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AvertissementIl m'est tout à fait aisé de reprendre les réflexions des biographes sur " les grands hommes et personnages remarquables". Leur façon de penser pourrait, sans doute concerner bien d'autres responsables que les militaires et pour ne pas les nommer: les politiciens, les ecclésiastiques et même le simple citoyen. Peut-on espérer qu'un jour, l'esprit de l'homme s'arrêtera à côté de l'intérêt?. Tout l'avenir de l'humanité est dans la réponse!. "Sauf de rares exceptions, l'Histoire des Généraux offre entre-eux un trait de ressemblance qui ne fait guère honneur à l'humanité, ou du moins qui semblerait prouver que la profession des armes dans nos sociétés n'est pas comparable avec la véritable dignité du caractère: c'est que tous ou presque tous ces capitaines de la République et de l'Empire ont, successivement, servi tous les hommes et toutes les formes de gouvernement; ils ont porté l'épée pour Louis XVI, pour la Convention, pour le Directoire, pour le Consulat, pour l'Empire, puis encore pour la Royauté légitime, puis pour la Royauté bâtarde de 1830 et, aujourd'hui ceux qui survivent commandent les armées de la République. Qu'est-ce que de pareils dévouements?. De semblables Généraux ne sont-ils pas de vrais machines à moins qu'on ne préfère les appeler des traîtres,. Cette réflexion que nous faisons à l'occasion du Général LOISON, on peut la faire à propos des trois quarts de ses collègues dans le commandement, comme on s'en convaincra en lisant les biographies, insérées dans ce volume." ?. (Bibliographie : Grands hommes de l'Empire" Eugène et Victor Penaud ?136.). Il est sans doute prudent d'avertir les âmes empreintes de morale que le personnage de ce récit risque de heurter leur sensibilité. Peut-être est-il intéressant de savoir que le Général LOISON fut l'homme viril dans toute l'acception du mot. Alfred Pierrot dans "le Pays Lorrain" en brosse un portrait qui pourrait nous éclairer à ce sujet: "Le Général Loison est un des nombreux exemplaires de ces soldats de fortune que la révolution et l'Empire promenèrent à travers l'Europe, élevèrent aux plus hauts grades et qui furent les plus vaillants Lieutenants de Napoléon. C'est une figure de second rang, bien que le Général de Division à 20 ans, malgré sa remarquable hardiesse, des services éclatants et de réelles qualités militaires, LOISON ne put jamais atteindre les hauts commandements et figurer au rang des chefs d'armée, à côté des généraux et des grands maréchaux du premier Empire. Il appartenait à cette catégorie de généraux venant immédiatement après les grands chefs qui languirent toute leur vie en sous-ordre dans un effacement immérité et que, Napoléon regrettait à Sainte Hélène, un peu tard, de n'avoir pas appelé au maréchalat pour remplacer ses Maréchaux fatigués, désabusés ou soucieux de jouir en paix de leur fortune ou de leurs honneurs. C'est dans cette galerie, à côté des Gérard, des Vandamme, des Lecourbe, des Foy, des Clausel, que se classe Louis-Henri LOISON. Il naquit à Damvillers, modeste chef-lieu de canton de la Meuse qui indépendamment de son oncle, l'Évêque LOISON et du célèbre peintre Bastien Lepage s'enorgueillit d'avoir donné le jour à plusieurs officiers supérieurs et généraux dont deux naquirent à quelques années d'intervalle de la sienne et fournirent eux aussi une brillante carrière militaire, c'étaient Gérard, plus tard Comte, puis Ministre puis Maréchal de France et le général de Brigade Saint Remy qui fut au début de la révolution aide de camp du général Loison. Pour remplir toutes ses destinées et tous ces mérites, il lui manquait, sans doute, l'entière confiance du Maître mais il fut desservi, moins par les circonstances que par ses propres défauts. Il en était rempli. Si ses contemporains s'accordent sur sa bravoure, ils ne s'accordent pas moins sur son caractère antipathique et désagréable. Déjà sous la révolution, c'est Marceau qui ne tarit pas de critiques sur sa perfidie, en Portugal, c'est Junot qui se plaint de sa fausseté, de son ingratitude, de sa rapacité; Thiebault et d'autres nous confirment en les accentuant et en les précisant les fâcheux côtés du caractère de ce soldat parvenu. Il avait poussé à l'excès, l'esprit naturellement caustique et mordant du Lorrain. Chez lui, la moquerie devenait dénigrement, la raillerie parti pris et partialité. On redoutait sa mauvaise langue, ses dénonciations à l'Empereur n'épargnaient ni ses camarades ni ses chefs. La conséquence naturelle de ses défauts, par eux mêmes suffisamment fâcheux étaient chez lui une ambition férocement égoïste, une insensibilité et une cruauté qui lui valaient la haine des populations de contrées où il portait ses armes et une avarice qui le faisait recourir aux pires exactions, pillages les plus éhontés. On le vit bien lors de la destruction et du pillage avec la complicité de sa famille, de l'abbaye d'Orval au début de la révolution et lors de ses séjours au Portugal et en Espagne où il mit littéralement le pays à sac. Le jeu n'était pas sans risques et, en diverses circonstances, il faillit y laisser la vie et voir briser sa carrière, sans que ses instincts détrousseurs parussent atténués par la leçon de l'expérience. Ses travers et son absence de sens moral écartèrent de sa personne des amitiés et des sympathies qui auraient pu être profitables à sa carrière. Évoquée par l'Histoire, animée par le témoignage de ses frères d'armes, sa physionomie apparaît et restera comme celle d'un soldat de proie, d'un âpre butinier, d'un soldat brave entre les braves, auquel il a manqué les vertus civiques et morales qui donnent l'immortalité pour prendre place aux yeux de la postérité sur le même plan que les pures et mâles figures de Gérard, de Drouot, de Exelmans, de Vauban, chez qui les talents militaires s'auréolaient de bonté de justice et de désintéressement, par quoi leur nom et leur exemple survivront à jamais, indissolublement liés aux fastes et aux tristesses de Notre Histoire Nationale".
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