement dépouillé par les Anglais.

On devine pour certains les terribles souffrances qu'ils ont du connaître comme François ROUVERY, tailleur d'habits, fusillé du 93° et 19° de ligne puis 16° léger qui eut les pieds et les mains gelés et fut blessé au bras droit et au coté gauche à la Bérézina. Ou J.Baptiste BOUCHAUD, Propriétaire Cultivateur du 1° léger, Blessé au siège de Villena d'une première blessure par balle à la main gauche- une seconde à la cuisse gauche et au testicule droit qui fut perforé par la même balle. Le maire de la commune a précisé par lettre au préfet que la 'cicatrice était encore visible', sans préciser laquelle.

L'un des plus impressionnant est Philippe Jacques Bammès, du 10e/2e reg hussards, vingt-deux fois blessé, qui peut se glorifier de la prise d'une pièce de canon à Donnerwerthe en 1805, de celle d'un drapeau à Iéna en 1807; en 1810, il capture un colonel de cavalerie, et une pièce de canon à Campemajor. "On n'est pas plus brave que ce militaire"" Il est surnommé le Patriote"... dit le maire

Certains sont de vrais miraculés comme Gérard LALLEMENT, né en 1787, du 4° de ligne, présumé mort en Russie, prisonnier des Russes et qui réapparut 3 ans plus tard pour s'engager au 51° de ligne.

 

On retrouve de nombreux prisonniers de la campagne de Russie ou à la Berezina (Borizans comme disent certains)

Certains eurent plus de chance comme Claude CLEMENT, né en 1787, voltigeur du 14° Régiment d'Infanterie Légère, blessé d'un coup de sabre dans le bras, prisonnier en Russie et qui réussit à s'évader.

 Isaac BLUM, soldat du 6e d'artillerie fut prisonnier 4 ans en Russie de 1812 à 1816

Baylen

La capitulation de Dupont à Baylen, en Espagne, le 20 juillet 1808 sera l'un des coups les plus durs pour Napoléon dans sa désastreuse campagne d'Espagne. Junot se trouvera isolé au Portugal et devra affronter les insurrections de Oporto, ensuite du Douro à la Guadiana. Les officiers Français retournèrent en France - Dupont et Vedel seraient court martialisés pour avoir capitulé en rase campagne et abandonné les troupes. Le sort le plus triste serait réservé aux 5500 soldats, d'abord à Cadix, puis sur la sinistre île de Cabréra ou seulement 2000 à 3000 reviendrons, véritables squelettes ambulants. C'est donc avec surprise que 47 ans plus tard on retrouve 21 rescapés de l'enfer.

Guillaume Louis MENIAL, né en 1788, 1ère légion des réserves de l'intérieur, prisonnier à la bataille de Bayleu ( ?) en Espagne ( certainement la capitulation de Baylen) (sur)vivra 6 ans à Cabrera ( de 1808 à 1814 ). I imagine that the officers did not know the same fate as the poor soldiers because Jean Louis Marie BOUDET a second-lieutenant of the 122 ° Regiment of infantry de ligne, prisoner after Baylen, escaped on May 10, 1810.

Nous avons pu retrouver 22 survivants en 1857.

Certaines histoires nous donnent des frissons comme Joseph MERCADIER, né en 1798, enfant de troupe, fait prisonnier à Anvers en 1814, envoyé sur les pontons anglais jusqu'en 1815 ( soit à l'age de 16 ans )

Anecdotes

L'amateur retrouvera dans la liste des nombreuses anecdotes comme :

Antoine PLANCHETTE, Soldat du 3°Bt 3°Cie du 37° Régiment d'Infanterie de Ligne qui a tué un espion ennemi pendant la retraite de Russie ensuite il est fait prisonnier à Waterloo après avoir reçu un coup de sabre sur la tête. Il est resté prisonnier 7 mois en Angleterre.

Charles François DUPONT, né le 28 mars 1789, caporal du 48è de ligne 3è bat voltigeurs fut sorti des rangs par un général pour recevoir la croix suite à la prise de ' quelques ' canons à l'ennemi. Certaines histoires sont tristes comme celle de Claude CHARLOT, 1°Bt 1°Cie de carabiniers 21° Régiment d'Infanterie Légère, Prisonnier à Badajoz pendant un an- porté comme déserteur- la colonne mobile est passée dans ses foyers et a dissipé tout.

On peut parfois y trouver de l'humour ( ou de l'ingénuité ) comme lorsque Raymond BOURBONNEAU Soldat du 3° Régiment de Sapeurs du Génie puis chevaux du Régiment d'Infanterie Légère au 6° Lanciers qui déclare avec le plus grand sérieux : "A Fleurus, a reçu quelques blessures mais ""non mortelles""

Pour prouver sa loyauté, Jean Baptiste Adrien GUILBERT, soldat au 8° chasseurs à cheval déclare qu'il a : refusé de servir la ""Femelle des Bourbons"""

Antoine MAISONHAUTE, né en 1794, caporal au 29° de ligne "Il a aussi produit un certificat de non-paiement de 40,50 francs pour 90 journées en 1814 comme caporal. Lors de sa réclamation, sous la restauration, on lui a répondu: Qu'on le payera quand Napoléon remonterai sur le trône !". Plus exigent Jean Anselme DENIS refuse la médaille tant que le gouvernement n'aura pas remboursé 43,50 F Dus pour licenciement en 1815.

Les grandes batailles

La volonté est grande d'essayer de retrouver les combattants des grandes batailles:

François LAMARRE, né en 1772 a fait la bataille de Valmy avec le 16ème dragons 'ci-devant' Orléans 3ème escadron, puis Fleurus et le blocus de Maubeuge. J'ai retrouvé aussi Antoine Salvi ALBENGE du 26ème dragons et 14ème chasseurs, blessé à la tête à la bataille du Pont d'Arcole. Il a certainement connu le petit caporal.

Après la 1° campagne d'Italie, Jean Baptiste LACROIX, né en 1773 du 61e de ligne puis 2e bataillon de la 2e compagnie de grenadiers se trouvait à la bataille des Pyramides.

Pierre MOTTE, 78 ans en 1857, caporal fourrier au 17ème1/2 brigade légère 3ème bataillon Cie carabiniers chasseurs a reçu un éclat d'obus à la tête à Marengo et a perdu l'ouï.

Le seul survivant de la garde consulaire que j'ai trouvé, Hubert CHANAUX, né en 1772, ne nous a pas dit si la garde avait été un bloc de granit à Marengo

Pierre DESCAT avait assisté au combat de Trafalgar sur la frégate La Cornélie.

Pour beaucoup, Waterloo est encore 'l'affaire de Mont Saint Jean ' - Des centaines de survivants, beaucoup ayant été fait prisonniers après la bataille, se trouvaient indigents en 1857. Louis GASDON, 5ème bataillon de Grenadiers à pied de la Garde Impériale était à Waterloo sous les ordres de Cambronne. A-t-il vu le légendaire dernier carré du 2° Bataillon du 2° Chasseur.

Quelle vie!

Certains états de service font rêver : comme Joseph DUGUENOT, né en 1774, chef de bataillon du mythique 1° grenadier de la Vieille Garde - Campagnes :Egypte Allemagne Moscou Waterloo Ile d'Elbe ou encore sont impressionnants comme Jean Louis Marie BOUDET, né le 10/3/1780, sous lieutenant -18ème 1/2 brigade de ligne, GI, 4ème légion, 122ème RIL - entré au service à la 18ème 1/2 brigade le 10 frimaire an II-passé dans la Garde Impériale le 5/2/1802-caporal le 20/2/1805-sgt le 17/3/1806-sous lieutenant à la 4ème légion, devenue 122ème RIL le 28/3/1807- campagnes: ans II, III, IV et V en Italie-ans VI, VII, VIII et IX en Egypte-ans XII et XIII à Boulogne-an XIV et partie de 1806 à la Grande Armée en Allemagne-partie de 1806 et partie de 1807 en Prusse et Pologne-partie de 1807, 1808, 1810 et 1811 en Espagne -blessé d'un coup de feu à la partie moyenne externe du bras droit à St Jean d'Acre Blessé d'un coup de feu à la partie supérieure de l'occipital à Alexandrie Blessé d'un coup de feu à la partie supérieure postérieure de la jambe gauche à Baylen en Espagne - prisonnier de guerre à Baylen le 19/7/1807-échappé des prisons de l'ennemi le 10/5/1810- Légion d'honneur le 1/8/1805. S'il avait pu écrire ses souvenirs !

Certaines informations sont surprenantes comme celle de Blaise POIROT du 96e ligne qui a suivi Napoléon a Ste Hélène et en est sorti en 1819

Surnoms:

François LACROIX, né en 1792, maréchal des logis, ayant fait les campagnes d'Allemagne (Lutzen, Botzen, Dresde, Leipzick, Hanau) et de France exige qu'il soit noté que son 10° Hussard s'appelait : ' Les Hussards de la mort '. Les soldats aussi se donnaient des surnoms : Laurent MEYER du 4e régiment de tirailleurs de la jeune garde était ' le tricoteur ', Jean Joseph CHARLIER, né à Liège en Belgique, du 4 ème bataillon, 1 ère compagnie du 69 ème régiment de ligne était "jambe de bois". Le Prussien Jean Godefroi KRINGS, du 26eme chasseur a cheval du 5eme Corps de Cavalerie sous le général Junot était le "chevalier Krings"

 

Les étrangers

Y avait-il des Mamelouks en 1857? oui : Boulous BARAQUA, né le 17.05.1786 à Alexandrie (Egypte), Mameluk de la Garde avait fait les campagnes Egypte/Russie/Prusse/Italie/Espagne.

Charles HETZEL, né en Prusse, Chef de musique au 115°de ligne avait été enrôlé à la bataille d'Iéna jusqu'en 1814. Il y avait aussi des Polonais comme nom: Jean COLACOSKI et Joseph CHODASTOSKI du 1er lanciers polonais. Il y avait des allemands comme Mathias CHACHTNER, du 22° de ligne, né en 1784 en Bavière, qui a fait l'Espagne, l'Autriche, l'Italie et la Russie ; Prisonnier à Saragosse il a été emmené en Angleterre.

Il y avait même des Espagnols comme Michel Dezelu FERNANDEZ, 74 ans, Prisonnier espagnol, qui s'était engagé sous les drapeaux français au 8ème sapeurs du génie en 1812. François ALVAREZ CIENFUEGO, né à Madrid, habitant à Limoges, avait été incorporé le 18.09.1814 dans le régiment de Castille. Le préfet a contesté la décoration en soulignant que son engagement de 1814 était plutôt une rédition. Il a cependant été médaillé le 14/08/1858. On retrouve un certain Charles Godefroi GEYSEN, né en 1781 à Maastricht (Pays-Bas), naturalisé français ; qui a débuté 6ème chasseurs à cheval le 1er germinal an XI-brigadier pour finir au capitaine au 8ème rgt de dragons.

 

D'ici quelque mois, lorsque la base de données sera complète nous aurons un formidable outils pour mieux connaître ceux que Edmond Rostand appelait dans sa pièce de théâtre ' l'Aiglon ', les obscurs, les sans grades.

 

Placed on the Napoleon Series: December 2000 

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