Research Subjects: Biographies



Empire 1804-1814

L'année 1804 allait être une grande date dans l'Histoire et une année fertile en événements.

La motion d'ordre à ce que Bonaparte soit déclaré Empereur des Français a été adoptée à l'unanimité par le Tribunal et le Sénat lui défère le titre d'Empereur le 18 mai 1804

Le mois de mai verrait aussi la première promotion des différents Maréchaux. Ils seront 18 dont 14 actifs et 4 honoraires à être élevés le 19 mai.

L'arrestation de Cadoudal le 9 mars et la mort du Duc d'Enghien la nuit du 20 mars avaient précédés ces événements.

Napoléon Bonaparte allait ressusciter le titre monarchique et nommer Murat, gouverneur de Paris en janvier.

Aux Invalides, le 15 juillet, dans un grand déploiement de fastes, Napoléon, assis sur un trône entouré de ses ministres , distribue les premières croix de la Légion d'Honneur.

Au vu de ses états de services, il était tout à fait normal que le Général Loison puisse l'agrafer sur sa poitrine.

On sait que cette décoration serait la plus répandue. Le Général fut fait Grand Officier de la Légion d'honneur le 14 juin après en avoir été membre le 11 décembre 1803.

Arrivé à Liège, le 18 septembre 1801, après une longue période en disponibilité, le général serait Commandant de la 25e Division jusqu'en 1804. Monseigneur Zaeppfel arriva le 18 août 1802.

La question d'avancement pour ce qui concerne le Général n'était sans doute pas dans ses ambitions premières. Sous les différents aspects de l'intérêt personnel qu'il avait précédemment prouvé, l'on est en droit de penser que la gloriole du généralat passa loin en arrière des avantages matériels que lui procurait sa position. D'ailleurs bon nombre de dénonciations seraient étouffées avec la nouvelle réglementation dans la hiérarchie. Contrairement à la règle, l'engagement qu'il avait contracté dans l'armée n'était pas pour le décevoir. Ce n'était, certes pas, celui-ci qui allait transformé Louis-Henri Loison en petit Saint.

A la lueur du peu de scrupules de ses contemporains, il se montrerait un brillant spéculateur. L'intention n'est pas de blâmer l'homme car il faut tenir compte de l'excitation d'appétit que viennent ajouter les réquisitions, la maraude et l'opportunité apportée par la misère

Quant à la nature de ces malversations elle est des plus variées. La plus fréquente et la plus explicable c'est l'exploitation des pays conquis. Ici nous trouvons des noms célèbres, Augereau, Masséna, Brune, Vandamme...

Sous l'Empire le général Loison fera, seulement, l'objet de mesures disciplinaires pour négligence dans le service.

En cette fin proche de l'an XIII, le général Loison acheta trois propriétés dans le Département de l'Ourte (Ourthe).

Le 23 brumaire, an treize (octobre 1804) Monseigneur Louis-Henri Loison, Grand Officier de la Légion d'honneur, domicile à Jemeppe (ainsi stipulé dans l'acte notarié) faisait l'acquisition :

1) La ferme du château de Plainevaux contenant 61 hectares de terres et prairies.

2) La dite petite ferme du château de Plainevaux comprenant: 15 hectares de pâtures avec la petite pièce appelée "chien Haye". Le tout provenant de la ci-devant abbaye du Val Saint-Lambert. Le général promet et s'engage de numérer la somme de 49.382 francs et soixante deux centimes en espèces monnayées d'or et d'argent ayant cours et à délivrer à Liège chez Monsieur Montanier, Officier payeur.

A cette année, à titre comparatif, un ouvrier gagnait plus ou moins, 1,20 franc par jour, un kilo de pommes de terre coûtait six centimes, un kilo de viande 1,20 franc un pain plus ou moins 20 centimes. Les gens de ménage gagnaient entre cent et cent vingt francs, l'AN.

3) Le 26 brumaire an XIII (octobre 1804) , le Général Loison achetait devant le Notaire Dejardin, à Monsieur Pierre Denis Neuville, la moitié part divisible de la cense LESART, située dans les communes de Neufchâteau, Warsage, et Aubel; provenant de l'abbaye du Val-Dieu. Le Général affectionnait les abbayes, on le sait).été dans les premiers à bénéficier du nouveau code civil.

Ne serait on pas en droit de se demander si, une aussi bonne fortune, n'influencerait pas l'héroïsme de Loison dans les futures campagnes pour lesquelles il serait obligé de servir la cause de l'Empereur ?

Le 9 août 1805, l'Autriche adhère au pacte Anglo-Russe et Napoléon fait transférer ses hommes de Boulogne sur les bords du Rhin en un temps record.

Le 29 août, le Général Loison est commandant de la 2e division de la Grande Armée. Le 10 septembre, les Autrichiens entrent en Bavière. Le 25 septembre les français passent le Rhin et c'est l'ouverture de la campagne contre l'Autriche. Les troupes françaises, hollandaises et bavaroises jointes s'appellent la "Grande Armée".

La victoire d'Elchingen, le 14 octobre, due à Ney et Loison sous lui, le 17 victoire d'Ulm. Le 3 novembre, Loison s'empare de Luechsthpass puis, le 5 novembre il s'empare e Sharnitz.

Le 13-14 novembre les français font leur entrée à Vienne et Napoléon s'installe à Shönbrunn que la famille Impériale Autrichienne a quitté.

Une bataille allait bientôt commencer "Austerlitz". L'Empereur ayant coupé la route de Vienne, les alliés voulaient avoir leur revanche. C'est l'espoir que Napoléon escomptait.

Le 2 décembre à l'aube, un épais brouillard favorisa un plan bien précis puis, au moment propice le "soleil d'Austerlitz" apparut et resta légendaire. Napoléon fit tirer sur la glace et 200 hommes qui s'y étaient engagés furent perdus. Les vaincus, l'Empereur d'Autriche François II et le Tszar Alexandre s'étaient enfuis.

C'est principalement à Elchingen que Loison se couvrit de gloire le 14 octobre.

Les trois ponts sur le Danube ont été pris par les troupes françaises et le quatrième passage sera bientôt forcé par le Maréchal Ney et le général Loison qui commande sous lui. Loison aura ainsi contribué la conquête du Duché dont Ney, pourra désormais s'enorgueillir.

Loison profitant d'un congé après ces faits d'armes aura un malheureux accident de chasse où l'imprudence le dispute au ridicule.

En effet, le 20 février, il sera remplacé dans son commandement par Marchand suite à l'événement qui allait le marquer à vie. On parlait beaucoup de cet incident, sans pouvoir en donner une explication plausible. Début 1806, l'on apprit que le Général Loison avait eu un accident de chasse. Nous vous livrons ci-dessous, avec les réserves d'usages, les extraits du narrateur de la Meuse. Il y a, en effet, plusieurs citations de lieux différents où se produisit cet épisode malheureux de la vie du Général.

"Département de la Meuse - Commercy, le 19 mars." Nous sommes fâchés de pouvoir confirmer aujourd'hui, la nouvelle de l'accident dont a été victime ? le Général Loison et dont nous avons entretenu nos lecteurs, dans nos précédents numéros. En voici les détails positifs: Le 5 février, Mr Loison, profitant d'un moment de repos, sur le confin des états Vénitiens, se procura le plaisir de la chasse, mais il lui fut fatal. Un garde lui avait mis en mains, un fusil armé, sans le prévenir de cette disposition. Un lièvre part à l'instant même et, l'un des chiens tenu en laisse sur la gâchette, fait explosion, enlève au Général toute la chair entre le coude et l'épaule du bras gauche et lui fracture l'os en trois endroits. L'amputation a été le seul moyen de lui conserver la vie; elle a eu lieu le même jour et a parfaitement réussi. Le Général l'a supportée avec beaucoup de force. Il va si bien maintenant que depuis le 2 de ce mois, il doit être en marche, à la tête de sa division pour rentrer en France ?.".

Tout le monde ne ferait pas un drame de cet incident, au contraire. Certains à l'insidieuse tendance à diminuer les autres par la rhétorique, ne cacheraient pas leur mépris pour le Général.

L'Evêque de Liège, Monseigneur Zaeppfel ne manqua pas de commenter l'événement à son neveu, le Général Clarke: "Vous aurez appris que le Général Loison a eu le malheur de s'estropier à la chasse, on assure qu'on a été obligé de lui faire l'amputation du bras gauche, encore passe si l'accident lui était arrivé dans une bataille, il y aurait de quoi se consoler, c'est un compère fort intrigant, mais qui ne convient pas au pays, il y faut des moeurs...".

Après cet horrible accident le Général Loison revint au sein de sa famille. Sa fille Françoise-Marie-Louise avait dix ans.

Il louait, un château aux environs de Liège où il avait déjà commandé la 25e division. Une assez longue convalescence serait indispensable pour son rétablissement. Il est probable que son moral s'en trouverait altéré. D'où il résidait au château de Flémalle Grande, il pouvait apercevoir le château de Chokier dont il ferait l'acquisition dix ans plus tard. Celui-ci était également à louer comme le mentionnait une annonce parue dans la "gazette de Liège" du 2 mai 1806: " A louer, le beau château de Chokier, entre Liège et Huy, avec ses superbes jardins, allées, bosquets etc.., le tout très propre, bien cultivé et arboré, des fruits les plus excellents, jouissant de la vue la plus agréable et la plus étendue et d'autres avantages. S'adresser , rue devant les Carmes, à Liège".



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