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Maréchal de France Guillaume Dode de La Brunerie:Le Vauban des temps modernes

By François Lo Presti

Maréchal Dode

Marshal Dode de La Brunerie

(Tableau exposé au domaine de la Brunerie à Voiron; propriété de la ville de Voiron)

 

Dode (Guillaume). Maréchal de France. Né à Saint-Geoire-en-Valdaine (Isère) le 30 avril 1775, mort à Paris le 28 février 1851 (déclaré le 1er Mars).

Son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe de l'Étoile au côté sud.

Son père, Jean-René, était notaire (et fils de notaire) et contrôleur de l'enregistrement. Sa mère se nommait Catherine Charbonnel. Son oncle, Albin-François avait acquis un domaine, en 1784, au nord de Voiron (Isère) appelé La Brunerie. Son enfance semble être très studieuse puisqu'à 9 ans il apprenait le latin et à 13 ans il est au lycée à Grenoble chez les Oratoriens. D'ailleurs sa présence à ce lycée (actuel lycée Stendhal) lui permettra d'assister à la fameuse journée des Tuiles du 7 juin 1788 où un certain Bernadotte fit partie des troupes ayant reçu des tuiles sur la tête.

Apparemment, ce fut le séjour d'un officier chez ses parents qui conduisit le jeune Guillaume vers la carrière des armes. Il se mit à étudier plus particulièrement le dessin et les mathématiques. Ce goût pour ses matières l'orienta bien évidemment vers les armes savantes.

Armée du Rhin (1795-1797).

Peu de temps après avoir terminé ses études en 1793, il partit comme simple soldat avec la levée en masse de 1793 avec les autres jeunes de Saint-Geoire-en-Valdaine mais une lettre du ministre de la guerre l'appela le 11 mars 1794 à l'école militaire du génie à Metz en tant qu'élève sous-lieutenant. Dans cette école , il fera connaissance d'un autre dauphinois, Joseph Rogniat, qui lui aussi se distinguera dans le génie sous la Révolution et l'Empire. Suite aux nombreuses épurations et émigrations des officiers nobles, l'armée républicaine nécessitait de nombreux officiers, alors le séjour de Guillaume à l'école fut relativement court et à sa sortie, le voilà à l'armée du Rhin (12 décembre) dans la division Gouvion Saint-Cyr qui combat en Palatinat pour prendre Mayence. Le 21 mars 1795, le voilà lieutenant du génie, grade qu'il ne conserve que peu de temps puisqu'il devient capitaine en second dès le 19 août (à compter du 19 juillet).

Il est ensuite employé aux lignes de Landau en 1796 mais 8 jours après il doit fortifier Kaiserslautern et les Deux-Ponts. Puis il est détaché de son unité le 10 juin pour rejoindre l'État-major à Strasbourg. Là, en collaboration avec le chef de brigade Bois-Gérard, il prépare le passage du Rhin que l'armée du général Moreau voulait effectuer à Kehl. Le jeune capitaine Dode participe à la direction d'une des trois attaques frontales par les îles d'Erlenrhin. Ce passage put être effectué dans la nuit du 23 au 24 juin 1796 avec succès. Il participe à l'avancée jusqu'à Stuttgart dans la division Delmas.

Comme l'armée avait besoin de différents passages, à la fin de juillet, le capitaine Dode se rends à Huningue pour diriger les les travaux de cette tête de pont qui fut construite sous Vauban. Mais ce pont subit, depuis janvier 1797 un siège de 200 jours des Autrichiens. Sous le chef de bataillon du génie Poitevin, le jeune capitaine participe alors à sa défense jusqu'à ce que les Autrichiens, trop nombreux, forcent les Français à évacuer. Il participa à la restauration du pont de Kehl. Il dirige une fausse attaque par le fort Vauban lors du second passage du Rhin le 22 avril 1797. Mais en septembre, il doit quitter Strasbourg pour rejoindre Marseille puis Toulon (le 25). Il se retrouve, le 10 février 1798, dans l'état-major du génie sous Marescot dans ce que l'on nomme alors l'Armée d'Angleterre. D'ailleurs son ordre de mission précise qu'il est sans destination fixe... C'est à bord de la frégate de 36 canons (de 12 livres) Alceste, qu'il embarque le 19 mai ; il est alors rattaché à la division Reynier. Cette armée "d'Angleterre" cingle alors vers l'Orient.

Armée d'Égypte.

Avant de poser le pied sur le sol égyptien, il participe à la prise de Malte en effectuant un débarquement à l'île de Gozzo, de l'archipel de Malte, le 10 juin. Il commande l'attaque dirigée contre le fort Chambray. Une fois Malte prise, le voilà en direction de l'Égypte. La flotte française aborde la côte égyptienne le 1er juillet et Guillaume Dode débarque près d'Alexandrie où il s'acquitta de reconnaissances en montrant son courage. Il dirige les travaux de Gizeh. Il remonte le Nil jusqu'au Caire où il il s'occupe des travaux du Vieux-Caire. Le 24 juillet 1798, le général en chef Bonaparte l'inspecte. Sous la direction de Crétin, le 25 novembre, il participe aux travaux de la ville d'Alexandrie. Il lui faut attendre le 19 septembre 1799 pour atteindre le grade de capitaine en premier. Le 1er mai 1800, en récompense de ses travaux, le voilà chef de bataillon. Il est alors attaché à la division Friant. Le 21 mars 1801, avec cette division, il participe aux opérations contre les anglo-turcs. Le 31 août, Alexandrie capitule. La campagne d'Égypte se termine pour lui et il rentre en France à bord du navire anglais L'Union, le 3 novembre 1801 (ou le 3 octobre selon les sources) et débarque à Marseille le 18 ou le 19 du même mois au lazaret. Il en sortira un mois plus tard, le 18 décembre 1801.

Il se rend dans sa famille à la fin de décembre et y reste jusqu'au 10 février 1802 quand il est nommé sous-directeur des fortifications à Saint-Omer puis à Boulogne (11 juillet 1803). Son rôle comprend la direction des constructions des forts de l'Heurt et de la Crèche, et de tous les travaux côtiers effectués entre le cap Gris-Nez et l'embouchure de la Canche dans le but de faire un état des fortifications sur la Manche. Le 1er janvier 1804 il est sous-chef d'état-major du génie de l'armée des Côtes de l'Océan sous le général Marescot à Boulogne. C'est là qu'il reçoit la légion d'honneur le 15 juin 1804 lors de la fameuse distribution que l'Empereur effectua.

Grande Armée en Autriche.

Les hostilités vont reprendre mais ce ne sera pas la Manche qu'il faudra franchir mais encore une fois le Rhin pour foncer sur l'Autriche. Il rejoint la Grande Armée à Strasbourg le 28 août 1805 et le quartier général à Augsbourg. Il est dans l'état-major du génie du Corps d'armée de Lannes. Il commande quatre compagnies de sapeurs-mineurs pour rendre possible le passage de l'Inn à Mühldorf le 25 octobre et le 27 il traverse ce fleuve. Il passe à l'état-major du 10e Corps. Il est employé à Vienne en novembre 1805. C'est dans cette ville que Bertrand et Lannes s'empressent de prendre les ponts par surprise avec l'aide de Dode qui jouera l'un des principaux rôles. Comme il parle l'allemand, il alla parler à la sentinelle en lui disant que la paix était signée. Voici le récit qu'en fit Marbot :

"Murat et Lannes, auxquels l'Empereur avait ordonné de tâcher de s'emparer du passage du Danube, marchèrent vers les ponts, placèrent les grenadiers d'Oudinot derrière les plantations touffues, puis s'avancèrent, accompagnés de seulement quelques officiers parlant allemand. Les petits postes ennemis tirent sur eux en se repliant. Les deux maréchaux font crier aux autrichiens

qu'il y a armistice, et, continuant à marcher, ils traversent sans obstacles tous les petits ponts, et, arrivés au grand, ils renouvellent leur assertion au commandant de Spitz, qui n'ose faire tirer sur les deux maréchaux presque seuls, et affirmant que les hostilités sont suspendues. Cependant, avant de les laisser passer, il veut lui-même aller prendre les ordres du général d'Auersperg; mais, pendant qu'il se rend près de lui, en laissant le poste à un sergent, Lannes et Murat persuadent à celui-ci que, le traité portant que leur pont leur sera livré, il faut qu'il aille avec ses soldats rejoindre son officier sur la rive gauche. Le pauvre sergent hésite... On le pousse tout doucement en continuant à lui parler, et par une marche lente, mais continue, on arrive à l'extrémité du grand pont."

La suite, on la connait puisque le maréchal Lannes continua la discussion et permit la prise par surprise des ponts. Pendant le reste de la campagne d'Autriche, il sert notamment à Hollabrunn (16 novembre), et l'Empereur le désigne lui-même pour mettre en défense la place de Brunn et le charge de fortifier Spielberg (la citadelle, pas le réalisateur!!) le 23 novembre 1805. A une lieue de cette forteresse se trouve Austerlitz mais Dode reste dans la forteresse comme appui de la Grande Armée. Il devient enfin colonel le 26 décembre 1805 (il n'a que trente ans) et en même temps est chef d'état-major du génie du 5e Corps (Lefebvre) de la Grande Armée. La paix étant faite avec l'Autriche, les Français retournent en Allemagne et Guillaume Dode obtient la permission d'aller voir sa famille.

Grande Armée en Prusse et Pologne.

Mais les combats n'étaient pas terminés et la Prusse a commis l'imprudence de vouloir se croire plus forte qu'elle ne l'est réellement et décide de commencer à lutter seule contre la France sans attendre ses alliés. Dode revient donc à l'armée et le 5 octobre 1806, il remplace Kirgener à la tête du génie du 5e Corps du maréchal Lannes. Dans ce corps il participera à la campagne de Prusse et combattra d'abord à Saalfeld. A Iéna, l'Empereur lui ordonne d'élever dans la nuit des ouvrages permettant la protection des troupes. Le 20 octobre, il envoyé rétablir un pont sur l'Elbe et ces 200 m de pont permettront le passage de la cavalerie le 23. Ces travaux ont donc contribués à l'extraordinaire poursuite de la cavalerie contre les Prussiens. Lorsque la cavalerie atteint l'Oder, huit jours plus tard, le colonel Dode est chargé de vérifier les deux rives du fleuve et les divers points de passages mais les Prussiens les encerclent et les poursuivent . Dode et ses compagnons seront cachés par des Polonais qui en plus les habilleront en civils, ce qui leur permettra de s'échapper. Il se retrouvera aussi à Pultusk le 26 décembre. A la reprise des hostilités, il combat à Ostrolenka le 16 février 1807.

Le 14 mai il est fait officier de la Légion d'Honneur. Le 9 décembre 1807, il reçoit la décoration de chevalier de l'ordre du Mérite Militaire de Bavière.

A la fin de 1807, il est dans le 5e Corps d'armée commandé par Mortier et reste en Silésie. Il obtient une dotation de 4.000 francs de rente annuelle sur la Westphalie le 17 mars 1808. Il était à Breslau lorsqu'il apprit que l'Empereur l'avait fait, le 19 mars par décret impérial, baron d'Empire et confirmé par lettres patentes le 29 juin (la date du 4 août donnée dans certaines biographies est peut-être la date à laquelle il apprit cette nouvelle, mais cela reste à vérifier). Comme son oncle lui avait cédé son domaine, Guillaume peut attacher le nom de La Brunerie à son nom et à son titre.

Armée d'Espagne.

Le 18 novembre 1808 il est confirmé comme commandant du génie du 5e Corps. La Grande Armée se trouve confrontée au problème Espagnol, Mortier et son corps d'armée s'y dirigent. Le colonel Dode va s'y distinguer mais se doutait-il que 15 ans plus tard, il reviendrait en Espagne avec l'armée française? L'Espagne commence pour lui, en remplaçant le général de brigade Lacoste qui venait de mourir, au siège de Saragosse le 2 février 1809. Ce remplacement lui vaut d'ailleurs d'acquérir le grade de général de brigade à 34 ans (3 juin). Le 13 mars 1809, il commande les troupes chargées d'assiéger Badajoz. Le 3 juin il est chef d'état-major du génie de l'armée d'Espagne. Il sert sur le Tage et dans la Mancha. Il participe aux batailles d'Almonacid et d'Ocana. Selon le texte de son ordre, le 14 octobre il est désigné pour se rendre à Madrid, à l'effet d'y tracer les ouvrages ordonnés pour la formation d'un camp retranché; dans les faits il organise le camp retranché du Buen Retiro à Madrid. Mais à la fin du même mois (le 27), il est rappelé en France sur un ordre de Berthier.

Il est d'abord chargé d'inspecter les travaux de plusieurs villes (Ostende, Nieuport, Dunkerque, Calais, Boulogne, Montreuil, et Abbeville), puis les places de guerre et les batteries adjacentes. Il participera également aux réunions d'état-major avec l'Empereur.

La Campagne de Russie.

Au 27 janvier 1812 il se trouve être le commandant du génie dans le 3e Corps commandé par le Maréchal Ney. Le 12 février 1812 il épouse Agathe-Virginie Pérignon à Paris. Mais les deux époux ne pourront convoler ensemble bien longtemps puisqu'il changera bientôt d'affectation, rejoindra la Grande Armée et se retrouvera successivement sous Oudinot (2e Corps) et Gouvion-Saint-Cyr. Il sert à Polotsk où il fit exécuter l'incendie d'une partie de la ville afin de faciliter la retraite de l'armée. Il sert aussi à Tschasnicki et Tchieria. En novembre 1812 il est dans le Corps de Victor et servit à Borissow puis à la Berezina où il dirige le passage à Studianka. Il fut chargé de mettre en état de défense les places de Glogau et Custrin le 2 décembre 1812.

La Campagne de 1813.

Au début de janvier 1813, il rentre en France mais le 18 janvier 1813 il est nommé commandant en chef du génie (avec le chef de bataillon Vanderwick comme chef d'état-major) du Corps d'observation de l'Elbe commandé par Lauriston et repart vers l'Elbe puis vers Magdebourg. Il y fut remplacé avant même d'avoir rejoint son Corps d'armée. Il fut ensuite nommé le 6 juin, commandant en chef du génie du Corps d'observation de Mayence que commandait le Maréchal Augereau. Le 3 septembre, il commande le génie au 14e Corps commandé par Gouvion-Saint-Cyr mais encore une fois il ne put rejoindre son corps enfermé dans Dresde et suivit l'armée en retraite attaché au grand quartier général jusqu'à Mayence. Il passe ensuite au 2e Corps commandé par le maréchal Victor (7 novembre).

Il fut ensuite chargé d'inspecter les places fortes situées entre Landau et la frontière suisse, on ne s'imaginait probablement pas que les alliés passeraient par la Suisse. De là, il est envoyé commander le génie à l'armée d'Italie au 17 novembre. Il participe aux opérations de cette armée depuis les positions de l'Adige jusqu'à ce que le Prince Eugène, vice-roi d'Italie, le nomme commissaire pour arrêter cette convention. Guillaume Dode traite directement avec le général autrichien Neipperg et la convention stipulant l'évacuation de l'Italie par les troupes françaises présente des conditions fort honorables.

La Première Restauration et les Cent-Jours.

Il reçoit l'ordre, daté du 19 avril 1814, de se rendre à Paris et il quitte Mantoue le 12 mai. Le 27 juin, le voilà chevalier de Saint-Louis et le 29 juillet commandeur de la Légion d'Honneur. Le 4 août, il est nommé à la commission chargée de statuer sur les demandes relatives aux services des émigrés. A cette commission siège aussi le maréchal Pérignon. Le 20 août 1814 il est nommé lieutenant-général.

Alors que Bonaparte vole vers Paris, il est nommé commandant du génie sous le duc de Bourbon à La Rochelle le 17 mars pour les 12e, 13e, 20e, 21e et 22e divisions militaires. L'Empereur le confirme dans son nouveau grade le 28 avril 1815 mais il refuse de servir sous les Cent-Jours pour ne pas renier son serment de fidélité envers Louis XVIII. Il s'en expliqua par ses termes : " Napoléon avait abdiqué, et Louis XVIII, au contraire était sorti de France sans le faire. " Cette fidélité expliquera le fait que le 1er Juillet, il soit maintenu en activité (mais sans être employé).

La Seconde Restauration.

Quatre inspecteurs généraux du génie furent créés par les ordonnances des 6 mars et 22 septembre 1815 et Guillaume Dode fut compris parmi ceux-ci le 1er mars 1816. Désormais, pour lui s'ouvre une carrière intense de commissions et il fut d'abord membre du Comité technique du génie, présida la commission des bâtiments de l'Hôtel royal des Invalides (20 septembre 1816), membre de la commission mixte des travaux publics (27 septembre). A nouveau inspecteur général du génie en octobre 1819 puis membre du comité spécial et technique du génie le 22 avril 1820.

L'Espagne de 1823.

Alors que les événements en Espagne se précipitaient, il est créé vicomte le 15 février 1823. Et trois jours plus tard, il fut nommé commandant en chef du génie de l'armée des Pyrénées puis d'Espagne commandée par le duc d'Angoulême. Lors des opérations contre Cadix, il dirigea les travaux du génie et surtout dans l'attaque du Trocadero dont le nom est désormais célèbre avec la fameuse place du même nom à Paris. Ce fort fut pris le 31 août grâce aux dispositions établies par Dode. Le plan qu'il fait adopter entraîne la prise de Cadix et la chute ultérieure des places de Pampelune et de San-Sebastian. Le duc d'Angoulême était particulièrement satisfait de ses hommes :

S. A. R. Le duc d'Angoulême à M. de Chateaubriand.

Mançanarès, ce 25 octobre 1823.

J'ai reçu, monsieur, votre lettre du 16 ; d'après l'autorisation que le roi vous a chargé de m'en donner, j'accepterai les ordres du Portugal quand ils me seront envoyés.

Quant à ce qui regarde l'ambassade de Constantinople pour un des officiers généraux de mon armée, je ne me permettrai pas d'en désigner particulièrement un, mais je citerai les lieutenants généraux comte Guilleminot, comte Bordesoulle et vicomte Dode, comme m'ayant parfaitement secondé. Heureux si mon oncle daigne arrêter son choix sur un des trois.

Je vous renouvelle, monsieur, l'assurance de toute mon estime et de mon affection,

 Louis-Antoine. "

 

Coat of Arms

L'Heraldique du Maréchal Dode

Il rentre en France en octobre après avoir fait un plan de repli de l'armée avec occupation de diverses places. Cette campagne lui vaudra plusieurs récompenses : le 3 septembre 1823 il est fait commandeur de Saint-Louis, le 21 novembre il est décoré par les Espagnols en recevant la Grand Croix de l'Ordre de Charles III et le 23 décembre, il est créé Pair de France.

Le 8 mars 1824 il est fait chevalier de l'ordre russe de Saint-Alexandre Nevsky. Le 25 août 1825, il est confirmé vicomte par lettres patentes (vicomte de Martignac).

Le 17 février 1828, il est membre du conseil supérieur de la guerre. Deux ans plus tard, le 30 juin 1830, il est inspecteur général du génie des directions de La Rochelle, Bayonne et Perpignan. C'est dans cette fonction qu'il se trouve lors de la révolution de 1830 (fonction confirmée le 13 août). Sous Louis-Philippe, il occupera à la chambre des Pairs la commission sur les lois militaires. Le 23 août 1837, il est inspecteur de l'École Polytechnique. La mort de Rogniat lui permet de devenir président du comité des fortifications le 25 mai 1840. Entre juin et juillet 1841, le maréchal Soult, ministre de la guerre, mécontent du faible état d'avancement des travaux de fortifications autour de Paris chargea spécialement Dode de la Brunerie de s'en occuper et c'est ainsi que le 1er septembre, le lieutenant-général Guillaume Dode devient directeur supérieur des fortifications de Paris qui s'avéreront très utiles en 1870. Notre isérois devait vérifier les travaux, faire son possible afin que les marchés passés avec les entrepreneurs soient respectés quitte à payer directement les ouvriers ou à résilier les contrats. Le 19 juin 1842, le roi Louis-Philippe décide une grande visite des fortifications pour le mardi suivant et demande à Soult d'organiser avec le général Dode le trajet de la tournée avec visite des forts d'Ivry et de Charenton, du passage de la Marne à Créteil, des forts de saint-Maur, Nogent, Rosny, Noisy, Romainville et de Belleville. C'est sur les instances de Guillaume Dode que le sud de Paris sera fortifié. Ces travaux de fortifications lui vaudront le surnom de "Vauban de temps modernes". Ces constructions dureront sept années et reviendront à près de 140 millions. Le 28 avril 1843 il reçoit la Grand Croix de la Légion d'Honneur.

Depuis quelques temps, une polémique s'installait dans les salons ministériels. Le roi Louis-Philippe, en accord avec Guizot, ministre des Affaires étrangères, et Duchâtel, ministre de l'Intérieur envisageait l'accession au maréchalat d'un lieutenant-général et il semblaient vouloir que Guillaume Dode fut le prochain maréchal. Cela entraînait quelques discordes puisque le maréchal Soult et le duc de Nemours auraient préféré le général Reille qui lui-même demandait cet honneur depuis fort longtemps. Le duc de Nemours alla jusqu'à déclarer que la promotion de Guillaume Dode de La Brunerie au maréchalat ôterait à cet honneur toute son importance et sa valeur. Le 17 septembre 1847; voilà le moment tant attendu pour l'un de ces deux généraux, et en fait ce fut la consécration pour ces deux hommes puisque Reille et Dode sont fait chacun maréchal de France. C'est dans son domaine de la Brunerie à Voiron qu'il apprendra cette nomination. Depuis le maréchal Vauban, c'était le seul officier général du génie à recevoir cet honneur.

Il demande alors au ministre de terminer son travail sur les fortifications. Viennent alors les journées de février 1848 qui amène l'abdication de Louis-Philippe, le maréchal Guillaume Dode de La Brunerie se retire alors de la vie active. Il partageait son temps principalement à la campagne entre Montmorency et son domaine de La Brunerie à Voiron, tout en s'occupant essentiellement d'oeuvres de bienfaisance. Vers la fin décembre 1850, il revient à Paris. Il visitait une exposition le 18 février 1851 lorsqu'il ressentit un malaise. Le 19, il se met au lit mais son état empire et le 27, devant l'inefficacité des remèdes il demande à sa femme d'en appeler à la religion. et il mourut le 28 février 1851 à minuit. Il avait auparavant transmis son titre à son neveu (en 1847), Lucien Guzman-Dode, conseiller d'État, qui a exercé les fonctions de sous-préfet de l'arrondissement de Vienne.

Il fut inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Agathe-Virginie décédera à Eaubonne le 30 septembre 1857.

Son domaine de La Brunerie est actuellement le siège du Centre Régional d'Éducation Physique et des Sports (CREPS). Il existe à voiron une rue Dode.

Sources:

Archives Municipales de Voiron.

Roger Biron. "Dode de La Brunerie Figure dauphinoise". In Autrefois 21, 1er semestre 1991.

François Bret. "Dode de La Brunerie" In Autrefois 31, 2ème semestre 1996.

François-René de Chateaubriand. "Congrès de Vérone ; Guerre d'Espagne de 1823 ; Colonies espagnoles". Ed. Academia, Paris 1997 (Reprod. de l'éd. de Paris : Garnier, 1861) (via http:/gallica.bnf.fr/)

Nicole Gotteri. "Soult, maréchal d'Empire et homme d'Etat". Ed. La Manufacture, Besançon, 1991.

Capitaine Koch. "Journal des opérations du IIIe Corps en 1813". publié par Lt G. Fabbry. Reed. in 1999, Ed. F. Teissedre.

Général baron de MARBOT. "Mémoires", 3 vol., Paris, 1891.

Georges Six. "Dictionnaire biographique des généraux et amiraux Fraçais de la Révolution et de l'Empire (1792-1814). Ed. Georges Saffroy, Paris. 1934.

Vicomte Albert Réverend. "Armorial du Premier Empire. Titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier".Bureau de l'Annuaire de la Noblesse et Alphonse Picard, Paris, 1894-1897, 4 vol.

Adolphe Rochas. "Biographie du Dauphiné". Chavaray, Paris. 1856 (tome I).

Je remercie tout spécialement Dominique Mochet, les Archives et la Mairie de Voiron pour m'avoir aidé à concevoir cette page.

 

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